Eloyse Lesueur-Aymonin

Eloyse Lesueur-Aymonin a été éliminée dès les qualifications du saut en longueur.

 

La double championne d’Europe de la longueur a quitté ce matin les Championnats d’Europe de Berlin dès les qualifications après deux sauts mordus et un pépin à l’ischio-jambier. Cependant, la Française gardait le sourire, sûre de ses choix effectués en début de saison en pensant que le meilleur est à venir.

« C’est l’été du renouveau pour moi ». En conférence de presse ce lundi (6 août), Eloyse Lesueur-Aymonin avait déjà planté le décor. Pour elle Berlin n’était qu’une étape, enchantée si possible évidemment, mais qu’une étape.

Une structure d’entrainement montée autour d’elle

Absente d’un grand championnat en plein air depuis son titre continental à Zurich en 2014, la Française était avant tout là pour remettre le pied dans le bac à sable afin d’effacer plusieurs saisons de blessures. « J’ai douté pendant ces trois années de galères, avoue-t-elle. Surtout, j’avais envie d’arrêter à cause de ces blessures très douloureuses. »

Des blessures et un changement d’entraineur (elle a quitté Renaud Longuèvre pour Teddy Tamgho à l’été 2015) qui l’a un temps amenée au triple saut lors des deux dernières saisons. Mais de son expérience dans la Team T, la Française ne veut rien dire, préférant présenter sa nouvelle structure avec l’optique de retrouver sa place dans la hiérarchie mondiale de la longueur.

Depuis la rentrée donc, Renaud Longuèvre est revenu aux manettes mais c’est bel et bien Lesueur qui est actrice de son projet. Et c’est elle qui s’est rapprochée de Jérôme Simian, le préparateur en vogue des Bleus (il suit notamment Kevin Mayer, Mélina Robert-Michon). « C’était une évidence de repartir avec Renaud à partir du moment où j’étais seule dans le Sud, explique-t-elle. Il fallait reconstituer mon équipe avec des personnes d’accord avec mon projet. J’ai décidé de me remettre au cœur du projet. Renaud a tout de suite été emballé par l’idée et l’envie de travailler avec Jérôme. On échange beaucoup tous les trois, on se concerte. »

Gênée aux ischio-jambiers en qualifications

Des échanges et beaucoup de trajets puisque étant basée à Fréjus, Lesueur a dû composer pour rejoindre un coup Longuèvre à Paris, Tel Aviv ou Tignes et Simian à Lyon. « J’ai fait énormément de trajets cette année mais on s’est concentré sur des stages techniques pour condenser le travail. Avec Jérôme il a fallu réinitialiser mon corps. Ce n’est pas évident car les trajets sont fatigants mais j’essaye de les faire au bon moment et je sais que ça va me faire gagner quelque chose. »

Evidemment, son élimination dès les qualifications aujourd’hui après deux sauts mordus et un ischio-jambier qui grince, ne tire pas dans le bon sens. « Je me suis très bien sentie à l’échauffement, j’ai fait des très bonnes courses d’élan. Mais à l’impulsion du premier essai je ressens un petit truc à l’ischio gauche. S’il y a une alerte il faut l’écouter. Au deuxième essai je vois que je n’arrive pas à mettre de cadence, ce n’est pas vraiment la douleur en elle-même mais plutôt l’appréhension. Je n’avais pas envie que quelque chose pète. J’en ai tellement chié pour revenir qu’au final j’étais heureuse d’être là mais si j’avais su qu’il allait m’arriver ça, je n’aurais même pas pris le risque de venir. »

Pas de prise de risques

Déjà touchée au même endroit avant les France, Eloyse Lesueur-Aymonin a préféré la jouer sagement, en regardant tout de suite devant. « Je pense que mon histoire de blessures est trop importante pour prendre trop de risques. Avec Jérôme ça ne fait que dix mois qu’on bosse ensemble. Les choses vont se faire au fur et à mesure. Ca va aller de mieux en mieux. »

De mieux en mieux jusqu’au moins les Jeux olympiques de Tokyo. Ensuite, la Française verra bien, elle qui vient de fêter ses trente ans. Une chose est sûre : « j’aimerais arrêter ma carrière en étant au sommet. Je n’envisage pas de faire Paris (2024) si je suis sur la pente descendante ».

Pour l’heure, elle est lancée dans une nouvelle ascension.

A lire également

Pierre-Ambroise Bosse : « Je me considère outsider »


Pour contribuer financièrement à Track and Life, rendez-vous sur www.patreon.com/trackandlife et cliquez sur « Become a Patron »
Patreon Track and Life

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Post a comment