Vincent Luis

Le triathlète Vincent Luis sera l’un des candidats au podium ce dimanche aux France de cross.

 

Deuxième Français en 2016 pour sa première participation, septième l’année dernière, le triathlète international Vincent Luis est devenu l’un des prétendants pour le titre de champion de France de cross depuis deux ans. Et c’est donc en toute logique qu’il sera à surveiller ce dimanche à Plouay, surtout qu’un vrai cross est annoncé avec de la boue, des relances et une énorme ferveur. De quoi le faire saliver même si le triathlon reste son objectif numéro un avec le World Triathlon Series (coupe du monde de triathlon). Néanmoins, comme un amoureux de la course à pied qu’il est, le Français devrait se tester également sur 5 000 m et 10 000 m. Entretien.

– Vincent, comment vous sentez-vous à trois jours des Championnats de France de cross de Plouay ?

Ca va. Je n’ai pas trop mal récupéré de la Coupe du monde (il a terminé 3e de l’épreuve d’Abu Dhabi le 2 mars). On a refait un petit fartlek mardi, une bonne sortie longue hier (mercredi). Franchement ça va, je ne suis pas encore à 100 % mais d’ici dimanche il reste du temps.

« J’ai fait 420 km à pied entre le 5 et le 25 février »

– Quelles étaient vos sensations lors de cette première Coupe du monde de triathlon où les conditions, notamment à vélo ont été très compliquées avec un parcours très glissant ?

J’ai assuré en vélo. Je me suis dit qu’on n’était que le 2 mars et qu’il fallait courir jusqu’au mois d’octobre, et qu’on allait éviter de se péter une clavicule. Au bout de 2 km de course j’ai vu Jonathan Brownlee tomber (double médaillé olympique), l’objectif de ma journée était donc de rester sur mon vélo. Mais je sens que je suis costaud. Vu les entrainements que j’ai passés et comment je me suis entrainé, il n’y avait pas de raisons que je ne sois pas fort. Après, on n’a pas fait d’affûtage pour cette course. On a beaucoup couru et j’étais encore un peu fatigué.

-Surtout que vous avez été un peu ralenti au mois de janvier par une blessure au mollet.

J’ai eu une petite désinsertion du soléaire sur 5 cm. Ca m’a contraint à ne pas courir pendant dix jours. J’ai pu nager et rouler, je me suis rattrapé là-dessus. J’étais au Portugal quand ça s’est passé. J’ai fait le choix de rentrer en France, pour faire les soins puis je suis reparti tout seul à Monte Gordo pour vraiment beaucoup m’entrainer. Entre le 5 et le 25 février, j’ai fait 420 km à pied.

« Je vais à Plouay car je sais que ça va m’aider pour le triathlon »

– Vous allez enchainer avec les Championnats de France de cross qui s’annoncent comme un grand cru. Quelles sont vos ambitions sur cette course ?

J’ai hâte de découvrir le public breton. On me vend ça comme les tifos du Parc des Princes (rires). Je suis content parce qu’on revient sur des vrais parcours de cross. C’est une bonne chose, que ce soit pour le spectacle, pour les athlètes, pour le public. Personnellement, la forme est là, j’ai bien digéré mon vol et mon décalage horaire avec Abu Dhabi. Ca va le faire. En terme de place, c’est difficile de se situer. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Ce n’est pas parce que j’ai fait deuxième au Mans (2016) que je referai un podium là. Il y a Morhad Amdouni qui semble très en forme, il y a Florian Carvalho qui n’était pas là au Mans. Je ne suis pas dans une optique d’être à 100 % car ma saison va être encore longue. Je viens comme tous les ans pour être sur une course que j’ai envie de faire tout en pensant qu’elle me sera bénéfique pour le reste de la saison.

– Lors d’un récent entretien Mahiedine Mekhissi (voir article), triple médaillé olympique sur 3 000 m steeple et l’un de vos coéquipiers d’entrainement nous disait qu’il avait envie de vous voir gagner pour prouver que votre deuxième place de 2016 n’était pas une erreur. Qu’en pensez-vous ?

J’ai commencé à courir au Mans car je pense que c’est bon pour moi de faire les cross. Je ne l’ai pas fait pour battre quelqu’un. Il faut avoir un projet et bosser pour ça. Moi je vais là-bas car je sais que ça va m’aider à être fort après en triathlon. Après, je suis un compétiteur et je vais y aller pour faire du mieux possible. Mais ça restera mon niveau d’un 11 mars. Si j’étais dans l’optique de vraiment perfer, j’aurais axé ma saison différemment. Je fais ça pour moi. Et je laisse ceux qui ont besoin de prouver quelque chose le faire. Comme on dit, un lion qui imite un lion, on appelle ça un singe.

« La Coupe d’Europe de 10 000 m pourrait m’intéresser« 

– Justement, quels sont vos objectifs en 2018 ?

Je vise le podium sur le classement général du World Triathlon Series. C’est quelque chose que j’ai déjà fait en 2015. Je sens que j’ai passé un bon hiver. La forme monte bien. On a augmenté le volume à pied. On est sur des volumes similaires à ce que peut faire un Mahiedine. Donc pour moi c’est bien. Si je devais donner deux courses où je veux réussir cette année ce serait la Grande finale le 16 septembre en Australie et la World Serie de Hambourg fin juillet.

– Avez-vous néanmoins prévu quelques sorties en athlétisme ?

On a commencé à regarder les 5 000 m et les 10 000 m. Il y a quelques courses qui pourraient être bien placées comme la Coupe d’Europe du 10 000 m à Londres qui est Open. J’étais presque chaud pour aller à Moirans sur le 10 bornes (10 km de la Sport 2000 le 25 mars prochain). Mais je ne vais pas tenter le diable car j’enchaine déjà avec une course aux Bermudes le 28 avril et une autre au Japon le 12 mai. Il faut aussi savoir rester un peu tranquille. Mais j’essaierai aussi d’aider mon club sur les Interclubs (EFS Reims Athlétisme).

« Quand on met des pointes de moins d’un cm en cross c’est qu’il y a un souci« 

– Imaginons que votre passage sur 10 000 m vous permette de vous qualifier pour les Championnats d’Europe de Berlin. Pourrions-nous vous voir y participer ?

Le jour du 10 000 m des Championnats d’Europe (7 août), je n’ai pas de course (rires). Mais ce sont des chronos à 28’25, c’est costaud ! Alistair Bronwlee (double champion olympique de triathlon) a déjà fait 28’32 sur 10 000 m. C’est un mec que j’ai déjà battu. On va essayer, on va y aller, avec toute l’humilité qu’il faut pour faire du 10 000 m et surtout avec les conseils de gars qui ont des médailles olympiques autour du coup et après l’essentiel ça sera de prendre du plaisir.

– On annonce de la pluie toute cette fin de semaine sur Plouay, ça aussi ça sera du plaisir ?

C’est bien qu’il fasse mauvais ! Ca va être du vrai cross ! Il faut rendre ses lettres de noblesse au cross. J’ai encore vu des Championnats d’Europe qui étaient une course sur une piste en herbe. Il y a un moment, quand on met des pointes de moins d’un centimètre en-dessous des chaussures, c’est qu’il y a un souci.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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