Solène Ndama

Solène Ndama a découvert le très haut niveau cet hiver lors du meeting de Paris indoor.

 

En tête des bilans nationaux sur 100 m haies après sa sortie à Montgeron, Solène Ndama, pourtant spécialiste des épreuves combinées, ne cesse de surprendre sur les haies. Depuis son titre de championne d’Europe juniors l’été dernier, la Bordelaise semble en mesure de rivaliser avec les meilleures sur le sprint, même si de son côté, elle préfère largement les combinées. Rencontre.

Notre premier rendez-vous avec Solène Ndama avait eu lieu cet hiver, la veille du meeting de Paris indoor. Dans un hôtel juxtaposé à l’AccorHotels Arena nous l’avions attendue un long moment, à cause de la neige qui perturbait fortement le trafic parisien. La Bordelaise arrivait tout droit de chez elle après avoir remporté quelques jours plus tôt les Championnats de France espoirs de pentathlon (4 377 points).

« Il y a un malentendu avec les haies »

Car même si son titre de championne d’Europe juniors sur 100 m haies l’été dernier indique le contraire, l’athlète de 19 ans est avant tout une combinarde. « Il y a un malentendu, rigole-t-elle. Tout le monde pense que je suis sur les haies mais depuis que je suis cadette, je fais des épreuves combinées. »

A Grosseto (Italie) pour les Europe juniors, Ndama était qualifiée à la fois sur le 110 m haies et l’heptathlon, mais à la vue de son classement au bilan européen (4e sur les haies et 11e sur les combinées), elle avait choisi de s’aligner sur le sprint. « Je ne pense pas avoir eu tort! Mais c’est sûr et certain que je resterai sur les épreuves combinées. »

Pourtant, en 2018, la Française continue de malmener les hurdleuses avec la meilleure performance française sur 60 m haies (8’’15) et un gros chrono d’entrée de jeu ce dimanche à Montgeron (13’’15, record personnel, voir article). « J’ai toujours regardé vers le futur pour faire mes choix, explique-t-elle. Sur les haies, au niveau mondial, il y a beaucoup trop de densité. En épreuves combinées, c’est beaucoup plus accessible surtout que j’ai encore plein de choses à travailler. »

Besoin de diversité dans sa pratique

Car ce qu’aime la Bordelaise, qui est venue à l’athlétisme grâce à son père, c’est d’aller au stade pour apprendre des choses en touchant à tout, et non en répétant inlassablement le même geste. « L’année dernière, pour préparer les Europe, j’ai dû faire un mois où je n’ai fait que des haies. C’était trop répétitif ! J’aime bien arriver à l’entrainement et faire de la hauteur, de la longueur ou du poids. J’aime bien comprendre tout ce qui se passe dans les combinées et surtout voir que je progresse. J’ai un peu peur de me spécialiser et de stagner à un moment donné. »

En pleine progression, la protégée de Laurent Moreschi au Bordeaux Athlé n’a pour le moment pas ce problème. Seul le lancer du javelot la contrarie. « Mon gros point faible c’est le javelot ! Je vois ce qu’il faut faire mais je n’arrive pas encore à trouver la dynamique. Je n’ai pas encore trouvé le déclic alors que dans les autres disciplines, j’ai trouvé les intentions pour pouvoir progresser. Mais si je veux atteindre le haut niveau, il faudra au moins que je fasse 45 m (record à 36,65 m). Je suis focalisée actuellement dessus. »

Nafissatou Thiam comme idole

Un axe de progression obligatoire pour celle qui vise dès cet été les 6 100 points demandés pour aller à Berlin (record à 5 657 points en juniors). « Je serais aux anges d’aller en équipe de France A ». Un bon moyen pour côtoyer de près son idole, une certaine Nafissatou Thiam, championne olympique et du monde de l’heptathlon, qui comme Ndama possède une discipline de prédilection (la hauteur pour Thiam) et des trous d’air aux lancers (relatifs pour Thiam). « C’est mon idole ! En France, j’aime beaucoup Antoinette Nana Djimou et avant j’adorais le couple des Eaton (Asthon Eaton et Brianne Theisen Eaton) mais Thiam c’est le top du top ! J’aime comment elle se comporte en compétition. Si je la vois à Berlin, c’est sûr que je vais être spectatrice. Je suis fan de ce qu’elle fait, c’est un monstre ! »

Son monstre à elle, elle le construit patiemment, entre ses cours à l’école AMOS de Bordeaux et ses entrainements. Mais une chose est sûre, l’envie de gagner des plus grandes est déjà là. «  Quand j’arrive en compétition, je sais que je suis prête et donc il n’y a personne qui doit me dépasser. J’ai envie de manger tout le monde ! »

Que ce soit sur les combinées ou seulement sur les haies, les repas semblent pour le moment lui convenir.


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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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