Sofiane Selmouni

Sofiane Selmouni a abandonné les trois 1 500 m auxquels il a pris part cet hiver dont ici à Reims.

 

L’international français Sofiane Selmouni spécialisé sur le 1 500 m a annoncé être dans l’attente d’une décision de la FFA suite à trois « no show » en moins de un an. Il risque jusqu’à deux ans de suspension. Nous l’avons contacté pour qu’il puisse s’expliquer.

Afin de lutter contre le dopage, l’Agence mondiale antidopage a mis en place le système ADAMS pour permettre aux sportifs de haut niveau de se localiser tous les jours de l’année entre 6h et 23 h afin de pouvoir les contrôler n’importe quand et n’importe où. Pour cela, ces derniers doivent remplir leur localisation en laissant une plage horaire chaque jour aux contrôleurs s’ils souhaitent venir les trouver. Mais quand le sportif n’a pas été trouvé pour effectuer le contrôle ou s’il n’a pas rempli à temps son programme des futures semaines, celui-ci reçoit un « no show », soit un avertissement. Au bout de trois en moins de 12 mois, il se voit sanctionné par l’Agence française de lutte contre le dopage.

Négligence pour les deux premiers manquements

C’est ce qui est arrivé à Sofiane Selmouni. Le champion de France du 1 500 m indoor et outdoor 2017 risque en effet jusqu’à deux ans de suspension pour trois « no show » entre mars 2017 et janvier 2018. Pour les deux premiers manquements (mars 2017 et juillet 2017), le Français admet une négligence administrative. « En fait, tu dois t’actualiser sur le site comme quand tu dois le faire pour Pôle Emploi par exemple, explique-t-il. Et par deux fois, je ne me suis pas actualisé à temps par négligence, en repoussant au lendemain. En athlétisme, tu penses avant tout à courir et à t’entrainer. Après, je sais que ça fait partie de ce métier quand tu arrives à un certain niveau. Je suis sur ADAMS depuis 2015. Au début, tu prends ça au sérieux et après tu es plus léger, plus négligent. »

Cette négligence, le miler la vite repoussée après avoir reçu deux lettres recommandées pour signifier ces deux premiers manquements. « Après ça, je me suis dit que je ne ferais plus de couilles. » C’est donc avec application qu’il remplit ses prochaines localisations au début de l’année 2018 en indiquant être présent à son domicile le 23 janvier, le jour de son retour de stage au Portugal. Cependant, alors que son arrivée à Strasbourg est prévue dans l’après-midi, un contrôleur passe le matin chez lui où il n’est pas présent. « Il m’a appelé et je lui ai dit que j’étais en transit depuis le Portugal. Mais il m’a signifié qu’il me mettrait un avertissement. »

Un hiver gâché par la nouvelle

Un de trop puisqu’à partir de ce moment-là, Selmouni se retrouvait sous le coup d’une suspension pour trois « no show » en moins de douze mois. Une nouvelle qu’il a apprise juste avant le début de sa saison indoor et qui explique en partie ses trois 1 500 m avortés avant l’arrivée. « J’avais fait mon recours gracieux qui n’avait pas abouti. C’a tué mon hiver car je n’arrêtais pas d’y penser mais je ne pouvais rien dire à ce moment-là. Il n’y a pas eu que ça mais ç’a beaucoup joué. »

Depuis, celui qui préparait les Championnats d’Europe de Berlin sur 1 500 m avait repris l’entrainement. Mais, alors que dans un premier temps, l’affaire était restée dans l’anonymat, ce dernier a souhaité prendre les devants pour s’expliquer, alors que des premières fuites commençaient à sortir. « Le truc aurait pu rester anonyme. Mais c’était la meilleure solution d’expliquer ma situation. Même si j’appréhendais la réaction des gens. »

A la vue des messages de soutien qu’il a reçus, l’athlète garde le sourire même s’il ne pourra pas éviter les insinuations au dopage. « Je ne connais personne qui ne va pas juger un athlète en voyant qu’il a trois « no show ». Tu peux toujours penser au dopage. Mais je m’explique et j’espère que les gens ne feront pas d’amalgames. »

Fin de carrière ?

Pour l’heure, Sofiane Selmouni est dans l’attente d’une date – sous quinzaine – pour son passage en commission de discipline à la FFA où il risque de 12 à 24 mois de suspension. « Je ne nie pas les faits qui me sont reprochés. Je suis prêt à être sanctionné. Après, ça sera au bon vouloir de la Fédération. C’est une commission de discipline. On ne rigole plus. J’accepterai les conséquences. »

En cas de peine maximum, son avenir sur les pistes à 28 ans serait compromis, surtout quand on connait le caractère épicurien du garçon. « Je ne vais pas pleurer non plus. L’athlétisme reste du sport, c’est un passage. L’objectif reste 2020 et je vais continuer à m’entrainer. Ce qui ne tue pas rend plus fort. Mais si je prends deux ans, ça va être compliqué de revenir… »

Auteur de 1’45’’94 sur 800 m (2014) et 3’36’’14 sur 1 500 m (2017) et sélectionné à trois reprises aux Championnats d’Europe (2014, 2016 et 2017 en salle) avec l’équipe de France, Selmouni manquera déjà à coup sûr ceux de cet été. Pour le reste, son avenir à court terme sur les pistes n’est plus entre ses mains.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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