Simon Krauss

Simon Krauss, ici félicité par Benjamin Sédécias, a réussi les minima pour les Mondiaux sur 60 m haies lors du meeting de Reims.

 

Valeur sûre des haies hautes en France, Simon Krauss a frappé un grand coup hier soir lors du Meeting national des Sacres de Reims en réalisant les minima pour les Championnats du monde en salle de Birmingham sur 60 m haies. Un cap que le champion d’Europe espoirs du 110 m haies en 2013 a enfin franchi, après avoir tourné autour des minima internationaux depuis de nombreuses saisons.

Regard concentré, corps en pleine maîtrise, la série sur 60 m haies de Simon Krauss hier soir lors du Meeting national des Sacres était tout ce qu’attend de lui son entraineur Olivier Vallaeys. Verdict, 7’’63 au panneau, record personnel et minima pour les Mondiaux en salle (7’’65). Une mise en bouche qui devait découler une heure plus tard sur un feu d’artifices en finale.

Pas loin d’un très gros chrono

Mais à Reims, tout Simon Krauss a été résumé en une compétition, entre hurdleur Simon et mister Krauss. Car en finale, bien accroché sur les talons de l’Américain Jarett Eaton, Krauss semblait lancer sur un chrono de l’espace, avant que la dernière haie le ramène parmi les siens. Et alors que Eaton sautait de bonheur avec ses 7’’47, lui ne pouvait que se prendre la tête entre les mains, avec ses 7’’71, sans courir les dix derniers mètres. « Je savais que si à l’arrivée je n’étais pas loin de Eaton, le chrono serait bon », analysait Krauss. « C’est le problème de Simon, regrettait de son côté son entraineur Olivier Vallaeys. Il faut qu’il concrétise car il n’a pas le droit de faire une finale comme celle-là. Il était à coup sûr sous les 7’’60. »

Entre valoir et faire la frontière est immense en athlétisme, et çà, Simon Krauss le sait parfaitement, lui le champion d’Europe espoirs 2013 du 110 m haies, annonçé comme un crack et qui a pris son temps pour éclore au plus haut niveau. « Je savais que si je voulais franchir la dernière étape et courir avec les meilleurs mondiaux, il fallait que j’apprenne à courir seul. Quand on se fait dépasser par un Dimitri Bascou, un Aurel Manga ou un Wilhem Belocian, on a envie d’aller aussi vite que lui et on se retrouve à se baser sur lui plutôt que sur soi-même. J’ai mis plus de temps que certains à le comprendre mais je pense que ça va venir maintenant. Tant mieux, car ça faisait longtemps que j’attendais ça ! »

Toujours placé

Dans le top 5 des quatre derniers Championnats de France Elite sur 110 m haies (vice-champion de France la saison dernière), Simon Krauss a toujours joué placé, mais sans jamais réussir à convertir en minima. « En 2014, j’ai fait une bonne saison (13’’51). Mais ensuite, en 2015, ç’a été difficile car je n’ai pas réussi à trouver la motivation pour reprendre l’entrainement (13’’59). En 2016, j’ai été très régulier à des très bons chronos mais toujours juste au-dessus des minima (13’’53). Et l’année dernière a été une saison moyenne avec une blessure au pied et un manque de confiance sur les courses (13’’60). »

Une fracture de 6 mm au niveau du gros orteil gauche qu’il a trainée toute la saison et dont il a réussi à se séparer cet automne après une longue coupure. « J’ai pris le temps de me soigner entre septembre et novembre avant de reprendre l’entrainement. Je ne devais d’ailleurs pas faire la saison en salle au départ. Mais les années d’expérience avec Olivier m’ont permis de m’adapter rapidement. »

Capable de battre les meilleurs

Un retour supersonique qui lui permet d’entrevoir les Mondiaux en salle de Birmingham, son premier rendez-vous en équipe de France A. « Contrairement aux années précédentes, je suis en confiance sur mon départ car j’ai choisi de partir en 7 appuis alors que j’hésitais jusque-là entre 7 et 8. Maintenant, je ne me pose plus de questions. » « Il a passé des caps à l’entrainement, continue Vallaeys. Il est de toute façon fort depuis longtemps. Mais il faut qu’il croit en lui. Les Mondiaux se joueront aux Elite car d’autres vont faire les minima (pour le moment Aurel Manga les a également réussis). Mais il est totalement capable d’être avec eux, voire devant eux. »

Habitué à être quelques centièmes derrière, Simon Krauss, à 25 ans, semble avoir franchi le cap pour passer devant.

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