Ruben Gado

Ruben Gado, ici lors du meeting Paris indoor, sera en lice à l’heptathlon lors des Championnats du monde en salle.

 

A 24 ans, le spécialiste des épreuves combinées va découvrir son premier grand championnat avec l’équipe de France à l’occasion des Mondiaux en salle de Birmingham (1 au 4 mars). Auteur de son record personnel à l’heptathlon à Madrid le 28 janvier dernier, le Clermontois d’adoption a récolté les fruits de tout le travail qu’il a fourni depuis ses débuts en athlétisme sur l’île de la Réunion. Entretien.

Le 2 mars prochain, quand Ruben Gado va pénétrer dans la Barclaycard Arena de Birmingham, il jettera évidemment un œil sur l’athlète qui aura la même tenue que lui. En lice pour le titre de champion du monde, Kévin Mayer sera le grand favori. Un statut qu’il a souvent porté depuis ses jeunes années dont Gado a été l’un des témoins privilégiés. Mais cette fois, le Clermontois de 24 ans sera aux côtés du phénomène français. « Kévin reste un modèle, avoue-t-il. Je le suis depuis que je suis cadet car il a un an de plus que moi. Je l’ai vu gagner aux Championnats du monde cadets, juniors… Il a toujours été un exemple de travail et de persévérance. Et se dire que je vais faire un championnat dans la même équipe que le meilleur du monde, ça fait quelque chose. »

Loin d’être le meilleur

Des qualités de travail et de persévérance que Gado a également cultivées. Arrivé à l’athlétisme sur son île de la Réunion, il a toujours voulu aller plus loin, sans jamais rechigner à la tâche. « Quand j’ai débuté l’athlétisme, j’étais réticent car je préférais le football. J’étais loin d’être le meilleur mais comme je suis de nature persévérante et combative, je me suis donné les moyens de réussir. Quand j’étais plus jeune, ma première motivation était de battre mon frère (ex-sprinteur). En grandissant, en participant à différentes compétitions comme les championnats de France, j’ai continué à travailler. Et petit à petit, j’ai vu que j’avais les moyens d’aller plus haut, en me disant que peut-être, un jour, je pourrais espérer faire de grands championnats. »

Ce jour est arrivé grâce à un hiver rudement mené. Déjà au niveau de ses records personnels lors du X-Athletics, chez lui, à Clermont-Ferrand, Ruben Gado explose littéralement les scores deux semaines plus tard à Madrid, remportant le match international avec 6 014 points et deux records personnels (6’’99 au 60 m, 7,33 m à la longueur, 12,91 m au poids, 2,00 m à la hauteur, 8’’32 sur 60 m haies, 5,30 m à la perche, 2’40’’96 au 1 000 m). « Je savais que j’avais passé certains caps à l’entrainement au niveau des acquis techniques et de la confiance en moi. Mais je ne pensais pas être aussi bon au mois de janvier. »

De quoi parader actuellement à la septième place au bilan mondial. « J’ai été un peu surpris de la régularité car j’ai été régulier à des niveaux de performance qui étaient jusque-là mes records. »

Objectif 8 000 points au décathlon

Le résultat d’une progression constante depuis son arrivée en métropole en septembre 2011. Sous les ordres de Aurélien Preteseille, Gado a progressé toujours et encore, grattant chaque année des places, avant de pointer le bout de son nez dès l’été dernier avec 7 839 points au décathlon et une deuxième place aux Jeux de la Francophonie. « C’a mis du temps car c’est une évolution de moi-même. J’aime bien progresser dans tous les domaines, c’est ma philosophie de vie. Ce sont des années de travail et de répétitions qui paient aujourd’hui. »

D’ailleurs, il aimerait que la note se reporte cet été puisque, comme tout le monde, il lorgne sur les Championnats d’Europe de Berlin. « L’objectif de l’année est de faire les 8 000 points, lâche-t-il. Il faudra faire comme cet hiver, en mettant tout bout à bout. Je pense que je les ai dans les jambes depuis un ou deux ans. Et si, en plus, les performances auxquelles je pense peuvent sortir, ça peut faire un petit coup de poker ! »

Mais avant ça, il y a Birmingham et cette première sélection chez les A qui se profile. « Je sais que je peux être dans la bagarre et je vais me donner les moyens pour rester au contact avec les mecs le plus longtemps possible. »

On vous l’a dit, ce combinard est persévérant !

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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