Romain Séverin

Romain Séverin a terminé en tête des bilans nationaux cadets sur 800 m cet été.

 

Non sélectionné pour les Championnats d’Europe cadets, le Rémois Romain Séverin est vite passé à autre chose en terminant la saison avec un record personnel en 1’50’’46, soit une seconde plus vite que les minima demandés pour courir à Gyor. Malgré tout, il garde une rancœur de cette décision, tout en pensant déjà à la suite. Portrait.

L’été 2018 restera longtemps gravé dans la mémoire de Romain Séverin. Seulement âgé de 17 ans, l’athlète de l’EFS Reims a en effet obtenu son BAC S et réalisé 1’50’’46 sur 800 m, devenant le neuvième meilleur performeur de l’histoire chez les cadets.

En tête des bilans nationaux

Pourtant, le gamin a passé tout le mois de juillet le cœur serré, voyant ses copains de l’équipe de France jouer sans lui aux Championnats d’Europe cadets de Gyor (Hongries, 5 au 8 juillet).

En effet, à la fin du mois de juin, quand la liste est tombée, le grand gaillard n’était pas dedans. Il est vrai qu’à la date butoir du 23 juin, il n’avait pas réalisé le niveau de performance requis par la FFA  (1’51’’50) et venait de terminer deuxième du meeting de sélection de Blois derrière Nathan Timba. Pas de quoi enchanter le comité de sélection mais sa première place au bilan national (avec 1’51’’87 à ce moment-là) et la tournure de sa saison laissait pourtant augurer de très bonnes choses. « Cette non-sélection m’a vraiment blessé, ça m’a fait mal, avoue-t-il. Je voulais vraiment partir à ce championnat, c’était le premier auquel je pouvais participer mais je n’ai pas pu y aller. Et malheureusement, je suis toujours dans l’incompréhension. »

Quid du double projet ?

Une incompréhension qui a grandi au fil des jours en décomposant la liste des qualifiés pour ces Europe où plusieurs athlètes n’avaient pas réalisé les minima et de loin. « Sur le papier, je ne vois pas ce qu’il me manquait pour faire partie de cette équipe de France par rapport à certaines autres personnes. Je n’ai eu aucune justification du comité de sélection. C’est un peu flou. Quand on voit des sélections sur les autres épreuves, il y a des choses qui font réfléchir. C’est là que je me suis senti délaissé. »

Surtout que le protégé de Farouk Madaci et Dalila Foughali représente à merveille ce soi-disant « double-projet » qui plaît tant aux fédérations nationales, en mêlant études (BAC S obtenu avec un an d’avance) et sport de haut niveau de front. « On met beaucoup l’accent sur le projet sportif et scolaire. Moi j’ai l’avantage d’avoir un an d’avance à l’école mais en fait ç’a été contre moi cette année. Je suis arrivé au meeting de sélection complètement fatigué en pleine semaine du bac. J’avais un rythme dingue pour un mec qui allait jouer sa sélection internationale le samedi. »

Un projet à long terme

Une sélection dont il n’a pas vu la couleur même s’il a vite réussi à rebondir en réalisant les minima quelques jours plus tard (1’51’’44), avant de terminer deuxième des Championnats de France (voir article) et d’abaisser son chrono une nouvelle fois à Ninove à la fin du mois de juillet. « Une semaine après la sélection j’ai fait les minima, ça prouve que j’étais préparé pour ces Championnats. J’ai su montrer que j’aurais pu jouer quelque chose aux Europe. Et je suis très satisfait de ma régularité cette saison avec quatre chronos sous les 1’52 et ce record alors que je pensais arriver fatigué à Ninove. J’ai fait 1’53 en cadets 1, 1’50 en cadets 2 et pour l’instant je n’ai aucune sélection. Il y a quelque chose qui me fait comprendre qu’il faut prendre son temps. Si cela ne vient pas maintenant, ça viendra tôt ou tard. Je pense déjà aux Europe juniors (été 2019). »

De quoi passer vite à autre chose pour celui qui paraît déjà très mûr pour son âge et qui se projette au-delà d’une sélection chez les jeunes. « Ce qui m’arrive maintenant ce n’est que du bonus pour la suite, lâche-t-il. Je suis dans un projet à long terme. Je suis dans la génération 2024, j’ai des ambitions sur le long terme. Les JO ça sera l’objectif de ma carrière si j’en fais une. Je suis investi là-dedans. C’a été plus facile de tourner la page car je vois dans plusieurs années. Les injustices y’en aura d’autres et il faut continuer. »

Touché cet été, mais loin d’être coulé.


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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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