Quentin Mercuri

Quentin Mercuri a terminé quatrième et deuxième Français des Championnats de France de cross court (crédit photo S.Riouall/Activ’images pour www.trackandlife.fr).

 

L’athlète de 24 ans a réussi la plus belle course de sa carrière ce dimanche pour devenir vice-champion de France de cross court, obtenant sa première breloque au niveau national. Auteur de chronos d’un petit niveau national sur piste, l’athlète de EA Centre Isère (section AL Voiron) a créé une sacrée surprise dans un peloton où grouillait une multitude d’athlètes de haut calibre, prouvant, s’il le fallait encore, que le cross-country reste une discipline à part, où tout peut arriver. Entretien.

Mais qui est Quentin Mercuri, vice-champion de France de cross court (4e au scratch) ? La question s’est posée de nombreuses fois depuis ce dimanche pluvieux de Plouay où l’athlète de l’EA Centre Isère (section AL Voiron) a réalisé un beau hold-up. Arrivé aux Championnats de France avec comme meilleur résultat une 26e place sur le cross court en 2016 et une cinquième place sur 3 000 m steeple aux Championnats de France espoirs en 2015 (record 9’09’’10), Mercuri s’est permis de laisser derrière lui des coureurs aux références beaucoup plus impressionnantes que les siennes. « Je ne pensais pas faire une médaille, avoue-t-il. Je savais qu’un Top 15 était possible car j’avais fait deux fois dans les 30 lors des deux dernières éditions en étant une fois enfermé et une autre fois en tombant. »

Prise de risques maximum

Se sachant dans une grande forme – « j’avais gagné les Interrégionaux et ma dernière séance indiquait que j’avais de grandes jambes » – il a joué sa carte à fond. « J’avais décidé de prendre des risques et de partir fort. Je me suis vite retrouvé dans les 10 et même si j’ai un peu payé mon départ rapide en fin de première boucle, j’ai réussi à relancer dans le dernier 1 500 m. »

A ce moment-là, Quentin Mercuri est 8e, mais suite à la dernière difficulté du parcours, il double un petit groupe pour se retrouver aux portes du podium. « J’ai vu que les autres craquaient et j’ai senti qu’il y avait quelque chose à aller chercher. L’adrénaline m’a fait en remettre une couche sur la fin. »

Finalement quatrième derrière le Marocain Azeddine Habz, l’international Djilali Bedrani et l’Algérien Abderrahmane Anou, Quentin Mercuri n’apprend qu’une fois la ligne franchie que deux de ses adversaires ne comptent pas pour le titre et qu’il est finalement deuxième. « Ca montre que tout est possible en cross, c’est totalement différent. J’ai des qualités en cross que je n’ai pas ailleurs. C’est flatteur de voir des messieurs de l’athlétisme comme Simon Denissel ou Guillaume Adam derrière soi. Après, je me suis dit qu’il fallait savourer car ça ne m’arrivera pas tous les jours. »

Des débuts aux côtés des frères Calandreau

De retour à l’athlétisme en 2010 (juniors 1) après avoir fait deux années d’école d’athlétisme, Quentin Mercuri découvre le haut niveau dans son club de l’AL Voiron aux côtés des frères Julien et Benoit Calandreau, ex-internationaux juniors. « Quand je les ai vus, je me suis dit que je voulais être comme eux, rigole-t-il. Ils m’ont vachement soutenu et entrainé dans ce monde-là. J’ai été piqué et depuis, je m’épanouis. »

Depuis, il menait sa carrière d’athlète avec celle d’étudiant en école d’ingénieur, réalisant des performances de niveau national (3’57’’54 au 1 500 m, 9’09’’10 au 3 000 m steeple et 14’52’’36 sur 5 000 m). « Je suis monté à Paris en septembre 2015 pour poursuivre mes études. Je suis entrainé par Alain Calandreau mais en semaine je profite du groupe de Jean-Baptiste Congourdeau à Issy-les-Moulineaux. J’essaie d’adapter les séances pour en faire avec Julien Samson notamment. »

De nouvelles ambitions

Une fois par mois, celui qui s’astreint à un rythme de sept entrainements par semaine, côtoie également Hassan Chahdi, originaire de la même région et membre du même club, lors de séances au Parc de Sceaux. Leur prochaine sortie sera d’ailleurs l’occasion de débriefer cet exploit.

Un exploit sur lequel Quentin Mercuri aimerait maintenant surfer. « Ca me donne des ambitions. Cet été, j’aimerais faire moins de 9’ sur le steeple et aller aux Championnats de France Elite. Mais ça va commencer dans moins de deux semaines avec le 10 km Sport 2000 de Moirans où je vais essayer d’aller chercher un chrono de 30’30 – 30’45. »

Une course organisée par Benoit Calandreau et où il aimerait évidemment briller. Et alors qu’il admirait la fratrie Calandreau à ses débuts, Quentin Mercuri peut se targuer d’avoir déjà fait mieux que Julien (23e en 2011) et Benoit (19e en 2011) sur un France de cross court. Une belle réussite, qui, si elle se répétait, ne serait plus une surprise.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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