Et même si le monde a semblé s’arrêter pour beaucoup de supporters français hier lors de la finale de la Coupe du monde de football, le monde athlétique a continué à tourner ce week-end avec la fin des Mondiaux juniors, les Championnats de France espoirs/Minimes et la World Cup. L’occasion de savoir comment les athlètes français ont réussi à concilier préparation d’une compétition et visionnage d’un grand moment du sport français.

Ce matin, il aurait fallu passer la nuit dans un étui à perches pour ne pas savoir que la bande à Griezmann et Mbappé est devenue ce dimanche championne du monde de football (victoire 4-2 contre la Croatie). Par contre, selon son programme de compétition, il n’était pas sûr, avec la diffusion de la finale France-Croatie à 17h , de pouvoir suivre cette finale historique.

Fin de match dans le stade olympique de Londres

Surtout que le week-end était particulièrement chargé en compétitions avec notamment la dernière journée des Mondiaux juniors, les Championnats de France espoirs/minimes et l’autoproclamée World Cup d’athlétisme, qui avait visiblement mal analysé le calendrier des événements internationaux.

Une compétition par équipes où une grosse délégation française avait fait le déplacement avec une cinquième place à la clé, mais dont les premières épreuves de ce dimanche débutaient à 19h45. Un timing un peu juste pour ceux qui souhaitaient suivre le match comme Axel Chapelle, premier à rentrer en lice au Stade olympique de Londres pour le saut à la perche. « J’ai pris la navette pour aller au stade à l’heure du coup d’envoi, explique le Français, finalement 3e du concours avec 5,65 m. Du coup, j’ai regardé le match sur mon téléphone sur le trajet au stade et lors de mon échauffement avec les autres perchistes. Ensuite, il y a eu cinq minutes de chambre d’appel où je n’ai rien vu et une fois sur la piste, les écrans géants diffusaient la rencontre pendant la fin de notre échauffement. J’ai donc vu la fin du match dans le stade, c’était drôle ! »

Une deuxième étoile en Tape

D’autres ont eu plus de chance comme le membre du relais 4×400 m Mame-Ibra Anne, dont l’épreuve était programmée à 22h42. « J’ai regardé le match tranquillement (alors que d’autres athlètes ambiançaient le hall de l’hôtel des Bleus) dans ma chambre avec mon coéquipier Mamoudou Elimane Hanne avec une petite sieste à la mi-temps, lâche le Français, dont le relais a été disqualifié. Ensuite, on était comme des fous et dans la navette pour aller au stade, on a ajouté une deuxième étoile, réalisée en Tape par les kinés, sur notre combinaison. »

Un match pour une deuxième étoile qu’ont manqué, en partie, certains athlètes engagés aux Championnats de France espoirs/minimes à Niort avec des relais 4×100 m espoirs et 8×100 m minimes programmés à partir de 17h15. Les autres, comme le steepleur Louis Gilavert (2e derrière Alexis Phelut sur 3 000 m steeple), ont pu s’en sortir avec un peu d’astuces. « J’ai regardé sur un téléphone entre la fin de ma course et le podium. Ensuite, je suis allé dans le centre de Niort pour voir la fin avant de rentrer à la Baule, notre lieu de stage avec le pôle de Fontainebleau où on a pu profiter ! »

Ecran géant en salle de réunion pour les juniors

Et alors que les triathlètes Vincent Luis, Dorian Conynx, Cassandre Beaugrand et Leonie Periault, champions du monde de relais mixte en fin d’après-midi ont pu suivre la finale sur une télévision dans la zone mixte de l’épreuve WTS d’Hambourg, les juniors de l’équipe de France d’athlétisme étaient peut-être les mieux servis.

Engagés toute la semaine à Tampere (Finlande) où ils ont décroché trois médailles (voir article), les Bleuets ont pu suivre le match sur un écran géant dans une salle de réunion de leur hôtel. « On avait réservé une salle pour qu’on puisse regarder tous ensemble, explique Ladji Doucouré, présent en Finlande en tant qu’entaineur notamment pour suivre son athlète Cyrena Samba-Mayela, 8e du 100 m haies. On a fait la réunion d’équipe à la mi-temps et ensuite plusieurs autres nations nous ont rejoints. C’était très sympa, surtout que pour le banquet final de ces Championnats, on a pu chanter toutes les cinq minutes « champion du monde » ! »

Une ambiance qui aurait, à coup sûr, plu à Pierre-Ambroise Bosse. Celui qui connaît la saveur d’un titre mondial depuis sa victoire sur 800 m en août dernier, fait partie des aficionados de l’équipe de France. Mais pour lui hier soir, c’était du classique avec match dans un restaurant et sortie sur Paris bien accompagné notamment par le triple-sauteur Benjamin Compaoré et l’ex-international sur 1 500 m Bryan Cantero, qui portait fièrement un maillot tricolore floqué d’un « Kante’ro ».

Mais de toute façon, comme Bosse l’avait dit lors des France Elite où le foot était déjà venu en collision avec l’athlétisme (quart de finale face à l’Uruguay lors de la première journée des France) : « que je fasse 1’50 ou 1’40 (sur 800 ), personne n’aurait parlé de moi ». Et c’est sûr qu’aujourd’hui, même si les chronos ou les décamètres avaient été affolés pendant le week-end, il y en aurait eu que pour le ballon rond.

 

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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