Pascal Martinot-Lagarde

Absent des pistes depuis près d’un an, Pascal Martinot-Lagarde sera au départ des Championnats de France Elite.

 

Touché à l’ischio-jambier au mois de janvier lors du stage de l’équipe de France à Agadir (Maroc), Pascal Martinot-Lagarde effectuera sa rentrée demain lors des Championnats de France Elite de Liévin avec l’objectif de se qualifier pour les Mondiaux de Birmingham. Blessé tout l’été dernier, le Français, vice-champion du monde en titre du 60 m haies a juste envie d’accrocher un dossard et de se lancer dans l’arène malgré une préparation tronquée. Entretien.

– Pascal, vous serez finalement présent aux Championnats de France Elite alors que, suite à votre blessure contractée au début du mois de janvier (blessure musculaire entre le grade I et II à l’ischio-jambier gauche), vous avez renoncé à tous les meetings de préparation.

« J’ai tout annulé par sécurité mais je vais courir ce week-end. Je me suis pété en stage à Agadir. Quand je suis revenu en France, j’étais plus ou moins guéri. Mais sur quelques séances, j’avais quelques tiraillements. L’IRM a révélé que j’étais presque guéri. Mais le « presque » suffisait à prendre des précautions et à annuler tous les meetings, afin de tenter le coup de poker aux France pour décrocher ma sélection pour les Mondiaux.

« Peu importe si je n’ai pas une préparation optimale »

– Comment abordez-vous cette compétition alors que vous n’avez pas encore couru de l’hiver.

J’ai 100 % d’envie. Au niveau de la blessure, normalement je suis à 100 % au niveau de mon intégrité physique car je ne pense pas que ça va récidiver. Je pense que c’est de l’histoire ancienne. Mais je suis arrivé à un moment où j’ai tellement envie de courir que finalement, peu importe si je n’ai pas une préparation optimale. Car ça fait un an que je n’ai pas vu la couleur d’une compétition. La dernière course que j’ai faite ce sont les Europe à Belgrade (il avait terminé 2e des Championnats d’Europe en salle). Aujourd’hui, je ne me pose même pas la question de savoir si mon corps avance ou pas. Par contre, mon envie de courir est là et je vais y aller avec cet état d’esprit là.

– Votre absence cet hiver ainsi que celles notamment de Dimitri Bascou, Garfield Darien et Wilhem Belocian, ont permis à d’autres de s’affirmer. Comment voyez-vous la concurrence pour le titre de champion de France ?

Cette année, il y a un peu plus d’absents. Généralement, on attend toujours de gros duels sur les haies. Mais là, Wilhem s’est fait opérer du pied donc il est absent, pareil pour Garfield et Dimitri. Mais il y a tout de même de la concurrence avec de belles progressions comme Simon Krauss ou Ludovic Payen. Il y a des progressions de tous les côtés. Donc je n’ai pas d’autre objectif que de décrocher ma sélection (faire au moins 7’’65 et terminer dans les 2 premiers aux Championnats de France).

« Il n’y a rien de mieux que de porter le maillot de l’équipe de France »

– Pensez-vous être capable de rivaliser sans aucune course au compteur, vous n’avez pas peur de manquer de rythme ?

La machine est en état de marche. Je suis convaincu qu’au bout d’un moment, les haies sont ancrées en moi. Et même si je n’ai pas eu une préparation optimale, c’est comme faire du vélo. Si je me casse une jambe et que je remonte sur un vélo, je vais réussir à tourner les pédales. Là c’est pareil. Je sais que je sais faire des haies même si je n’en ai pas fait depuis longtemps. Ma dernière séance était concluante. Mais peu importe, j’en ai fait suffisamment pour ne pas me péter de nouveau et je vais faire parler l’acquis. Tout ce que j’ai fait ces dernières années, je suis persuadé que ça va revenir là.

– En annulant plusieurs meetings, vous avez fait preuve d’une prudence que l’on ne vous connaissait pas.

J’apprends d’année en année à connaître mon corps et surtout à savoir ce qui pèse le plus dans la balance. Est-ce que c’est venir faire un meeting et risquer de me blesser ou tout jouer sur les Championnats de France pour jouer la sélection et tenter de faire partie de l’équipe de France aux Mondiaux ? Je pense qu’il n’y a rien de mieux que de porter le maillot bleu. Les meetings on les oubliera alors que rater un championnat, ça s’oublie moins facilement. »

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