Nicolas Navarro

Nicolas Navarro a terminé deuxième Français lors du marathon de Paris 2018.

 

Deuxième Français au marathon de Paris en 2h15’14, Nicolas Navarro a fait, à 27 ans, une entrée tonitruante dans le haut niveau français. Arrivé sur le tard en athlétisme après une première carrière dans le cyclisme, l’athlète d’Aix Athlé Provence est aux portes d’une sélection pour les Championnats d’Europe de Berlin avec l’équipe de France de marathon.

Il n’a pas manqué grand-chose ce dimanche dans les rues de Paris pour que Nicolas Navarro ne chipe la place de premier Français de l’épreuve dans les derniers mètres à Jean-Damascène Habarurema (voir article). Parti plus prudemment en compagnie notamment de Benjamin Choquert (passage en 1h07’22 au semi contre 1h05’13 pour Habarurema), Navarro a gardé sa constance tout au long du deuxième semi pour boucler l’épreuve en 2h15’14 (18e), une seconde derrière Habarurema.

Des débuts en athlétisme en 2012

Mais pas de quoi lui gâcher son bonheur, après avoir retranché plus de 2’30 à son record datant du mois de novembre (2h17’56 à Valence le 19/11/17). « J’étais venu chercher un chrono entre 2h15 et 2h16, lâchait-il quelques minutes après avoir franchi la ligne Avenue Foch. Sur le final, je vois Jean, mais je ne pouvais plus sprinter. Je suis vraiment satisfait. »

Il peut l’être, puisqu’à 27 ans, le garçon vient évidemment de signer la plus grosse performance de sa carrière de coureur qui n’a débuté qu’en 2012. « Je suis un peu nouveau dans le milieu du marathon, avoue-t-il. J’ai vraiment commencé la course en 2012 (après avoir un peu couru quand il était juniors en 2009) pour préparer la course du village. Mais j’avais un passé de cycliste et donc de la caisse. Et comme mon frère faisait un peu de trail, ça m’a donné envie de courir. »

Entrainement cadré depuis 2016

Dans un premier temps habitué des courses à la saucisse en Provence, Nicolas Navarro progresse seul et les premiers résultats se font sentir (32’25 sur 10 km en 2012 puis 2h32’58 au marathon de Paris en 2014). « Je voyais que je faisais des résultats mais je m’entrainais seul. J’ai donc décidé d’aller au club d’Aix-en-Provence. A partir de là, avec un groupe et des entrainements plus cadrés (avec son entraineur Jérémy Cabadet), j’ai vu que je progressais. »

En progression constante depuis deux ans, l’Aixois a, un peu, ralenti les courses du terroir pour se recentrer sur l’athlétisme de haut niveau. Auteur de 2h20’11 au marathon il y a un an dans les rues de Paris, il a depuis gagné cinq minutes sur la distance reine, tout en descendant régulièrement son record sur 10 km (29’31 le 15 octobre 2017) pour le porter à 29’24 lors de la Sport 2000 de Moirans (voir vidéo de la course).

En stage avec l’équipe de France

Une progression qui l’avait vu dès le mois de janvier rejoindre l’équipe de France pour un stage à Monte Gordo (Portugal). « J’ai découvert l’équipe de France en stage. C’était une première approche. C’est sûr que ça donne envie d’y retourner. »

Et qui pourrait peut-être lui permettre de découvrir le maillot bleu à l’occasion des prochains Championnats d’Europe de Berlin, où, l’équipe de France devrait aligner une équipe (comptant pour la Coupe d’Europe de marathon) en plus de Hassan Chahdi et Benjamin Malaty, auteurs des minima et déjà qualifiés. Actuellement septième au bilan français (voir bilan ci-dessous), Nicolas Navarro est en bataille pour l’une des six places, puisque selon la forme du moment et notamment les blessures, des places pourraient se libérer. « En venant à Paris j’avais les Europe en tête, lâche-t-il. Mais c’est Jean-François Pontier (entraineur national) qui prendra la décision. »

Jongler entre le boulot et l’entrainement

Mais pour l’heure, son quotidien ne devrait pas changer, lui le vendeur à Decathlon à temps plein (35 h), qui a connu des dernières semaines très chargées pour préparer son coup parisien. « Il y a eu des semaines assez tendues (plus grosse semaine à 180 km). Mais j’arrive à peu près à aménager mes horaires. Je vais courir le matin avant le boulot, puis avec le club le soir, le tout en faisant la sieste le midi. J’aimerais bien ne faire que ça mais ça serait impossible à suivre financièrement. Pour le moment, il faut réussir à jongler avec les deux. »

Un rythme de vie avec lequel il espère descendre sous la barrière des 29’ sur 10 km d’ici peu, avant peut-être de connaître l’équipe de France où il sera à coup sûr, le petit nouveau.

Bilan français du marathon depuis janvier 2017

Hassan Chahdi : 2h10’20, Benjamin Malaty : 2h13’09, Yohan Durand : 2h14’07, Timothée Bommier : 2h14’50, Abdellatif Meftah : 2h14’55, Jean-Damascène Habarurema : 2h15’13, Nicolas Navarro : 2h15’14.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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