Ninon Guillon-Romarin

Ninon Guillon-Romarin a battu le record de France du saut à la perche.

 

Dans un meeting de Monaco une nouvelle fois incroyable en terme de performances avec notamment le record du monde sur 3 000 m steeple de Beatrice Chepkoech, Ninon Guillon-Romarin a de nouveau battu le record de France de la perche pour le porter à 4,75 m. On retiendra également ce soir les meilleures performances de la saison  pour Bosse, Lamote et Martinot-Lagarde.

Il y a des soirs comme ça où tout peut se passer. Et une nouvelle fois aujourd’hui c’est à Monaco que les Dieux de l’athlétisme s’étaient arrêtés. Il faut dire qu’à cette période de l’année, le climat est toujours parfait (26 degrés, pas trop de vent) dans la cité princière et que les athlètes sont affûtés comme des couteaux.

4,80 m dans le viseur pour Guillon-Romarin

D’ailleurs la première lame de la soirée était lancée par Ninon Guillon-Romarin. Dans un concours de perche qui ouvrait le meeting, la Française a encore une fois battu son record de France (4,73 m avant ce soir). Obligée de se régler à 4,40 m ( passage au 2e essai), elle effaçait aisément 4,60 m, une bonne habitude cet été, et s’attaquait à 4,75 m. Et ce coup-ci, après deux essais manqués, elle s’envolait au-dessus de cette barre pour gratter deux unités vers le ciel. « J’arrive à avoir une régularité sur des hauteurs très importantes, lâchait Guillon-Romarin qui a ensuite buté sur 4,80 m. Ce qui signifie qu’il devrait y avoir une performance de pointe plus haute. A la vue du saut aujourd’hui, 4,80m c’est carrément réalisable. Je suis calée, il ne se passe pas trop d’imprévus dans mes concours, ça veut dire que je maitrise ce que je fais. »

Une maitrise qu’on a pu admirer ce soir chez la Kenyane Beatrice Chepkoech. Dans un climat crispant autour notamment de la dorénavant ex-détentrice Ruth Jebet (8’52’’78, empêtrée dans une affaire de dopage), la Kenyane a tout simplement relégué sa compatriote à huit secondes pour s’offrir un nouveau record du monde du 3 000 m steeple en 8’44’’32 (record battu de 15 secondes à 27 ans). Un temps tellement canon, qu’on ne sait même plus quoi en penser. Tout comme le nouveau record d’Europe juniors stratosphérique du Norvégien Jakob Ingebrigtsen, quatrième du 1 500 m en 3’31’’18 à seulement 17 ans.

Bosse et Lamote accélèrent

Les Français de leur côté, sont restés sur terre. Sur 800 m, Pierre-Ambroise a essayé de se rappeler au bon souvenir de 2014 (année de son record de France à Monaco). Mais dans un 800 m très costaud, le Français n’a pas pu se mêler à la victoire (victoire pour Amos en 1’42’’14), mais a néanmoins amélioré sa meilleure performance de la saison (6e en 1’44’’20). « C’est dur le 800 m, lâchait le champion du monde 2017. Il ne faut pas seulement être en forme, il faut aussi porter ses couilles. J’ai manqué un peu de panache aujourd’hui. J’aurais dû comprendre que tout le monde allait vouloir partir vite et tenir jusqu’au bout. Mais au moment où j’ai voulu sortir de la meute, j’ai manqué un peu de chance. Quand tout le monde est habités, c’est difficile d’aller les chercher. C’est pour ça que j’aime cette discipline ! »

Pierre-Ambroise Bosse

Pierre-Ambroise Bosse a amélioré sa meilleure performance de la saison sur 800 m.

 

Une discipline sur laquelle Rénelle Lamote reprend également des couleurs au fil des semaines. Dans une course où Caster Semenya a une nouvelle fois montré qu’il existait elle et les autres sur le double tour de piste (victoire en 1’54’’60), la Française a terminé 9e en 1’58’’83, signant la meilleure performance européenne de la saison. « Je sens que j’ai les jambes pour faire beaucoup mieux que ça mais j’ai encore peur de la douleur avant de partir, analysait de son côté Lamote. Je suis un peu trop timide en course. Mais je suis sûre que je suis assez costaud pour faire mieux que ça. »

La bonne fatigue de Mayer

Une affirmation qui prévaut également pour Pascal Martinot-Lagarde. Dans l’antre de son record de France, le Français a montré de belles choses (3e en 13’’20, -0,2) mais devra encore faire mieux pour décrocher l’or continental (victoire pour le Russe Shubenkov en 13’’07). « Je suis satisfait de ma performance aujourd’hui, lâchait-il. Car je fais ce chrono en faisant des erreurs. J’ai voulu accrocher le Russe car je sens que je monte en puissance. Et c’est peut-être ça qui m’a fait toucher à la fin. Ca me donne des voies d’amélioration. »

Des limites que le champion du monde du décathlon Kevin Mayer avait l’habitude de repousser à chacune de ses sorties. Mais dans ce même 110 m haies, le décathlète n’a rien pu faire face à l’adversité et une fatigue tenace (8e en 13’’82, à un dixième de son record). « J’ai peut-être dû me stresser mais je n’ai pas été ridicule, avouait Mayer. J’ai fait des fautes que je ne fais pas d’habitudes notamment liées à la fatigue. Je sais que j’ai progressé, je sais que je suis en forme, il n’y a plus qu’à laisser la forme monter. »

Et alors que les triple sauteurs Jean-Marc Pontvianne (6e avec 16,71 m, +1,3) et Harold Correa (7e avec 16,46 m, +0,8), n’ont pas pu profiter d’un concours de feu (victoire pour Christian Taylor avec 17,86 m, +2,1) et que Floria Gueï a bouclé son 400 m en 51’’66 (8e), on retiendra le nouveau record personnel de Solène Ndama sur 100 m haies (13’’01, -0,3). De quoi boucler une soirée où les records sont tombés les uns après les autres. Une bonne habitude monégasque.

Tous les résultats.


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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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