Pierre-Ambroise Bosse

Pierre-Ambroise Bosse n’a pas battu le record de France du 1000 m.

 

Dans un meeting qui a frappé fort pour son retour avec quatre meilleures performances mondiales de l’année, le champion du monde du 800 m Pierre-Ambroise Bosse, un peu court physiquement, n’a pas battu le record de France du 1 000 m qu’il était venu chercher.

En un peu plus de deux heures, Liévin a rattrapé six ans de retard. Six longues années où l’Arena Stade Couvert n’avait plus vu un meeting d’athlétisme de très haut niveau. Voilà l’esclandre rattrapée en une seule soirée, avec pas moins de quatre meilleures performances mondiales de l’année dans un chaudron de 5 000 personnes.

Prise de risque maximum pour Dahmani

Et ce n’est pas un hasard si c’est le demi-fond qui a affolé le chrono. Monté avec un plateau digne d’une Diamond League, le 3 000 m hommes offrait un beau vainqueur en la personne de Selemon Barega. Aux avant-postes tout au long de la course, l’Ethiopien a résisté au retour du champion du monde du 5 000 m Muktar Edris pour s’imposer en 7’36’’64 devant Edris (7’40’’89) et Soufiane El Bakkali (7’41’’88). Une course dans laquelle, Jimmy Gressier avait finalement pris le départ malgré un état grippal depuis plusieurs jours (11e en 8’00’’26). « J’avais un peu les jambes chargées de samedi à Gand, expliquait Gressier. J’ai essayé de prendre des relais derrière, mais je manquais de fraicheur. Mais on était dans la cage aux lions, il fallait essayer de bien figurer. »

Les lions ont ensuite été tous lâchés, que ce soit sur 800 m (victoire de l’inévitable finisher Adam Kszczot en 1’47’’12), ou sur 1 500 m où Ayanleh Souleiman, un temps désireux de courir le 1 000 m réservé à Bosse, a prouvé qu’il avait de grandes jambes ce soir pour s’imposer en 3’35’’39 (meilleure performance mondiale de l’année) devant Abdelaati Iguider (3’35’’79), alors que les Français Samir Dahmani (6e en 3’40’’23) et Simon Denissel (8e en 3’41’’12), se cassaient les dents sur les minima mondiaux. « J’ai pris des gros risques, lâchait Dahmani. Je suis avec les mecs jusqu’aux 1200 m. Mais dans le dernier 100 m le lactique est monté et j’ai perdu plus d’une seconde. Je suis déçu pour les minima. »

Payen et Chapelle tout près des minima

Et alors que Habitam Alemu égalait la meilleure performance mondiale sur 800 m (1’59’’69) et que le triple sauteur Almir Dos Santos améliorait sa propre meilleure marque mondiale avec 17,37 m, les Français Axel Chapelle et Ludovic Payen passaient tout près des minima.

Sur 60 m haies, Payen, a encore élevé son niveau pour s’imposer en 7’’66, à un centième du temps pour Birmingham. « Je suis content car j’ai reproduit un très bon chrono, savourait Payen. J’étais venu pour gagner, c’est ça le plus important. » Pour Chapelle, il ne manque actuellement que trois centimètres pour rejoindre l’Angleterre (5,78 m). Auteur de son meilleur saut de l’année, le Français a terminé deuxième (derrière Chagrui) avec 5,75 m, échouant par trois fois à 5,80 m. « J’ai fait un peu n’importe quoi à l’échauffement. Je me suis échauffé sur 18 foulées arrêtées mais ça n’allait pas donc je suis parti dans le concours avec une course à l’arrache. Je me suis lancé dans l’inconnu. »

Pas de jambes pour Bosse

L’inconnu, Pierre-Ambroise Bosse allait également plonger dedans. Pour sa première course en tant que champion du monde, le Bosse du 800 m s’est imposé mais le chrono (2’20’’01), à trois secondes du record recherché (2’17’’01 par Mehdi Baala), a prouvé que la vérité du mois d’août n’est pas celle du mois de février, ou vice-versa. Bien calé dans la foulée des lièvres Thomas Larchaud et David Verbrugghe, le Français a très vite semblé emprunté (passage en 1’49 au 800 m), avant de terminer le dernier tour comme il a pu, avec des jambes très lourdes, loin de son ultime 300 m londonien (l’espoir Benjamin Robert a terminé 3e en 2’22’’65).

Logique surtout qu’il revient de deux mois de stage aux antipodes et que le décalage horaire, malgré la ferveur nordiste, a bien dû lui peser dans les pattes. « Ce n’est jamais évident les premières courses, expliquait Bosse, qui étudie la possibilité de participer aux Championnats de France ce week-end. L’ambiance a été incroyable mais je n’avais pas des ailes aujourd’hui. J’avais des appuis très lourds, heureusement que le public m’a poussé. C’était une expérience assez incroyable avec un chrono très moyen à la fin. Au plaisir de revenir et en forme la prochaine fois. »

De son aveu même, le Bosse n’en était pas un ce soir. Au contraire du meeting des Hauts-de-France/Pas-de-Calais qui a, en une soirée, retrouvé sa place au sommet des meetings internationaux.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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