Kevin Mayer

Kevin Mayer a une nouvelle fois survolé le triathlon du meeting de Paris.

 

Portés par l’euphorie de la victoire de l’équipe de France de football, les Bleus de l’athlétisme ont brillé ce soir au meeting de Paris à l’image de Jimmy Vicaut sur 100 m ou de Kevin Mayer sur le triathlon. Seule ombre au tableau, la blessure de Christophe Lemaitre.

Pierre-Ambroise Bosse avait prévenu hier en conférence de presse : « l’ambiance du meeting dépendra du résultat de l’équipe de France de football ». Avec un 4-3 incroyable pour la France face à l’Argentine en huitièmes de finale de la Coupe du monde et un festival de Mbappé, l’humeur était à la fête ce soir à Charléty. D’ailleurs le fantasque Bosse s’était collé un dossard 10 sur la cuisse pour s’inspirer de Kylian Mbappé.

Il manque 20 m à Vicaut

Et même si le champion du monde manque encore d’essence, il a réussi le minimum en récoltant les minima européens sur 800 m en 1’45’’19 (7e). « J’ai senti la puissance de Mbappé dans la dernière ligne droite, rigolait-il. Un pote m’a dit juste avant que tu fasses 1’40 ou 1’50 tu ne feras pas la Une semaine. Je lui ai laissé la vedette quelque part. »

On ne retiendra effectivement pas ses 1’45, mais les 9’’91 de son pote Vicaut devrait avoir une place de choix dans les médias. Dans un stade surchauffé, le recordman d’Europe a terminé deuxième du 100 m en 9’’91 (+0,8) derrière l’inévitable Baker (9’’88) mais à moins de deux mois des Championnats d’Europe Vicaut a prouvé qu’il avait les épaules solides. « Je fais 80 mètres hyper bien et sur la fin de course je me bagarre car je suis à côté de Baker et je pars en cycle arrière. C’est dommage. Mais je fais un gros chrono dans une grosse course. » 

Lamote se libère

Une gros chrono dans une grosse course c’est exactement ce qu’a réalisé Rénelle Lamote. En manque de confiance depuis le début de saison après deux années à lutter contre les blessures, la Française s’est accrochée dans une course emmenée sur un train fou par Caster Semenya. La Sud-africaine a évidemment survolé la concurrence en menant de bout en bout (1’54’’25) mais derrière, Rénelle Lamote est repassée sous la fameuse barrière des 2’ en 1’59’’25 (8e), signant par la même occasion les minima pour Berlin. « Je savais que même si je n’étais pas devant, je pouvais faire moins de deux minutes. C’est incroyable ! Là je suis en place pour faire de belles choses aux championnats d’Europe. J’ai gagné en confiance car je sais que ça peut encore descendre le chrono. Je manquais trop de confiance en moi. »

Rénelle Lamote

Rénelle Lamote a réalisé les minima pour les Championnats d’Europe sur 800 m.

 

Des Championnats d’Europe où elle retrouvera sa collègue du soir Claudia Saunders, auteure de son côté de 2’00’’47 (11e) et sûrement Aurel Manga, seul Français rescapé sur 110 m haies ce soir (Martinot-Lagarde et Payen éliminés en série) et auteur des minima en série (13’’31, +0,7) même s’il a été moins à l’aise en finale au couloir 8 (7e en 13’’48). « Ca me va très bien avec un season best, lâchait Manga. C’est bon à prendre. Le premier gros rendez-vous ça sera aux France. »

Denissel grapille des secondes

Le gros rendez-vous pour Kevin Mayer ça sera évidemment à Berlin. Ce soir, comme à son habitude, le Français a fait parler sa classe, claquant un 13’’71 (-0,1) sur 110 m haies, 16,51 m au poids et 7,62 m à la longueur. « Sacrée belle soirée, très forte en émotion et en performance, avouait le champion du monde. J’ai encore des choses à travailler mais quand on vient de faire 7,51 et 13’’71, on se dit où est-ce que ça va aller. J’ai trouvé des intentions simples pour faire de grandes performances. J’ai trouvé ce qu’il fallait comme concentration. »

Et alors que Renaud Lavillenie (3e avec 5,84 m) s’est fait battre  à domicile par la paire Kendricks (5,96 m) et Duplantis (5,90 m), on retiendra la belle course des Français sur 1 500 m. Dans une course partie sur des allures folles (2’20 au 1 km étaient demandés), c’est le Kenyan Timothée Cheruiyot qui s’est imposé en 3’29’’71, alors que Simon Denissel a terminé premier Bleu en 3’36’’88 (12e) juste devant Baptispe Mischler (3’37’’17) et Alexandre Saddedine (3’37’’36) qui signent tous les deux un record personnel. « Je gagne seconde par seconde, lâchait Denissel. C’est ma deuxième perf tout temps. Je n’avais pas bien récupéré de Nancy mais ça descend. Il faut que j’arrive à aller plus vite. Je dois pouvoir améliorer la forme en passant des séances spé. »

Améliorer la forme reste évidemment le lot de tous les internationaux français présents ce soir, sauf peut-être pour Christophe Lemaitre, fauché en plein 100 m B par une douleur à l’ischio-jambier droit et qui voit Berlin s’éloigner. Pour le reste,  à la vue de cette soirée parisienne, l’Allemagne pourrait sourire dans un peu plus d’un mois. Tout comme les choses semblent sentir bon du côté de la Russie.

Tous les résultats.

 


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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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