Marathon de Paris

Jean-Damascene Habarurema a terminé juste devant Nicolas Navarro au Marathon de Paris.

 

Alors que plusieurs internationaux français avaient fait l’impasse sur le rendez-vous parisien, c’est Jean-Damascène Habarurema qui a terminé premier tricolore juste devant Nicolas Navarro et Benjamin Choquert, après être parti avec le lièvre destiné dans un premier temps au clan français.

La course à pied est loin d’être une science exacte – sauf pour Paul Lonyangata vainqueur pour la deuxième année de suite en 2h06’25 – même si on essaie toujours d’en contrôler un maximum avec l’entrainement évidemment mais également avec la présence des lièvres. Pour cette édition 2018, en l’absence notamment des internationaux Hassan Chahdi et Benjamin Malaty – déjà qualifiés pour les Championnats d’Europe de Berlin – le plateau français était moins relevé.

Le lièvre s’est envolé avec Habarurema

Cependant, plusieurs outsiders pour la sélection (2h13’30) étaient dans les rangs avec Jean-Damascène Habarurema, Benjamin Choquert, Nicolas Navarro, Romain Courcières notamment avec un lièvre devant les emmener en 1h06’30 au semi-marathon. Mais la course reste la course et dès le départ Habarurema prenait un tempo rapide (15’01 au 1er 5 km contre 15’45 aux autres Français), emmenant dans sa fougue le lièvre, laissant les autres Français livrés à eux-mêmes. « La course n’aurait pas dû se faire comme-ça, lâchait Benjamin Choquert, meilleur Français lors des Mondiaux de semi il y a deux semaines. Le lièvre est parti devant avec Jean et c’est moi qui ait servi de lièvre. »

En effet, après 10 km, le trou était déjà creusé avec Habarurema (30’31 contre 31’50), alors que Choquert chassait avec quelques mètres derrière lui Navarro et un peu plus loin Romain Courcières et Freddy Guimard. «Jean est parti devant, lâchait Nicolas Navarro. On s’est retrouvés qu’avec Benjamin. Après, je me suis relevé et j’ai attendu Freddy et Romain.»

Navarro revient sur la fin

Toujours lancé sur des bases en-dessous de 2h11 au semi-marathon (1h05’13), Jean-Damascène connaissait un coup de moins bien à partir du 30e kilomètre. « Aujourd’hui je sentais que mon corps réagissait et je l’ai donc poussé sur des allures de 3’00, avouait-il. Mais à un moment donné, Jean-François Pontier (entraineur national) nous a dit de ne pas prendre de risques car on était sur des bases de 2h07. Mais  à partir de la mi-course, le corps ne répondait plus trop. »

 

Benjamin Choquert

Benjamin Choquert était très déçu par la tournure de son premier marathon de Paris.

 

Derrière, la chasse continuait pour Choquert (1h07’14) et Navarro (1h07’22) avant que le deuxième nommé ne recolle au 28e km. Et alors que Habarurema n’était plus dans le rythme, les deux hommes refaisaient leur retard, avant que Navarro ne décroche Choquert à deux kilomètres du but. L’Aixois venait d’ailleurs échouer sur les talons de Habarurema pour la place de premier Français (17e en 2h15’13 contre 18e en 2h15’14), alors que Benjamin Choquert se classait finalement 21e en 2h15’41. « Jean est parti trop vite, lâchait désemparé Benjamin Choquert sur la ligne. S’il prend le risque de partir devant, il n’avait qu’à rester avec les mecs de devant et le lièvre aurait dû redescendre avec nous. Ce n’était pas ce qui était prévu au départ. C’est moi qui me suis retrouvé à faire le train, je vais demander au lièvre sa prime ! Là, il m’a niqué six mois de préparation ! »

Elodie Navarro-Alexandre première Française

Une déception certaine pour Choquert qui visait un chrono en 2h14’30 et que comprenait Habarurema. « On n’a pas vraiment respecté les conditions avec le lièvre, avouait-il. Mais il y avait une harmonie et on s’est entendu jusqu’au 25e. »

Et alors que Nicolas Navarro savourait un nouveau record personnel battu de plus de 2’30 (record également pour Choquert), les autres Français terminaient plus loin à l’image de Julien Masciotra (22e en 2h19’07), Romain Courcières (23e en 2h19’12) et  Paul Lalire (35e en 2h25’26), alors que Freddy Guimard, en pleine préparation pour les Championnats de France de la spécialité dans trois semaines, a abandonné après le 30e km kilomètre

Elodie Alexandre

Elodie Alexandre a terminé première Française.

 

Chez les femmes, en l’absence notamment de Christelle Daunay (présente en spectatrice) – en pleine convalescence – c’est Elodie Navarro-Alexandre qui s’emparait de la place honorifique de première Française  (2h39’41, victoire pour Betsy Saina en 2h22’55) avec l’aide notamment du trailer Romuald De Paepe, lièvre de luxe pour l’occasion.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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