Eliud Kipchoge

Eliud Kipchoge lors de sa tentative Breaking 2 en mai dernier.

 

A la vue du plateau londonien, une nouvelle tentative sur le record du monde du marathon était annoncée aujourd’hui. Cependant, malgré un départ largement sur les bases, les stars du bitume ont laissé filer le chrono. Mais comme presque toujours c’est le Kenyan Eliud Kipchoge qui s’est imposé alors que Mo Farah a échoué sur le record d’Europe de la spécialité.

A force, on commence à avoir l’habitude. Visage impassible, voire  rictus souriant, museau collé dans la foulée des lièvres, les marathons de Eliud Kipchoge s’enchainent et c’est toujours les mêmes images. Surtout, pour la neuvième fois en dix marathons, le Kenyan s’est imposé sur les 42,195 km aujourd’hui à Londres. L’homme le plus rapide du monde sur la distance (2h00’25 lors du Breaking 2, temps non officiel) a une nouvelle fois tenté de courir sur les bases du record du monde, mais comme à Berlin en septembre dernier, le champion olympique 2016 a échoué.

Passage en 1h01’00 au semi-marathon

Pourtant, dès le début, le ton était donné avec un passage en 28’19 au 10e km, puis 1h01’00 au semi-marathon, soit  une belle avance sur le record du monde de Dennis Kimetto (2h02’57 en 2014). Dans cette folie, Kipchoge emmenait notamment les stars Kenenisa Bekele et Mo Farah. Le Britannique, nouveau venu sur la route se permettait même de venir se coller à côté de Kipchoge autour du 25e km. Mais, alors que Bekele avait déjà abdiqué, c’était autour de Farah de subir la loi du Kenyan. Ce dernier s’envolait avec dans sa roue l’Ethiopien Tola Kitata, à qui Kipchoge avait quelques kilomètres plus tôt donné un peu de son ravitaillement.

Et comme à Berlin en septembre dernier, Kipchoge se retrouvait avec un invité surprise sur le porte-bagages (Guye Adola à Berlin). Vainqueur à Francfort en octobre (2h05’50), l’Ethiopien résistait jusqu’au 35e km avant de lâcher prise progressivement. Devant, Kipchoge, visage souriant comme à son habitude triomphait pour la troisième fois dans les rues de Londres en 2h04’27, bien trop fort pour la concurrence malgré un fort soleil.

Farah tout près du record d’Europe

Derrière Kitata bouclait la ligne en 2h05’00 (record personnel), alors que Mo Farah, longtemps sur les bases du record d’Europe du Norvégien Sondre Nordstad (2h05’48) terminait troisième en 2h06’32. Néanmoins, avec un départ très rapide, Farah a démontré qu’il faudra compter avec lui dans les années à venir sur la distance, puisque pour son deuxième marathon, le quadruple champion olympique (5000 et 10000 m) a  battu le record britannique et devrait prochainement faire descendre le record continental.

Derrière lui, on retrouve Abel Kirui (2h07’07), alors que Kenenisa Bekele terminait sixième en 2h08’53.

Vivian Cheruiyot terrasse Keitany

Chez les femmes, la championne olympique du 5 000 m en 2016 Vivian Cheruiyot s’est imposée en 2h18’30, devenant la quatrième meilleure performeuse de l’histoire sur la distance. Partie plus prudemment que Mary Keitany (1h07’16 au semi) et Tirunesh Dibaba (1h07’39), Cheruyiot (1h08’56) n’a presque pas faibli dans la deuxième partie de course. Après avoir doublé Dibaba qui marchait (et qui a abandonné) peu après le 30e km, l’ex-pistarde a littéralement déposé Keitany juste après le 35e km, laissant la deuxième meilleure performeuse de l’histoire seule avec ses douleurs.

Bien emmenée sur les derniers kilomètres par les lièvres, qui avaient passé la majeure partie de la course avec Keitany, la Kenyane Vivian Cheruiyot se permettait même de sprinter dans la dernière ligne droite pour boucler la ligne en 2h18’30, devant Brigid Kosgei (2h20’13) et Tadelesh Bekele 2h21’30), alors que Mary Keitany terminait son calvaire à la cinquième place en 2h24’27.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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