Ludvy Vaillant

Ludvy Vaillant sera l’un des atouts de l’équipe de France lors des Championnats d’Europe.

 

Troisième temps des engagés sur 400 m haies, Ludvy Vaillant sera au départ tout à l’heure des demi-finales des Championnats d’Europe de Berlin. L’occasion pour le Martiniquais d’étaler toute sa classe, lui qui s’annonce comme le futur de l’équipe de France.

Mercredi dernier du côté de l’INSEP. Alors que la chaleur s’abat encore sur la région parisienne, Ludvy Vaillant débarque de Créteil en voiture pour son entrainement. Son coach Jean-Claude Berquier est déjà là, à l’attendre dans les tribunes, la radio de son téléphone en fond sonore.

Une explosion à haut niveau

Calme, comme à son habitude, le spécialiste du 400 m haies se prépare à sa dernière grosse séance en vue des Europe (voir vidéo). Il faut dire que depuis son arrivée en métropole juste avant le meeting d’Hérouville (le 14 juin), le Français ne cesse d’impressionner.

Alors qu’il n’était jamais descendu sous les 49’’, il a enchaîné un 48’’96 à Marseille (16 juin), un 48’’95 à Montreuil (19 juin) et un 48’’76 aux Jeux Méditerranéens de Taragone (29 juin), tout en décrochant de façon clinique son premier titre de champion de France Elite. « Ca fait partie de l’ordre logique des choses, juge-t-il. Avant de partir en métropole, on a mis en place des séances colossales. On savait qu’à mon arrivée en métropole, les chronos allaient descendre avec l’adrénaline, les adversaires. Il fallait juste pouvoir mettre en place le bon plan de course. »

Habitué à courir avec Warholm

Son plan, le Français l’a bien concocté chez lui aux Antilles durant plusieurs mois, malgré un emploi du temps chargé avec ses études de kinésithérapie qu’il mène en parallèle. Et d’ailleurs, il a même réussi à surprendre son coach. « Je savais qu’il avait un fort potentiel mais je suis quand même surpris de voir sa progression vertigineuse au niveau international, avoue Jean-Claude Berquier. Actuellement, il est troisième Européens. Maintenant le challenge est de maintenir son rang, voire de l’améliorer. »

C’est donc avec le podium en tête qu’il est venu à Berlin. « Le podium est une motivation supplémentaire. On va tout faire pour. Le but est aussi d’engranger de l’expérience. L’année dernière, j’ai fait 3e aux Europe espoirs avec déjà Karsten Warholm dans ma course (qui, avant de devenir champion du monde à Londres, avait réalisé le doublé 400 m – 400 m haies aux Europe espoirs). Je sais donc à quoi m’attendre. »

Défenseur des Antilles

Comme il sait qu’il ne changera pas sa façon de fonctionner, quel que soit le résultat en Allemagne. Très attaché à son île de Martinique, Vaillant n’est pas attiré par les sirènes de la métropole, qui devraient lui revenir aux oreilles dans les prochaines semaines. « On est bien aux Antilles que ce soit Wilhem (Belocian) ou moi. On l’a démontré avec nos performances. J’ai aussi envie de prendre l’exemple de Christophe Lemaitre qui a fait le choix de rester à Aix-les-Bains. Finalement, ç’a toujours marché pour lui car il a son cocon, son environnement. S’il a réussi à Aix-les-Bains, même si c’est en métropole, pourquoi nous on ne réussirait pas aux Antilles ? C’est aussi la volonté de montrer aux Antillais qu’on n’est pas obligés de partir en métropole pour perfer.»

D’ailleurs, quand il vient à Paris, il garde des repères à lui, puisqu’il loge dans l’appartement de sa tante à Créteil. « J’ai fait le choix de vivre chez ma tante durant ma période en métropole. Je me sens plus autonome, plus à mon aise. C’est comme si j’étais dans mon studio en Martinique. »

La Martinique la mer en moins, mais un bon tremplin vers le podium continental. Son entraineur est en tout cas confiant. « C’est un fonceur, renchérit Berquier. Il a de la volonté. De toute façon, un hurdleur, s’il n’a pas de volonté, ce n’est pas la peine. Car c’est un obstacle à franchir et il faut y aller. Si on se pose des questions c’est mort. Il a cette qualité. Et en plus, il n’aime pas perdre. »

Dès ce soir (en demi-finale), le Français a donc l’occasion de montrer tout le bien qu’on pense de lui et de peut-être devenir le nouvel atout Bleu.


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