Leila Boufaarirane

Leila Boufaarirane a réalisé une belle saison en abaissant son record sur 800 m à 2’02.

 

Etoile montante du 800 m en 2009, Leila Boufaarirane (26 ans) avait progressivement disparu des pistes, avant de faire un retour remarqué cette saison avec deux sélections en équipe de France et un record porté à 2’02’’55. Le fruit d’une vie où elle a enfin posé ses valises et trouvé une stabilité dans le groupe de Laurent Manneveau du côté de la SCO Sainte-Marguerite à Marseille. Portrait.

En terminant sixième de la Coupe du Monde par équipes de Londres le 15 juillet dernier (2’06’’06), Leila Boufaarirane a mis fin à une saison à rallonge, où elle a enchainé 22 compétitions, soit autant que lors des six dernières années. C’est d’ailleurs avec un grand sourire qu’elle rêvait de vacances au soir des France Elite d’Albi (4e Française).

Internationale juniors en 2009

Un sourire qui reflétait également un sacré chemin parcouru par cette Agenaise, promis à un bel avenir, avant de se perdre dans le grand théâtre de la vie. Auréolée d’une sélection internationale aux Championnats d’Europe juniors en 2009 (record à 2’08’’80 à 17 ans), Boufaarirane quitte son Sud-ouest natal pour rejoindre Pascal Machat à Amiens, signant le début d’un long périple. « Je suis montée à Amiens après mon BAC. Ca ne s’est pas bien passée, je n’ai pas supporté l’éloignement. C’a été trop brutal, c’était trop différent de mon petit cocon. J’étais un peu désorientée. J’ai donc arrêté quelques mois l’athlétisme et j’ai repris l’entrainement à Bordeaux avec Patricia Djaté-Taillard. »

S’en suit trois saisons avec des « péripéties » comme elle dit avec néanmoins une deuxième place aux France espoirs en 2011 et un chrono abaissé à 2’06’’93, avant un nouveau virage en 2014. « A Bordeaux ça se passait très bien avec Patricia mais personnellement il y avait des complications. Du coup, j’ai arrêté et je suis partie du jour au lendemain à Londres en tant que jeune fille au paire. J’ai voulu changer d’air. C’était une super expérience ! »

Fille au paire à Londres

Une expérience loin des pistes avant que la passion ne la ramène pour une saison (2014-2015) du côté d’Istres avec Roger Milhau. « Je me suis cherchée. J’avais besoin de savoir comment ça se passait ailleurs. » Mais le feu ne revient pas malgré un 2’06’’79 au détour d’une sortie en salle. « Quand j’ai repris l’athlé à Istres, je n’étais pas stable, je ne travaillais pas, je ne faisais que ça. Ca me montait à la tête. Ca ne me convenait pas car c’était dans l’extrême en terme d’investissement. Ce n’était pas le but. Du coup j’ai encore arrêté. »

Un arrêt qui semble d’ailleurs définitif : elle ne chausse plus ses baskets pendant deux ans. « Je n’étais plus là, je n’étais plus du tout sur le circuit, explique-t-elle. J’avais besoin de temps pour mettre en place ma vie personnelle et professionnelle »

Pas de course à pied pendant deux ans

Une fois installée à Marseille, où elle exerce le métier d’évaluatrice sociale, l’envie revient, encore. Et c’est sur le conseil d’un ami qu’elle se présente en septembre dernier à l’entrainement de la SCO Sainte-Marguerite. « J’avais une vie plutôt stable et je me suis donc dit : « pourquoi pas boucler la boucle de l’athlétisme ? » J’avais toujours une petite frustration de ne pas être allée au bout de mes possibilités et un ami m’a dit de venir voir à la SCO où il y avait un super groupe. Finalement ça s’est bien passé et j’ai très vite accroché avec Laurent (Manneveau). »

Le moteur Boufaarirane se remet alors en route avec pour le débrider des 400 m en salle, avant un retour remarqué dès le 10 mai à Aubagne avec un record personnel en 2’04’’97, bien emmenée par sa coéquipière et spécialiste du 1 500 m Elodie Normand. « Au début, c’a été très compliqué, surtout que je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie dans un groupe. Je n’avais pas l’habitude de courir avec des gens, de m’adapter aux autres. Mais finalement, je me suis bien adaptée et c’est génial. Là, j’adore. Je suis très contente d’avoir rencontré Laurent, le groupe et les gens de la SCO. »

Les JO de Tokyo dans le viseur

Un épanouissement qu’elle a étrenné sur tous les stades où elle est passée cet été avec deux sélections en Bleu (Jeux méditerranéens et World Cup) et un chrono de 2’02’’55, avec moins d’un an d’entrainement dans les jambes. De quoi voir plus loin. « On voyait à l’entrainement qu’il y avait un potentiel important. Mais je n’arrivais pas à l’exploiter. Etait-ce dû à mon manque de stabilité de l’époque qui m’empêchait de concrétiser ? Là, a priori, ç’a l’air d’aller, ça commence à perfer. Il faut que je sois patiente et que je me laisse au moins deux ans pour aller au bout. »

« Au bout » ce sont les Jeux olympiques de Tokyo (2020) qu’elle définit comme « un objectif ». De toute façon, la Française ne court que pour ça. « Moi c’est l’athlétisme en compétition ou rien. Mentalement je ne peux pas courir juste pour courir. Il me faut des objectifs. »

Un très beau lui tend les bras, on devrait donc la voir encore un peu sur les stades.


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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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