Rouguy Diallo

Rouguy Diallo a terminé deuxième du meeting de l’Eure avec 14,22 m.

La championne du monde juniors 2014 du triple saut a fait un retour au premier plan ce week-end lors du meeting de l’Eure en battant son record personnel avec 14,22 m. Une barre symbolique des 14 m qu’elle n’avait plus franchie depuis deux ans, entre blessures, virus et retours difficiles à la compétition. Installée depuis la rentrée à Reims avec son groupe dirigé par Teddy Tamgho, l’athlète, qui aura bientôt 23 ans, semble en pleine plénitude, de quoi présager des rebonds encore plus lointains. Rencontre.

Voilà un saut qui a dû créer une joie intérieure dans le corps de Teddy Tamgho. Un triple saut, plus exactement, qui a fait atterrir Rouguy Diallo au-delà des 14 m (14,22 m) ce samedi lors du meeting de l’Eure. De quoi effacer, en quelques secondes, plusieurs mois de galère pour la championne du monde juniors 2014.

Un retour au-delà des 14 m

D’ailleurs, depuis son titre planétaire d’Eugène (Etats-Unis), la Française n’avait plus beaucoup dépassé la barrière des 14 m (14,44 avec +3,3 lors de son titre), puisque c’était il y a deux ans, lors des Championnats de France Elite en salle (14,16 m).

Depuis, la pépite du saut français, façonnée depuis ses premières prouesses par le champion du monde 2013 Teddy Tamgho n’avait plus fait parler son talent, malgré une participation aux Championnats d’Europe seniors à 21 ans (2016) et une médaille de bronze cet été aux Championnats d’Europe espoirs (13,99 avec +3,7).

Touchée par le paludisme

Les blessures, dont une déchirure aux ischio-jambiers en décembre 2016 et des retours compliqués à la compétition, lui avaient fait perdre ses repères. D’ailleurs, cet été, alors qu’on lui détecte le paludisme à son retour de vacances dans son pays d’origine en Guinée, on aurait pu penser qu’une galère de plus lui tombait sur la tête. Mais, malgré une semaine d’hôpital, l’épreuve a été finalement bénéfique. « J’étais vraiment au plus bas, glisse-t-elle. Mais j’ai perdu six kilos en une semaine. Il me fallait cette perte de poids car ça faisait des années que j’essayais de les perdre. Donc, finalement, ç’a été un mal pour un bien, même si ç’a été très dur. »

De retour à l’entrainement à la fin octobre, Rouguy Diallo a retrouvé progressivement ses facultés physiques et tout s’est enchainé. « Mon corps va mieux. Je me sens bien dans ma peau, tout va mieux ! Maintenant, je fais attention à ne pas reprendre de poids. »

Les péripéties d’une carrière

D’ailleurs, dès la fin du meeting, elle a demandé à reporter l’interview de quelques minutes pour effectuer un footing de récupération, prouvant son investissement total. De quoi également récompenser le travail entrepris depuis plusieurs saisons avec son entraineur Teddy Tamgho. « Ce concours reflète tout ce qu’on a mis en place ces derniers temps pour Rouguy, explique Tamgho. On a structuré tout le groupe (basé à Reims avec notamment Melvin Raffin et Martin Lamou) et c’est ce dont Rouguy avait besoin pour progresser. On a une structure qu’on met en place depuis deux ans où on fait appel à des psychologues, à des biomécaniciens qui viennent aider mon travail. Et je pense que ça lui a redonné confiance. »

Une confiance qui s’était perdue lors des derniers mois. « Ces dernières années ont été très dures, avoue-t-elle. Entre les gens qui parlent et le doute intérieur qui s’est installé. Mais je n’ai jamais lâché car je sais de quoi je suis capable. » Des aléas d’une carrière de sportif que connaît parfaitement Tamgho, adepte des retours fracassants après de grosses blessures. « Les péripéties font partie de l’aventure qu’on a avec un athlète, explique-t-il. Ca fait partie du jeu mais c’est ce qui donne du charme à une carrière. Maintenant, le fait de repartir de plus belle, est, pour elle, à la fois une joie mais aussi un encouragement pour le futur. Elle est revenue dans le game !»

De retour dans le game

Troisième mondiale à la fin du week-end, Rouguy Diallo peut en effet aborder la suite de sa saison avec envie. « Je ne me pose plus de questions, livre-t-elle. Je veux battre mon record à chaque compétition. Je ne me fixe pas de limite. »

Autant dire que les 8 cm qui la séparent pour l’heure des Mondiaux de Birmingham semblent à sa portée. « Je sais qu’elle peut sauter beaucoup plus loin, juge Tamgho. Surtout avec une rentrée pareille (elle avait déjà sauté à Madrid le 14 janvier avec 13,47 m). Elle a pas mal de marge. A nous de continuer sur ce qu’on fait. »

Guidée par le champion (2010) et recordman du monde du triple saut en salle (17,92 m en 2011), Diallo n’a plus qu’à se laisser aller. « Cette année, l’effervescence du groupe nous porte ! Il n’y a que du bon ! Ca va être une très bonne année c’est sûr ! »

L’hiver est en effet bien lancé. Et en attendant les Championnats de France Elite de Liévin où, comme le souhaite Teddy Tamgho, son athlète pourrait croiser Jeanine Assani-Issouf – « pour refaire le beau duel de 2016 » – Rouguy Diallo sera engagée au meeting de Metz pour rebondir encore plus loin.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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