France Elite en salle

Aurel Manga a remporté les France Elite en salle sur 60 m haies devant Pascal Martinot-Lagarde.

 

Alors qu’Aurel Manga a résisté au retour de Pascal Martinot-Lagarde sur 60 m haies, Marvin René a éclipsé Christophe Lemaitre sur 60 m lors de la première journée des Championnats de France Elite de Liévin. A retenir également : la tentative de record de France de Ninon Guillon-Romarin.

Comme d’habitude aux Championnats de France, les haies courtes masculines ont offert un spectacle de classe mondiale aujourd’hui à l’Arena Stade Couvert de Liévin. Au casting du jour, un international sûr de lui (Aurel Manga), un revenant aux dents très longues (Pascal Martinot-Lagarde, voir article) et le meilleur performeur de l’hiver (Simon Krauss).

Krauss proche de la chute en série

Mais dès les séries, Martinot-Lagarde prouvait qu’en une seule course, on pouvait se qualifier pour les Mondiaux (7’’59). Un message envoyé à Manga qui répondait dans la minute avec un chrono canon (7’’55), alors que Krauss quittait la piste en boitant après une grosse faute sur la dernière haie. Deux heures plus tard, ils n’étaient donc plus que deux à pouvoir jouer le titre. Aux coudes à coudes sur les 60 m de courses, c’est finalement Manga qui coupait la ligne un centième devant Martinot-Lagarde (7’’53 contre 7’’54). « Ce n’est rien un centième mais c’est une victoire, lâchait Manga. C’est ce que je retiens aujourd’hui. On ne prépare pas l’hiver mais quand on décide de courir c’est qu’on est prêt. »

Au contraire de Martinot-Lagarde qui reprenait aujourd’hui la compétition. « Je suis content car l’objectif était de faire partie de l’équipe de France. Ce n’était pas fait d’avance. »

Lemaitre seulement sixième

Un objectif après lequel courait également Marvin René. Opposé notamment à Christophe Lemaitre, le sprinteur de la SCO Sainte Marguerite s’est offert le scalp de la star du sprint pour s’imposer en 6’’65, restant en retrait des minima français pour les Mondiaux mais s’offrant un doublé avec son pote d’entrainement Mickaël Meba Zézé (6’’68), suffisant à son bonheur. « Je me suis blessé en série. En finale, j’ai pris un mauvais départ, après j’ai tenté le tout pour le tout. C’est incroyable. Et en plus on a fait le doublé avec Mickaël. Je suis heureux. Je ne sais pas quoi dire. »

Tout comme les spectateurs voyant le médaillé olympique du 200 m Christophe Lemaitre n’apparaître qu’à la sixième place en 6’’73. « Je ne comprends pas ce qui s’est passé aujourd’hui, dès les séries je n’étais pas dedans, j’étais très fatigué, avouait Lemaitre. Maintenant, on va se tourner vers le 200 m mais j’ai hâte que ces championnats soient finis pour reprendre la préparation estivale. » Alors que chez les femmes, derrière l’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, c’est sans surprise Carolle Zahi qui décrochait le titre (7’’16 contre 7’’17).

Tentative de record de France pour Guillon-Romarin

Pour le reste, on retiendra que Ninon Guillon-Romarin s’est attaquée pour la troisième fois de la saison au record de France qu’elle co-détient avec 4,71 m. Et malgré un troisième essai presque parfait à 4,72 m, la barre est retombée, repoussant un probable record à plus tard (1ere avec 4,60 m). « J’ai gagné en régularité cette saison, j’ai fait beaucoup de compétitions qui m’ont permises de me caler techniquement, se satisfait Guillon-Romarin. Je fais un très bon concours aujourd’hui, ce qui prouve que je suis arrivée en forme au bon moment. Il ne manque rien pour le record de France, mais ce n’est pas grave. C’est bien d’avoir des sauts qui frustrent, c’est bien pour la suite de la saison. »

Ninon Guillon-Romarin

Ninon Guillon-Romarin a échoué par trois fois sur son propre record de France.

 

A la hauteur, on a longtemps cru que Coralie Arcuby allait réaliser la belle affaire de ce championnat de France : franchissant toutes ses barres au premier essai, l’heptathlète améliorait largement sa meilleure performance de la saison pour égaler son record personnel à 1,83 m, sans encombre. Mais c’était sans compter sur Marine Vallet et Solene Gicquel, qui allaient toutes deux puiser dans leur mental pour franchir au dernier essai 1,85 m, alors que l’Amiénoise échouait par trois fois à cette hauteur. « Coralie nous a poussées dans nos retranchements, ce n’est pas celle qu’on attendait le plus. 1,85 m, c’était la meilleure performance de la saison, donc on était toutes les deux motivées à franchir cette barre. »

Marine Vallet, bête de compétition

Toujours capable de hausser son niveau en championnat, Marine Vallet franchissait finalement 1,87 m au deuxième essai, à un centimètre de son record personnel (plein air), pour conserver son titre de championne de France en salle, après des mois difficiles « Ce titre c’est une revanche, je suis très fière d’être parvenue à remonter la pente, c’est de bon augure pour cet été. »

Des ambitions pour cet été, Ilionis Guillaume en a également. Régulière, l’athlète de Teddy Tamgho s’est finalement envolée à 14,07 m au dernier essai, devançant d’un centimètre la cador Jeanine Assani-Issouf (2e avec 14,06 m), en tête depuis le début du concours. « Je savais que j’avais les 14 m dans les jambes, expliquait la championne de France. Ça faisait longtemps que j’attendais cette performance, le premier mot qui m’est venu c’est « enfin ». Avant le dernier essai, mon coach m’a dit de reproduire ce que j’avais fait au cinquième saut et que ça passerait. Ç’a été le déclic, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Maintenant, je souhaiterais m’approcher des minima pour les mondiaux ». Sa collègue d’entrainement Rouguy Diallo venait justement chercher les minima après une saison prometteuse mais, après trois essais mordus, elle quittait le concours prématurément.

Claire Perraux et Elodie Normand collectionnent les titres

Alors qu’en demi-fond les deux premiers titres de ces Championnats de France ont atterri dans l’escarcelle d’habituées. Sur 3 000 m, Claire Perraux a ajouté un titre qu’elle ne détenait pas encore. Imprimant son rythme dès les premiers mètres, elle franchissait la ligne en 9’15’’22, devançant de plus de 10 secondes ses dauphines Fanny Pruvost (9’27’’34) et Mélanie Doutart (9’29’’40). « Je fais un bon chrono en restant à l’aise, ça confirme la forme, maintenant on va aller chercher quelque chose par équipe sur cross court. »

Un cross court sur lequel lorgnera également Elodie Normand, vainqueure du 1 500 m après avoir résisté aux assauts de Ophélie Claude-Boxberger dans le dernier tour (4’18’’00 contre 4’18’’13).

Enfin, au poids, Jessica Cérival a remporté un nouveau titre de championne de France (16,47 m), tout comme Gaëtan Bucki, victorieux chez les hommes en l’absence de Frédéric Dagée (18,80 m). Alors qu’à la longueur, Guillaume Victorin (7,65 m) a surpris Jean-Pierre Bertrand (finalement 3e avec 7,56 m) pour remporter le titre de champion de France.

Kévin Mayer fatigué

En grande forme depuis le début de la saison, le champion du monde du décathlon Kévin Mayer a connu un coup de moins bien aujourd’hui (6’’99 au 60 m et 6,80 m à la longueur). « Je n’avais pas de sensations aujourd’hui, je suis trop fatigué par ces dernières semaines, avec beaucoup de voyages, et de compétitions. Je savais que le coup de fatigue allait arriver. Sur 60 m j’ai réussi à faire moins de 7’’ malgré un mauvais départ, ce qui est très intéressant mais à la longueur la moindre fatigue empêche de bien faire. Ça montre que je ne suis pas inhumain, comme on le dit toujours. Je ne suis jamais en forme dix jours avant les grands championnats. Je ne m’inquiète pas, je n’ai plus qu’à me reposer jusqu’aux mondiaux.»

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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