Kafétien Gomis

Kafétien Gomis a réalisé les minima pour les Championnats d’Europe à la longueur.

 

Les mangeurs de médailles comme Mahiedine Mekhissi et Renaud Lavillenie se sont offert un beau dimanche à Albi alors que la nouvelle génération à l’image d’Alexis Miellet sur 1 500 m et de Ludvy Vaillant montre déjà les dents.

Pour qu’une équipe fonctionne il faut de l’expérience et la fougue de la jeunesse. Avec ce que l’on a vu encore aujourd’hui aux Championnats de France Elite, on peut dire que l’équipe de France d’athlétisme est bien armée.

Mekhissi en patron

Evidemment, les collectionneurs de médailles étaient au rendez-vous dont les deux plus gros gloutons, Renaud Lavillenie et Mahiedine Mekhissi. Le premier nommé, bandé comme une momie au début du concours pour rafraichir ses jambes, s’est imposé pour la huitième fois aux France Elite en plein air avec 5,80 m.

Le second semblait avoir retrouvé du jus en démarrant à 400 m de la ligne sur le 3 000 m steeple pour cueillir un sixième titre de champion de France (8’33’’59, devant Djilali Bedrani 8’35’’27 et Yoann Kowal 8’35’’71), dix ans après le premier déjà à Albi. « C’était une obligation d’être là, il y a les meilleurs européens avec Kowal et Bedrani, lâchait le triple médaillé olympique qui a souhaité offrir son maillot à la foule. C’était un vrai test en vue des Europe. Je souhaite toujours doubler 3 000 m steeple et 5 000 m mais je veux avant tout conserver mon titre de champion d’Europe. »

Bosse pensait au record de France

Evidemment, les inépuisables Jessica Cerival et Mickaël Hanany ont raflé un énième titre national en plein air (8 au poids pour Cerival et 12 pour Hanany à la hauteur), alors que Kafétien Gomis a prouvé qu’il fallait encore compter sur lui. Déjà en tête après le cinquième essai, le Lillois a décroché son ticket pour les Europe lors de son sixième bond avec 8,13 m (+0,8). « J’ai fait ce que j’étais venu chercher : les minima et le titre, lançait-il. Je suis content de prouver aux gens que je suis encore là, personne ne me mettra à la retraite avant que je ne l’ai décidé. »

La retraite, Pierre-Ambroise Bosse n’y pense évidemment pas. Au contraire, comme il l’avouait, peut-être en bluffant, le champion du monde voulait tenter le record de France du 800 m… Une bonne blague de zone mixte puisque après un départ presque suicidaire, le magicien a connu un coup de mou dans les derniers 150 m pour terminer deuxième mais premier Français (1’46’’21 contre 1’46’’66) derrière le Kenyan Kirongo, également deuxième du 1 500 m. « J’ai voulu battre le record de France, ç’a tenu 700 mètres. Ca annonce une bonne fin de saison en général, je suis en train de déboucher les tuyaux, c’est pas mal. C’est dur de se faire battre sur la fin mais c’est comme ça, je suis champion de France, c’est le principal. Il faut savoir jouer ! »

Zeze et Zahi déroulent

Un jeu avec le vent qui n’a pas souri aux sprinteurs aujourd’hui, pourtant impressionnants. Carolle Zahi (22’’92, +3,6) ne verra pas son temps validé sur 200 m, tout comme Mickaël Zeze, auteur des minima européens mais avec trop de vent (20’’33, +3,2). « Ça fait plaisir de faire le doublé, avouait Zahi. Je fais surtout le 200 pour m’aider sur les fins de course sur 100 m. C’était un bon pari, il y a trop de vent malheureusement mais si j’en ai la possibilité j’aimerais faire le doublé 100-200 aux Europe. »

Jeanine Assani-Issouf

Jeanine Assani-Issouf s’est envolé à 14,43 m en finale du triple saut.

Pour le reste, les jeunes ont pris le pouvoir. Sur 1 500 m, Alexis Miellet a tout simplement était impressionnant, débouchant au 120 m pour venir cueillir son premier titre chez les Elite, avec une célébration made in Fortnite. « Ce sont mes premiers championnats de France Elite, je suis très heureux de gagner, j’étais déjà à 100 % de victoires chez les jeunes et je continue ici la belle série. Les courses tactiques c’est ce que j’apprécie particulièrement. En 2’37 au mille, je peux vraiment exprimer mes qualités de vitesse. »

Miellet en mode Fortnite

Au triple saut, Jeanine Assani-Issouf s’est imposée avec un nouveau record personnel à la clé (14,43 m, +0,4). « Je prends confiance en moi, maintenant je sais que j’ai les jambes donc il n’y a plus qu’à. Mon seul objectif pour le moment c’est d’aller en finale aux Europe, une fois en finale on pourra lâcher les chevaux et je sais que je peux aller loin. » De son côté, Ludvy Vaillant a fait parler sa classe pour ouvrir son compteur au niveau national sur 400 m haies (victoire en 49’’04). « Je suis satisfait, c’était un des objectifs de la saison. Je n’étais pas venu pour le chrono mais vraiment pour le titre. C’était une bonne répétition pour Berlin dans l’enchainement des courses. »

Berlin, Alexandra Tavernier et Quentin Bigot y pensent également. Auteurs aujourd’hui de performances de niveau mondial (73,72 m pour Tavernier et 74,23 m pour Bigot), ils feront partie des chances de médailles dans un mois en Allemagne. Et avec ce que l’on a vu sur ce week-end, il semblerait que l’équipe de France, faite de « vieux » et de jeunes, soit performante.


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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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