Championnats du Monde en salle

Kévin Mayer et Renaud Lavillenie seront les deux grandes chances de titre aux Championnats du Monde en salle.

 

Malgré une délégation réduite de dix athlètes, la France se présente à Birmingham avec des atouts forts pour l’or avec Kevin Mayer (heptathlon) et Renaud Lavillenie (perche) alors que les hurdleurs Manga et Martinot-Lagarde, voire Eloyse Lesueur à la longueur, peuvent envisager le podium. Revue d’effectif.

Depuis la première édition des Championnats du Monde en salle en 1985 (Paris), l’équipe de France a ramené 42 médailles, soit  entre 2 et 3 breloques par édition. Une moyenne qu’elle avait dépassée il y a deux ans à Portland (4 médailles, l’or pour Lavillenie, l’argent pour Martinot-Lagarde, le bronze pour Bascou et Compaoré) et qu’elle pourrait de nouveau approcher cette année à Birmingham.

Voie royale pour Mayer

En effet, malgré une petite délégation de dix athlètes (voir ci-dessous), les Bleus peuvent se reposer sur de solides fondations avec dans leur rang trois champion du monde (Mayer, Lavillenie, Lesueur) et un multiple médaillé planétaire en salle (Martinot-Lagarde).

Champion du monde du décathlon cet été à Londres, Kévin Mayer est sans contestation la plus grande chance de médaille d’or. Libre de l’ogre Eaton depuis Rio, le Français vient d’enchainer un titre européen en salle avec un record d’Europe à la clé de l’heptathlon (6 479 pts) et un titre planétaire en plein air. Personne ne semble en mesure de lui contester la victoire même si, comme il aime le rappeler, les épreuves combinées regorgent de piège qu’il faut être capable d’éviter pendant deux jours. Néanmoins, après deux nouveaux records au 60 m haies (7’’79) et à la perche (5,60 m), Mayer semble avoir une marge sur ses principaux adversaires, dont l’Américain Zach Ziemek (6 043 pts cet hiver), l’Estonien Marcel Uibo (6 039 pts cet hiver) ou le Canadien Damian Warner. « Je ne me suis jamais senti aussi fort », avait-il lâché après le meeting de Paris indoor (voir article).

Surtout qu’il pourra compter sur un allier de choix en la personne de Ruben Gado, autre Français engagé, qui, à la vue de ses 6 014 points (5e perf des engagés), devrait pouvoir viser une belle place au classement. « Je sais que je peux être dans la bagarre, nous avait-il livré lors de notre récent entretien. Je vais me donner les moyens pour rester au contact avec les mecs le plus longtemps possible. »

Du beau monde face à Lavillenie

Pour Renaud Lavillenie, ce sont les autres qui depuis dix ans essaient de rester à son contact. De nouveau en pleine maîtrise après une saison 2017 perturbée par les blessures, le recordman du monde se présente avec toutes les armes pour décrocher un troisième titre de champion du monde en salle (2012 et 2016). Auteur ce week-end de 5,93 m lors du concours historique qu’il a lui-même organisé (voir article), le Français aura pourtant fort à faire pour résister à la concurrence. « Il y en a un pour moi qui sort du lot c’est Piotr Lisek (5,91 m cet hiver), nous avait-il avoué une semaine avant le All Star Perche. C’est le plus régulier. Si je devais sortir des favoris, Lisek en fait forcément partie mais après, on ne peut pas enterrer Sam Kendricks. Parce qu’il sort d’une grosse saison et que sur un concours ça peut sortir haut. Il y a nous trois et ensuite, il y a de vrais outsiders. »

Lavillenie avait vu juste puisque l’Américain, champion du monde 2017, vient de s’envoler à ses côtés à Clermont à 5,93 m. Et derrière, les outsiders sont nombreux car ils sont cinq à avoir franchi 5,88 m ou plus cet hiver dont le Français Axel Chapelle qui aura une carte à jouer.

Martinot-Lagarde toujours médaillé

Une carte, les hurdleurs Aurel Manga et Pascal Martinot-Lagarde en auront également une en main sur le 60 m haies. Le premier cité sort d’un hiver solide avec le titre de champion de France et 7’’53 au compteur (record personnel), de quoi faire le plein de confiance (voir article). Le second est un phoenix qui renait de ses blessures. Tout près du forfait suite à un pépin à l’ischio-jambier au début de l’hiver (voir article), Pascal Martinot-Lagarde a surgi aux France, pour, en deux courses, valider son ticket et placer le curseur à un bon niveau (7’’54). « Le principal a été assuré aux France, lâchait-il à Liévin. Maintenant je suis content car il me reste du temps pour travailler jusqu’aux Mondiaux. »

Avec trois semaines d’entrainement supplémentaires, celui qui est toujours revenu médaillé de ces championnats internationaux en salle (6 médailles dont trois aux Mondiaux, double vice-champion du monde en titre) peut se présenter au niveau des meilleurs dont les Américains Jarret Eaton et Aries Merritt (7’’43 et 7’’46 cet hiver) ou du champion olympique du 110 m haies Omar McLeod (7’’46).

Lesueur championne du monde en 2014

Enfin, Eloyse Lesueur-Aymonin, de retour après plusieurs saisons gâchées par les blessures, pourrait créer la surprise. Championne du monde en salle de la longueur en 2014, celle qui est revenue s’entrainer avec Renaud Longuèvre depuis le début de saison (voir article) possède l’expérience des grands rendez-vous. Et le bilan mondial (elle a la 7e performance des engagées avec 6,69 m), laisse penser que dans un bon jour, le podium est envisageable.

Pour les autres, une place de finaliste sera déjà un bon résultat que ce soit pour Carolle Zahi sur 60 m (qui n’a jamais passé les séries dans un grand championnat), Antoinette Nana Djimou au pentahlon et Ninon Guillon-Romarin à la perche. Auteure d’un nouveau record de France ce week-end à Clermont-Ferrand (4,72 m), la perchiste arrive tout de même dans la forme de sa vie mais le top niveau mondial est encore un cran au-dessus (4,91 m cet hiver pour Katie Nageotte) et comme elle le dit elle-même, elle devra battre à nouveau le record de France si elle veut rêver d’une médaille.

Planning des Français

Heptathlon avec Kévin Mayer et Ruben Gado : vendredi 2 mars (et samedi 3 mars) à partir de 11h00.

60 m avec Carolle Zahi : vendredi 2 mars : séries à 11H35 / demi-finales à 19h50 / finale à 22h38.

Pentathlon avec Antoinette Nana Djimou : vendredi 2 mars à partir de 11h18.

60 m haies avec Aurel Manga et Pascal Martinot-Lagarde : Samedi 3 mars : séries à 19h30 / Dimanche 4 mars : demi-finales à 16h05 / finale à 18h00.

Perche avec Ninon Guillon-Romarin : Samedi 3 mars : finale à 19h00.

Longueur avec Eloyse Lesueur-Aymonin : Dimanche 4 mars : finale à 16h27.

Perche avec Renaud Lavillenie et Axel Chapelle : Dimanche 4 mars : finale à 16h00.

Diffusion sur France O

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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