Pierre-Ambroise Bosse

Pierre-Ambroise Bosse a terminé troisième du 800 m.

 

Même si l’or n’est pas venu récompenser les efforts des Bleus, l’équipe de France a réalisé une belle soirée à Berlin avec la médaille d’argent du relais 4×400 m féminin et les médailles de bronze de Morhad Amdouni sur 5 000 m et de Pierre-Ambroise Bosse sur 800 m.

« Ce soir il y a trois bonnes nouvelles ! », lâchait un Pierre-Ambroise Bosse tout sourire en zone mixte. A ce moment-là, le champion du monde en titre du 800 m était sorti de l’arène, battu notamment par son meilleur ennemi Adam Kszczot, et Morhad Amdouni venait de compléter sa collection allemande avec du bronze sur 5 000 m. Son troisième plaisir était qu’il n’avait pas été aux toilettes avant la course et qu’il allait pouvoir satisfaire rapidement à son contrôle anti-dopage.

Bosse battu par plus fort

Mais pour la délégation française la troisième bonne nouvelle était l’argent du relais 4×400 m féminin. Et même si l’or n’a pas souri ce soir, ce relais était à l’image de la soirée, où des Français, sûrement moins forts que leurs adversaires, ont su faire avec leurs armes pour monter sur la boite.

L’exemple type était Pierre-Ambroise Bosse. Se voulant outsider, le Français l’était vraiment. Moins fort que le Polonais Kszczot et le Suédois Kramer, le champion du monde a tenté un coup, qui n’a cette fois pas marché. Bien calé dans le peloton jusqu’à la cloche, il déclenchait alors un mouvement qui faisait vaciller son rival.  « J’ai vu que Adam était bloqué à la cloche et je l’ai donc attaqué. Ce n’était pas un coup de bluff, c’est un truc qui a failli payer. »

En tête jusqu’aux 120 m, le Français voyait alors la voiture-balai polonaise le ramasser (Victoire pour Kszcot en 1’44’’59) avant que Kramer (2e en 1’45’’03), futur crack, ne le reprenne également. « Quand les gens passent, tu prends des balles psychologiques. » Mais il en gardait assez pour arracher le bronze pour deux centièmes face à un autre Polonais, Michal Rozmys (3e en 1’45’’30). « Le seul truc qui me manque aujourd’hui, c’est que je ne suis pas le meilleur. Je n’étais pas le plus fort. »

Carvalho se sacrifie pour Amdouni

Un constat qui prévaut également pour Morhad Amdouni. Dans un 5 000 m finalement orphelin de Mahiedine Mekhissi (voir article), le champion d’Europe du 10 000 m a tout tenté mais est tombé contre une fratrie, et surtout, un petit dernier hors-norme.

Pourtant, le Français avait pu compter sur son frère d’armes Florian Carvalho. Se sachant trop juste pour le podium, l’ex-miler avait proposé ses services dès la fin du 10 000 m (qu’il a fini à la 8e place) pour aider Amdouni dans sa quête. « Je voudrais tirer mon chapeau à Florian Carvalho, lançait Philippe Dupont, l’entraineur de Amdouni. Il savait que pour Morhad, la seule solution pour entamer les Ingebrigtsen était une course au train. Il a donc proposé de l’aider. »

Morhad Amdouni

Morhad Amdouni s’est battu pour arracher la troisième place sur 5 000 m.

 

Carvalho prenait donc la tête dès le début pour imposer un train soutenu (8’05 au 3 000 m), bien relayé par l’Espagnol Abadia. Et même si Julien Wanders passait un temps le museau devant, c’est bien les frères Ingebrigtsen qui lançaient les hostilités. A trois tours de l’arrivée, Jakob, seulement juniors, imposait son rythme, comme il l’avait fait hier sur son 1 500 m victorieux. Derrière lui son frère Henrik voulait prendre le pas, mais Morhad Amdouni s’intercalait.

Jakob Ingebrigtsen trop fort

A ce moment-là, tout ce petit monde ralentissait et Florian Carvalho, encore lui, remettait un coup de butoir. Mais cette fois, ç’en était trop pour Ingebrigsten juniors. L’attaque à la cloche était franche. Son frère Henrik résistait, Amdouni aussi mais la dernière ligne droite sacrait un drôle de phénomène, trop fort en tout (vainqueur en 13’17’’06, nouveau record d’Europe juniors).

Derrière, Henrik Ingebrigtsen permettait le doublé norvégien (13’18’’75), alors que Morhad Amdouni décrochait le bronze au bout d’un sprint une nouvelle fois au courage (13’19’’14). « Je suis un compétiteur, je cours pour la gagne, lançait-il. Je voulais tenter ce doublé là mais ce soir je manquais de jus, de récupération. »

Pas d’exploit pour Gueï

On ne lui en voudra pas, tout comme on oubliera vite que Floria Gueï n’a pas réussi son hold-up de Zurich. Septième de la finale du 400 m (51’’57) à 20h12, la Française était chargée de finir le relais bleu moins de deux heures plus tard. Alors en deuxième position après le bon travail de Diarra, Sananes et Raharolahy, le relais bleu prenait la tête de la course sur un démarrage tonitruant de Gueï.

Mais dans la dernière ligne droit, la Française manquait de jus pour finir le travail (2e en 3’27’’17). « On est très contentes, lâchaient-elles en cœur. On a toutes eu des saisons difficiles sur le plan personnel mais aujourd’hui c’est le collectif qui a parlé. »

Un collectif français qui compte sept médailles ce soir, trois de plus qu’hier, et sûrement moins que demain.


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