Pascal Martinot-Lagarde

Pascal Martinot-Lagardea a remporté l’or sur 110 m haies.

 

Au terme d’une fin de soirée intense au stade olympique de Berlin, Pascal Martinot-Lagarde a décroché le premier titre international de sa carrière en plein air, alors que Rénelle Lamote se contentera de l’argent sur 800 m.

Comme hier soir, les Français avaient commencé leur soirée par un cumul de places de finalistes – 6e place au javelot pour Alexie Alaïs (60,01 m), 7e et 8e pour Jeanine Assani-Issouf (14,12 m) et Rouguy Diallo (14,08 m) au triple saut – avant que la roue ne se mette enfin à tourner.

Lamote dans une machine à laver

A tourner doucement dans un premier temps. Favorite de la course avec son meilleur temps des engagées et sa fluidité en demi-finale, Rénelle Lamote venait boucler deux ans de galère. Et à la voir sur la ligne se répéter des phrases tout en bougeant le bassin de droite à gauche, on la sentait prête pour un double tour enchanté.

Rénelle Lamote

Rénelle Lamote devait se satisfaire de l’argent.

Malheureusement pour elle, la machine à laver du 800 m avait décidé ce soir de l’essorer avant que les choses sérieuses ne commencent. Ballotée, mal placée, la Française faisait du chemin en trop et attaquait le dernier 200 m avec de l’essence en moins. Pourtant, quand elle se décalait aux 80 m, l’or semblait à portée de pointes, mais comme en 2016 à Amsterdam, la petite Ukrainienne Pryshchepa lui volait la vedette sur la fin (2’00’’38 contre 2’00’’62). « C’est horrible mais je suis déçue, avouait-elle. Pas de faire deuxième mais de la manière dont j’ai couru cette course. Si je n’avais pas couru comme ça, j’aurais pu faire l’or. Je me contente d’une course moyenne. Je devais prendre les choses en main (en cas de départ lent) ou être au moins au contact (départ rapide). Mais j’ai eu l’impression d’être dans une machine à laver. J’aurais préférait une médaille de bronze avec panache plutôt que ça. »

Martinot-Lagarde efface Zurich

Le bronze c’est exactement le métal qu’avait ramené il y a quatre ans de Zurich Pascal Martinot-Lagarde. Une médaille qui était devenue un vrai boulet après des déclarations à chaud mal senties et une surenchère maléfique dont seuls les réseaux sociaux ont le pouvoir. Mais ce soir, Martinot-Lagarde allait jouer simple.

Placé au couloir quatre après des séries où Garfield Darien avait laissé le dernier strapontin à son coéquipier Aurel Manga (finalement 7ème de la finale en 13″51), Martinot-Lagarde savait que le gaillard à sa gauche dans une tenue neutre était la cible à abattre. Et dès le départ, les deux hommes s’échinaient plein axe sur les dix haies du parcours avant que le Français, d’un cassé du renard digne d’un Doucouré, ne prenne le meilleur pour deux millièmes sur Serguei Shubenkov (13’’17 tous les deux, vent nul). « La course était méchante, lâchait un Martinot-Lagarde encore euphorique en zone mixte. C’était un combat ! En 2014, j’étais le favori, et là c’était Shubenkov après une saison de fou. Mais ce soir on avait remis les compteurs à zéro. On a fait un combat d’homme à homme. »

Le rôle d’outsider plaît aux Français

Un combat qu’il a enfin remporté, après de nombreux échecs (3e en 2014 aux Europe, 4e en 2015 aux Mondiaux, 4e aux JO 2016), une nouvelle grave blessure l’été dernier (fracture au pied) et son choix de partir à Reims loin de sa famille pour enfin toucher l’or. « J’ai l’habitude de repartir des Championnats du monde frustré. L’année dernière j’avais la jambe dans un plâtre. J’ai eu un chemin compliqué et aujourd’hui je savoure cette victoire. J’ai quitté le cocon familial pour me mettre dans les meilleures conditions nécessaires pour performer. »

Et alors que le Français faisait un tour d’honneur sur le charriot de haies, son entraineur Benjamin Crouzet livrait quelques sentiments du clan. « Il a ramassé sur les réseaux après Zurich. Cette année, on ne l’attendait pas et c’est la position dans laquelle il s’exprime le mieux. »

Un rôle d’outsider qu’il a su parfaitement utiliser pour succéder à Dimitri Bascou sur le toit de l’Europe. Une position que portera demain le champion du monde Pierre-Ambroise Bosse au départ du 800 m. Au terme d’une demi-finale encore laborieuse, le Français a vu sa cote baisser évidemment, mais on connait le loustique, et il se pourrait qu’il soit déjà en train de jouer.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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