Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie a terminé troisième du saut à la perche avec 5,95 m.

 

Après l’une des plus belles finales de l’histoire du saut à la perche, Renaud Lavillenie a une nouvelle fois ramené une médaille d’un grand championnat, alors que dans le même temps Alexandra Tavernier bouclait son énorme saison par une médaille d’argent et un record de France au marteau.

Finalement, il suffisait d’attendre. Alors que le stade olympique de Berlin a longtemps ronronné en cette semaine de championnats d’Europe, ne vibrant que pour les exploits des locaux, l’atmosphère était ce soir enivrante.

Armand Duplantis sur une autre planète

Peut-être parce qu’un petit homme en jaune et bleu a tout simplement illuminé de sa classe l’enceinte allemande. Ce garçon, c’est Armand Duplantis. Retenez bien ce nom, il remplacera peut-être un jour celui de Renaud Lavillenie sur le toit du monde. Mais ce soir, le Suédois s’est contenté d’un titre européen et d’un record du monde juniors pulvérisé (6,05 m) ! Incroyable !

Derrière lui, Renaud Lavillenie n’a pas démérité et a montré que malgré ses 13 ans de plus, il était toujours en quelque sorte le patron, montant pour la 18e fois sur un podium d’un grand championnat (salle et plein air), dans une discipline si indécise.

Pourtant le père Renaud avait essayé de jouer au jeu de l’impasse magique. Celle-ci avait fonctionné quand il effaçait 5,85 m, après avoir manqué 5,80 m. Mais ce soir, Duplantis évoluait sur une autre planète. Le gamin de dix-huit ans enchainait cinq sauts de suite pour monter de 5,85 m à 6,05 m, laissant tous ses adversaires K.-O, même le Russe Morgunov, pourtant également à 6,00 m (2e) et Lavillenie, auteur de 5,95 m. « Personne n’aurait imaginé un scénario comme ça, lâchait-il tout sourire. C’est extraordinaire ! Je suis super content car je sais au fond de moi que j’ai eu pas mal de galères cette saison. Mais je suis un mec de championnat. Que ce soit le bronze, l’argent, l’or, j’arrive toujours à repartir avec un truc autour du cou. Là, je fais l’un des plus gros concours que j’ai pu faire sur un championnat sauf que parfois, tu tombes sur meilleur que toi. »

Tavernier peut tourner la page

Et alors que les relais 4×100 m (5e place en 43’’10 pour les femmes, 4e place en 38’’51 pour les hommes) et les triple-sauteurs (Pontvianne 7e avec 16,61 m et Correa 11e avec 16,33 m), se perdaient en finale, et que Ophélie Claude-Boxberger et Emma Oudiou découvraient une finale européenne (9e en 9’31’’84 record personnel et 14e en 9’43’’26 du steeple), Alexandra Tavernier y est allée de sa médaille.

Dans un concours qu’elle a lancé parfaitement avec un nouveau record de France (74,78 m), la Française a même pu croire pendant quelques minutes au titre, avant que la machine polonaise Wlodarczyk se mettre à tourner très, très vite. Un record des championnat plus tard (78,94 m), la Polonaise gardait la mainmise sur son sport, laissant Tavernier en première dauphine, un rôle qui lui allait très bien ce soir. « Ce n’est que du bonheur ! Mon premier jet a été magistral alors que pourtant je voulais assurer un premier lancer. La stabilité technique de cette année a payé. »

Ils en gagneront d’autres

Médaillée de bronze aux Mondiaux de Pékin en 2015, Tavernier mettait par la même occasion fin à deux saisons compliquées. « Je pense à tous les gens qui m’ont lâchée l’année des Jeux. Je les remercie car ils m’ont amenée à Gilles (Dupray son entraineur). En 2015 c’était le talent, là c’est le travail qui a payé. » « C’est une année extraordinaire, ajoute Gilles Dupray. On a fait un pari en tentant une grosse tournée de meetings. Elle s’est à chaque fois bien comportée (une moyenne de 72,73 m sur la saison). Elle s’amusait partout où elle est passée. »

Une régularité et une mentalité qu’a également porté toute cette année Renaud Lavillenie. Et ce n’est pas un hasard si ces deux là repartent avec une breloque. « Il faut savoir savourer, conclut Lavillenie. A aucun moment on peut prévoir le futur, qu’on aura encore plein d’autres concours comme ça. Il faut juste se dire qu’on a vécu un moment incroyable de l’histoire du saut à la perche. Il y a des concours qu’il faut savoir gagner et d’autres où il faut savoir apprécier d’en faire partie. »

Ce soir il en était et c’était marteau !

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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