Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi a remporté son cinquième titre de champion d’Europe en plein air.

 

Comme à ses plus belles années, Mahiedine Mekhissi a dominé de la tête et des épaules la finale du 3 000 m steeple remportant son cinquième titre européen en plein air. Après une saison 2017 gâchée par des douleurs au tendon, le voilà de nouveau sur la plus haute marche du podium tel un homme de fer.

En pénétrant sur le stade en première position, Mahiedine Mekhissi avait donné le ton. Ce soir, c’est lui, et lui seul, qui allait s’imposer sur le 3 000 m steeple. Il faut dire que le garçon avait de l’expérience à revendre à l’entame de ce nouveau rendez-vous européen après ses titres de 2010, 2012, 2014 (1 500 m) et 2016.

Une expérience inégalable

D’ailleurs, ce matin, c’est comme d’habitude que « le grand » – comme le surnomme ses proches – était allé se décrasser les jambes une vingtaine de minutes avec son entraineur Farouk Madaci. Ensuite, retour à l’hôtel pour une longue journée, en attendant la bataille. « La journée a été longue, il fallait patienter. Je n’avais qu’une envie c’est qu’on court. »

Celle-ci a débuté à 21h30 mais n’a jamais vraiment eu lieu, tant le triple médaillé olympique avait retrouvé de sa superbe. Bien installé dans la première partie de peloton, le Français laissait jouer ses adversaires dont Yoann Kowal qui s’est battu tout seul en relançant de trop loin (finalement 4e en 8’36‘’77) , avant de se replacer quand l’Italien Chiappinelli se portait en tête. Après sa démonstration des séries, le jeune Transalpin était à suivre et Mekhissi le savait. « Il n’y a pas de tactique de prévue, avait avoué Farouk Madaci quelques heures avant la course. Mahiedine s’adaptera en temps voulu. »

Attaque progressive au 600 m

Le Rémois connaît bien son poulain et celui-ci a joué sa partition préférée. Il est resté aux aguets un peu moins longtemps qu’à son habitude (600 m au lieu du 400 m) – « je suis parti de plus loin car je savais qu’on m’attendrait »– avant de lancer une attaque progressive. Derrière, l’Italien et l’Espagnol Carro tentaient de résister. Mais en Europe, tout le monde sait que lorsque cette bête là est lancée, elle ne lâche plus jamais sa proie. Les derniers 200 m étaient appuyés et le Français débarquait en tête dans la dernière ligne droite.

Comme un signe il tapait une première fois sur son maillot, celui qui lui avait fait tant de mal un soir d’Août 2014 quand il l’avait retiré, avant de lever sa main en signant sa victoire d’un cinq, comme ses cinq titres continentaux (+ 1 sur 1 500 m en salle) courant un peu plus vers l’histoire (victoire en 8’31‘’66). « Je suis un homme, je ne suis pas une machine, lâchait-il pourtant quelques minutes plus tard alors qu’il venait de réaliser une nouvelle démonstration de son mental de fer. J’essaie de répondre présent à chaque moment. Il n’y a pas de hasard dans la vie. C’est beaucoup de travail, beaucoup de sacrifices. On n’a rien sans rien. En terme d’émotion c’est l’une des courses les plus dures que j’ai réalisées. »

Présent sur 5 000 m samedi ?

La plus dure car le Français a douté ces derniers mois ne pouvant pas se raccrocher à ses gros chronos des années passées (meilleur temps de la saison en 8’16‘’97). Et croyant perdre de son finish en travaillant le 5 000 m. « C’est la plus belle des cinq. Ce qui fatigue c’est la pression, je n’ai pas le droit de me louper. »

Mais comme d’habitude, l’homme aux nerfs d’acier n’a pas tremblé. « C’est un récolteur de médailles, lançait son entraineur Farouk Madaci. Ce soir c’est historique ! J’espère que ça va lever les doutes qu’il avait en lui. C’est un immense champion. Ce n’est pas fini. Il est capable d’aller chercher l’or à l’étage supérieur. »

L’or à Doha (Mondiaux 2019) ou à Tokyo (2020) sur 3 000 m steeple mais peut-être l’or dès samedi sur 5 000 m – son objectif de départ – même si ce soir, le champion n’avait pas envie de s’y coller. « Là je suis tellement fatigué émotionnellement que j’ai envie de souffler. D’ailleurs là je n’ai même pas envie de courir le 5 000 m. Je verrai. »

En connaissant l’homme, on doute qu’il ne se présente pas samedi pour conquérir un sixième titre et continuer à révolutionner l’histoire. Mais pour l’heure Steeple Man a besoin de repos.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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