Caster Semenya

Caster Semenya, troisième des derniers Mopndiaux sur 1 500 m va-t-elle devoir changer de distance ?

 

L’IAAF vient de dévoiler ses nouvelles règles d’éligibilité aux compétitions féminines avec de nouvelles restrictions pour les « athlètes avec des différences de développement sexuel » qui ne pourraient plus courir des distances entre le 400 m et le mile si elles ne baissent pas leur taux de testostérone.

Double championne olympique et triple championne du monde du 800 m, Caster Semenya va-t-elle être obligée de changer de distance ? C’est en tout cas ce que l’athlète Sud-Africaine risque de devoir faire si elle souhaite continuer à courir sans prendre de traitement pour baisser son taux de testostérone à moins de 5 nanomole/L.

Baisser son taux de testostérone ou changer de discipline

En effet, que ce soit pour Semenya ou tous les athlètes « avec des différences de développement sexuel », l’IAAF vient de publier de nouvelles « règles d’éligibilité à la classification féminine ». En 2011, date des premières réglementations, l’organe internationale avaient demandé aux athlètes hyperandrogènes (qui produisent trop de testostérone naturellement) de réduire leur taux de testostérone notamment avec un traitement si elles souhaitaient participer aux compétitions internationales.

Cette fois, pour rester en règles avec le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui avait retoqué son texte en 2015, l’IAAF a décidé d’interdire l’accès à certaines disciplines aux « athlètes avec des différences de développement sexuel » (DSD). Les athlètes ayant un taux de testostérone supérieur à 5 nanomole/L ne pourront en effet plus courir dans les grandes compétitions internationales ou établir des records du monde sur les distances allant du 400 m au mile en passant par le 400 m haies (sauf si elles baissent leur taux avec un traitement). « Nous avons la responsabilité d’assurer des conditions de concurrence équitables pour les athlètes, souligne le communiqué de l’IAAF. Comme beaucoup d’autres sports nous devons choisir deux classifications pour nos concurrents : les épreuves masculines et les épreuves féminines. Cela signifie que nous devons être clairs sur les critères de concurrence pour ces deux catégories. »

Avantage de performance

Cette règle va donc toucher les disciplines concernées et notamment le 800 m féminin où les athlètes hyperandrogènes sont de plus en plus présentes. Mais contrairement à son premier texte, l’IAAF laisse une porte de sortie aux athlètes visées en leur laissant l’accès aux autres disciplines – les disciplines concernées pourront être modifiées à l’avenir – sans devoir réduire leur taux de testostérone.  « Les dernières recherches que nous avons entrepris, et les données que nous avons compilées, montrent qu’il existe un avantage de performance chez les athlètes féminines avec DSD sur les distances de piste couvertes par cette règle », déclare le Dr Stéphane Bermon du département médical de l’ IAAF et de la Science.

C’est donc là que la question  de la plus connue des athlètes DSD se pose puisque Caster Semenya montera-t-elle en distance (Steeple ou 5 000 m), alors qu’elle a déjà passé le cap sur 1 500 m (3e des derniers Mondiaux de Londres sur la distance) ? Ou décidera-t-elle comme elle l’avait fait entre 2011 et 2015 de réduire son taux de testostérone pour continuer à participer à son épreuve fétiche ?

Dans tous les cas, la nouvelle règle de l’IAAF rentrera en vigueur à partir du 1er novembre 2018.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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