Aurel Manga

Aurel Manga lors du premier tour des Interclubs à Franconville.

 

Ce samedi, l’international Aurel Manga effectuera sa « vraie » rentrée sur 110 m haies lors de la Diamond League de Shanghai après un meeting de la Réunion pris comme un entrainement et sa participation au premier tour des Interclubs dimanche dernier pour son club du CA Montreuil 93. Médaillé de bronze des derniers Mondiaux en salle, le Français sera évidemment attendu cette saison malgré une préparation marquée par l’affaire d’agression sexuelle qui touche son entraineur Giscard Samba. Dans ce contexte compliqué, Manga garde le cap, en attendant que « la justice fasse son travail ». Interview.

– Aurel, comment s’est déroulée votre sortie lors du premier tour des Interclubs conclue par un chrono de 13’’81 (+1,5) ?

J’étais vraiment fatigué. J’ai essayé d’accélérer un petit peu au niveau de la 3 ou de la 4 mais j’ai cartonné les haies car je n’ai pas encore les bonnes cadences. Mais cela ne m’inquiète pas plus que ça. Les Interclubs sont l’occasion de prendre des marques.

« Je suis dans les temps »

– Avec le meeting de la Réunion (victoire en 14’’00), ça vous fait deux courses coup sur coup dans des temps loin de votre niveau habituel.

Ma sortie à la Réunion était en plein stage donc je l’ai prise comme une séance. La vraie reprise pour moi c’est à Shanghai. C’est sûr que je pourrais douter après deux courses comme ça. Mais en générale, je suis dans le trou entre cinq et dix jours après un stage avant que la forme ne remonte. Je savais qu’au premier tour des Interclubs je serais dans le trou. La consigne que j’avais était de juste rentrer sans pépin.

– Justement, comment vous situez-vous physiquement par rapport aux précédentes saisons ?

J’ai fini fort mon hiver. Je ne me sens ni en retard ni en avance, je suis dans les temps. Mes charges en musculation sont bonnes, mes séances de sprint aussi. Techniquement il y a encore des petites choses à corriger mais je sens ce qui ne va pas, c’est intéressant.

« Je reste à disposition de la justice »

– Et mentalement, comment gérez-vous l’affaire qui touche votre entraineur Giscard Samba, qui n’est pour l’heure, pas en mesure de vous entrainer sur le terrain ?

Beaucoup de personnes ne viennent me parler que pour ça. Mais ce qui est intéressant c’est de parler du sportif. L’histoire est assez dure à gérer nerveusement et mentalement. Il faut faire la part des choses. On sait que c’est là, on sait qu’il y a beaucoup de trucs qui sont dits dans les médias. Je me retrouve à lire les articles car les gens me les envoient. Je reste à disposition de la justice. Je me considère comme témoin vu les dates que j’ai lues. Je n’ai pas encore été contacté donc je ne sais pas ce que l’on va me demander. J’attends mon tour.

– Le président de la Fédération française d’athlétisme André Giraud a souhaité vous (lui et son coéquipier d’entrainement Dimitri Bascou) rencontrer pour faire évoluer la situation ? Qu’est-ce qui est ressorti de cet entretien ?

Le président nous a proposé de venir nous entrainer à l’INSEP. Mais ça ne nous intéresse pas car on est Cristoliens (habitant de Créteil) et que c’est plus logique pour nous de nous entrainer sur notre stade à Créteil. Pourquoi changer nos habitudes d’entrainement ? On s’entraine déjà tout seul de notre côté.

« On est obligés de garder le cap »

– Il semble régner de l’incompréhension.

Je suis quelqu’un qui ne parle pas beaucoup. Il faut venir me chercher. Et je l’avoue, dans cette situation, j’ai stressé, ce qui n’est pas dans mes habitudes. Je me sui refermé. Mais le fait qu’on apprenne des informations par les médias est énervant. On dit que je fais le mort mais quand l’affaire est sortie j’étais en période d’examens. C’est compliqué dans cette situation de répondre à des sollicitations. Il y a beaucoup d’incohérence et le fait d’avoir des nouvelles via les médias ça m’agace. Ce n’est facile pour personne. Il existe des voies officielles comme le courrier ou le mail pour nous convoquer parce que les appels ça reste compliqué surtout pour moi qui ne suis pas très téléphone.

– Malgré tout ça, pensez-vous pouvoir réussir votre saison ?

Ca reste un booste pour moi. On est obligés de garder le cap car si on perd le rythme, les autres vont partir. Comme tout le monde s’entraine, on ne peut pas s’arrêter. Ca serait une erreur de laisser couler parce qu’il y a cette affaire.

– Avez-vous peur du futur si jamais Giscard Samba était amené à ne plus pouvoir exercer son métier d’entraineur ?

Comme je sais ce qu’il s’est passé je n’ai pas peur. La justice prend du temps mais elle va faire son travail. J’ai confiance en la justice. A nous de foncer sur la piste et d’attendre en ce qui concerne le reste.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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