Dimitri Bascou

Champion d’Europe en titre du 110 mahies Dimitri Bascou compte défendre son titre cet été.

 

Le champion d’Europe en titre du 110 m haies s’est classé huitième hier du meeting de Montreuil en 13’’75 (+0,5). Une performance anecdotique pour Dimitri Bascou mais qui signifiait beaucoup pour celui qui n’avait plus couru en compétition depuis plus d’un an.

Hier soir, sur les coups de 22h, les fauves du 110 m haies pénètrent sur la piste du stade Jean Delbert de Montreuil. Les regards sont noirs, les mines concentrées. Un seul athlète semble loin de cet état de  pré-compétition. Plusieurs mètres derrière la meute, Dimitri Bascou marche tranquillement vers le départ, sac sur le dos et sourire aux lèvres. A cet instant, le champion d’Europe en titre du 110 m haies devait être en train de repenser à cette dernière année où il n’a pas pu sentir l’air si rare de la compétition. « Ca ne fait que trois semaines que j’ai repris l’entrainement à 100 %, lâchait-il après sa course. J’ai eu le sourire toute la soirée car pour moi, j’ai gagné ma course. »

Prendre son temps pour gérer la blessure

Cette course contre son propre corps, Dimitri Bascou l’a démarée depuis l’hiver 2017. A ce moment-là, celui qui vient d’enchainer titre continental à Amsterdam et médaille de bronze aux JO de Rio 2016, est au sommet de son art (record en 13’’12, vent nul). Mais une première blessure au droit antérieur le freine à la suite d’un 7’’51 claqué en salle (1 février 2017). La suite, s’écrit avec un seul petit 110 m haies au meeting Diamond League de Eugene (13’’55 le 27 mai), puis plus rien. « L’année dernière, c’est une calcification (inflammation tendineuse) qui m’a gêné. J’ai dû annuler ma saison. Pour éviter cela, on a beaucoup travaillé le renforcement cette année. »

Pourtant, on ne l’avait pas revu en compétition depuis, même s’il avait été proche de rentrer lors du meeting de la Réunion, avant de décliner au dernier moment. « Je me suis blessé à l’ischio-jambier gauche à la mi-février et j’ai fait de la rééducation jusqu’à la fin avril. En stage, j’ai bien travaillé mais avec mon staff médical on a décidé d’y aller avec des pincettes. J’ai la chance d’avoir une blessure qui ne m’empêche pas de courir. J’ai même pu faire des choses très intéressantes à l’entrainement. C’est juste qu’il vaut mieux attendre que les lésions tendineuses soient bien renforcées avant d’aller en compétitions. »

Un saut dans l’inconnu à Montreuil

Pour cela, le Français a passé des tests isocinétiques qui ont indiqué qu’il pouvait enfin se jeter dans l’arène. Et quitte à y aller, Bascou a coché Montreuil, avec des adversaires qu’ils savaient d’entrée plus forts que lui sur le moment. «  Le temps était secondaire aujourd’hui (mardi 19 juin), avoue-t-il. Le but était de reprendre contact avec la compétition. Ca faisait plus de seize mois que je n’avais pas foulé une piste en pleine possession de mes moyens. Je savais que ç’allait courir vite mais j’y suis allé quand même. »

Un saut dans l’inconnu qui semblait le ravir malgré une huitième position et un 13’’75 anecdotique. « Il fallait du courage pour reprendre dans une compétition comme ça. Je suis plutôt un homme de championnat. Ce n’est pas en me mettant en retrait toute la saison que je vais pouvoir jauger mon niveau. J’avais envie de me jeter dans la gueule du loup. C’était le meilleur choix à faire ! »

Rendez-vous  à Paris

Surtout que sa performance francilienne, loin d’être ridicule par rapport à son passé récent, lui laisse la porte ouverte pour la suite de la saison. « Je me suis super bien senti. Le but était de rester dans mon schéma de course et ne pas devenir spectateur. Les autres avaient plusieurs courses dans les jambes. C’était logique que ça se passe comme ça. Mais l’avantage que j’ai, c’est que, même si je me suis blessé, j’ai fait une grosse préparation depuis septembre. Là, ça va me permettre de monter progressivement dans les performances. »

Une montée en puissance qui devrait se poursuivre au meeting Diamond League de Paris (le 30 juin prochain), même si l’absence de son entraineur Giscard Samba  – empêtré dans une affaire d’agression sexuelle et interdit de suivre ses athlètes sur les stades – est évidemment compliquée à gérer. « J’ai toujours eu des problèmes à gérer, lâche-t-il. Là, c’est un problème en plus. Cela ne m’empêche pas de poursuivre l’objectif initial. Cette année, j’ai un titre à aller défendre. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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