Yohann Diniz

Yohann Diniz a participé à l’Ekiden de Paris et en a profité pour tourner des vidéos avec le public.

 

Le triple champion d’Europe du 50 km marche a touché toute la France en août dernier après un calvaire de plus de trois heures sous le soleil de Rio. Victime de problèmes gastriques, puis d’une syncope, le Rémois terminera au bout de la souffrance son épreuve pour se classer huitième des Jeux olympiques. Depuis, il a privilégié le repos même si sa folie l’a amené à faire un détour en Chine pour une compétition. Des voyages qu’il compte bien accentuer cette saison avec comme seule envie de prendre du plaisir, tout en prouvant à Londres, qu’il y aura un après Rio. Rencontre.

Ce dimanche lors de l’Ekiden de Paris, Yohann Diniz était en pleine forme. Armé d’une caméra, il passait entre les groupes pour encourager les coureurs avant de s’offrir lui-même un petit footing actif dans la capitale. « Ca me change de courir. En plus j’ai pu remonter du monde donc c’était grisant. » 

Au bout de la souffrance à Rio

Une sensation de plaisir que le triple champion d’Europe du 50 km marche (2006-2010-2014) avait besoin de retrouver après des Jeux olympiques physiquement dévastateurs. Alors qu’il détient la meilleure performance mondiale de la saison (3h37’48) et le record du monde (3h32’33 en 2014), Diniz se sent fort et part en tête. Mais des problèmes gastriques vont lui faire passer le pire moment de sa vie de sportif. « Je suis allé au bout du bout. »

Diarrhées sanglantes, vacillements, syncope, le marcheur est parti sur une autre planète quand les commentateurs implorent qu’on le stoppe. Mais comme souvent, l’ex-postier déjoue les pronostics et s’en va cueillir une huitième place, anecdotique à la vue de son palmarès, mais très significative de sa force de caractère. « Etre finaliste c’est un miracle, lâche-t-il. Donc je me contente de ça. Je me dis que finaliste, dans l’état où j’étais, ça reste une grosse satisfaction. » De là à y voir une malédiction. « Il y a des athlètes qui n’ont pas eu de chance avec les JO comme Eunice Barber, Stéphane Diagana ou moi. »

« Je vais faire un peu le tour du monde »

Evacué à l’hôpital dès la fin de son périple, Diniz est pourtant un mois plus tard au départ d’une compétition de marche par étapes en Chine (du 25 au 28 août avec au programme 50,5 km de marche en quatre jours), une folie. « J’y suis allé sur un coup de tête. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille reprendre du plaisir sur une compétition un peu fun. Mais en fait, j’ai fait une grosse bêtise ! Je n’avais pas du tout récupéré de Rio. Il faisait 45 degrés avec 90 % d’humidité, j’étais mort ! Mais ça reste quand même un super souvenir car il y avait 17 000 marcheurs. Tu ne vois ça nulle part. C’était une belle expérience à vivre. »

De quoi s’en inspirer pour dessiner sa saison 2017. « Je vais faire un peu le tour du monde, explique-t-il. Je veux faire un road trip sans me prendre la tête. Je vais aller au Mexique, retourner en Chine et sur d’autres 20 km. J’ai envie de me confronter au monde, sans trop chercher le chrono. »

Moins d’entrainement et plus de compétitions

Car même s’il compte « prendre du plaisir » sur 20 km tout au long de la prochaine saison, le vice-champion du monde 2007 sait que c’est sur le 50 km qu’il a rendez-vous. « Maintenant, on va prendre les années les unes après les autres. Je me projette déjà sur Londres (lieu des prochains Championnats du monde). J’avais beaucoup de clés en main à Rio. Il faut que ça paie l’été prochain. »

Très en forme en 2016 avant sa défaillance brésilienne, Yohann Diniz a repris sa préparation avec les mêmes ingrédients à savoir : vélo, natation et séances qualitatives de marche. « On ne va pas tout changer parce que ce n’est pas l’entrainement qui n’a pas fonctionné, mais juste un pépin physique. Je vais seulement faire moins de gros blocs d’entrainement et plus de compétitions. »

Plus de kilomètres en avion et moins sur le macadam, voilà la nouvelle recette du recordman du monde du 50 km pour retrouver les sommets.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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