Yohan Durand

Yohan Durand a connu un jour sans lors du Championnats de France de 10 km.

 

Seulement dixième des Championnats de France de 10 km (30’31), alors qu’il possédait la meilleure performance française (28’57 le 10 janvier à Nice), Yohan Durand a passé un mauvais moment du côté de Langueux. Deux mois après son abandon au marathon de Hambourg, le Bergeracois ne s’estime pas dans une forme optimale même s’il aimerait défendre les couleurs de la France sur le semi-marathon des Championnats d’Europe. Rencontre.

– Track and Life : Yohan, vous avez semblé souffrir lors des Championnats de France de 10 km.

« Dès le départ je n’étais pas bien, vraiment à la rue. J’ai eu un début de point de côté au bout de deux bornes et j’ai eu du mal pendant toute la course. Je n’avais pas de jambes et au niveau de la respiration, je n’ai jamais pu trouver le second souffle. Le truc qui te permet de te libérer. Et dans les derniers 500 m, j’ai commencé à avoir des étoiles dans les yeux. Ca ne m’était jamais arrivé. J’ai eu l’impression de passer la ligne en 28’. Mais non, c’était en 30’30 !

« Je savais que je n’étais pas au mieux de ma forme »

– Vous n’aviez plus couru depuis votre abandon au marathon de Hambourg le 17 avril. Comment vous sentiez-vous avant cette échéance nationale ?

Après le marathon, j’ai repris dans l’optique de me préparer pour ces Championnats de France et pour le semi-marathon des Championnats d’Europe. J’ai fait des bons trucs à l’entrainement et d’autres moyen. Je savais que je n’étais pas au mieux de ma forme. J’ai l’impression d’être un peu en dents de scie en ce moment. Il va falloir réfléchir à ça. Est-ce que les préparations avec plus de kilométrage me pèsent ? J’y ai sûrement laissé des plumes. Et donc il y a des moments où je suis dans le creux de la vague.

– Qu’est-ce que vous entendez quand vous dites qu’il va falloir réfléchir ?

On va voir avec Bernard Faure (son entraineur) si je reprépare un marathon pour le mois d’octobre (Francfort), selon comment je réagis à l’entrainement. Sinon, peut-être qu’on prendra le temps d’en préparer un mais sur du long terme. En faisant un truc sur quatre mois au lieu d’une préparation classique de douze semaines. Dans ce cas-là, ça serait pour un marathon au printemps.

« Je me doutais que les premières années sur marathon seraient difficiles »

– Vous aviez comme objectif de vous qualifier pour les JO sur marathon mais avez été contraint à l’abandon. Avez-vous digéré cet épisode ?

C’a été un petit coup dur mais j’ai réussi à oublier. Je connais mon potentiel et je savais que pour faire 2h11, il aurait fallu que je sois en grande forme et que toutes les conditions soient réunies. Je ne rêvais pas des JO. Je savais que je pouvais le faire mais que cela allait être très compliqué. Honnêtement, il y a un an et demi, quand j’ai choisi de monter sur marathon, je savais que c’était un projet sur du long terme. En montant du 5 000 m sans passer par le 10 000 m ni le semi-marathon, je ne pouvais pas espérer faire moins de 2h11 en deux marathons (record à 2h14’00 à Paris en 2015). Je me doutais que les premières années seraient difficiles. Et c’est le cas.

– Quel sera votre objectif sur votre prochain marathon ?

Je ne partirai pas avec un objectif de chrono comme c’a été le cas cette année avec les JO (minima à 2h11). Je voudrais simplement partir sur 2h12 – 2h12’30, des chronos à moi, pour prendre du plaisir. Car, quand tu pars sur 2h11, tu es tout de suite en surrégime et après c’est compliqué.

– Vous parlez des Championnats d’Europe sur semi-marathon. Vous avez réalisé les minima en 2015 (1h03’51 contre 1h04), ce qui vous oblige à prouver votre état de forme en 2016 pour être sélectionné (période de minima du 1er janvier 2015 au 10 juin 2016). Pensez-vous faire partie de la sélection ?

Je ne sais pas trop encore. J’espère pouvoir entrer sur le semi-marathon des Championnats d’Europe. Il faut que j’en discute avec Jean-François Pontier (manager du hors-stade à la Fédération française). Mais avec ce que j’ai montré aux France de 10 km, ça va être compliqué ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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