Yoann Rapinier

Avec un seul saut mesuré au meeting de Montgeron, Yoann Rapinier est actuellement en manque de repères.

 

Suite à une saison 2015 compliquée, le triple sauteur Yoann Rapinier semble être dans une grande forme en cette année olympique. Cependant, il manque encore de repères pour sauter loin.

Cela peut être difficile à comprendre pour un néophyte quand Yoann Rapinier lâche « je ne me suis jamais senti aussi fort », alors qu’il vient de terminer le concours du meeting de Montgeron avec un seul saut mesuré à 15,88 m. Mais dans une discipline aussi technique que le triple saut, le physique ne peut pas tout faire. « Je suis dégoûté car je me sentais très bien, lâchait juste après le meeting essonnien Yoann Rapinier. Mais j’ai des problèmes techniques. J’ai du mal à mettre les choses en place et à enchainer la course et le saut. »

Trop rapide pour bien sauter

La faute à un secteur de vitesse que l’athlète a fortement développé depuis le début de la saison. « Cette année, la vitesse c’est ce que j’ai le plus travaillé. Il y a des avantages et des inconvénients. Là, je suis en plein dans les inconvénients. Il faut trouver la solution pour que cette vitesse m’avantage plus qu’elle ne me pénalise. »

Développer la vitesse pour aller évidemment plus loin que ses 17,45 m de la saison 2013, quand il avait fait trembler le roi Teddy Tamgho aux Championnats de France, avant de passer à côté de sa finale mondiale du côté de Moscou (12e). « La vitesse c’est ce qu’il faut pour aller loin. Jonathan Edwards (recordman du monde du triple saut avec 18,29 m) courait le 100 m en 10’’20 – 10’’30. »

« Il me manque la régularité »

D’ailleurs, depuis 2013, Yoann Rapinier n’a pas vraiment pu concrétiser tous ses progrès. Blessé à un ligament de la cheville gauche en mars 2014, il réussissait néanmoins à décrocher le titre de champion de France (17,16 m) et a terminé quatrième des Championnats d’Europe. Mais un an plus tard, malgré l’absence de blessure, il passait complètement à côté de sa saison 2015 (16,33 m). « Il me manque la régularité. En 2014, c’a été compliqué. Je me suis blessé avant de partir en stage et j’ai pris du retard pour me soigner. Mais j’ai réussi à régler le problème en allant voir le docteur Müller (Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt spécialiste allemand consulté par les plus grands sportifs dont Usain Bolt). Et l’année dernière, pour moi, c’est une année blanche même si j’ai fait beaucoup de compétitions. J’avais travaillé différemment et j’avais du mal à sauter. J’avais perdu en puissance. Maintenant, je suis revenu, je suis en forme. »

Yoann Rapinier

Perdu techniquement, Yoann Rapinier a longtemps échangé avec son entraineur Antony Yaïch lors du meeting de Montgeron.

 

Mais dans les tribunes de Montgeron, l’heure était plutôt au questionnement avec son entraineur Antony Yaïch. Un peu perdu, le Francilien cherchait des explications auprès de son coach. « Je cours trop vite par rapport à ce que je faisais avant, du coup, je suis déréglé. C’est compliqué car je suis vraiment dans une phase où je n’ai jamais été avant. Avant, j’arrivais toujours à contrôler ce que je faisais. Il n’y a qu’à travailler et je pense que ça le fera. »

Un beau spectacle en perspective

« Le faire » serait évidemment de se retrouver à Rio pour défendre les couleurs tricolores. Mais à la vue de la liste des prétendants (Tamgho, Compaoré, Correa, entre autres), il faudra aller très loin pour rejoindre le Brésil. « La place va être chère, est conscient Yoann Rapinier. Ca va être un beau spectacle quand on sera tous réunis aux France. Ca va bien se bagarrer. Mais sur cette année, je pense que je peux faire beaucoup mieux que ce qu’on attend de moi. Si je ne suis pas blessé tout peut arriver et c’est la même chose pour les autres. »

Engagé ce dimanche à Villeneuve d’Ascq lors de la finale Elite des Interclubs avec son club de l’EFCVO, Yoann Rapinier aura déjà l’occasion de faire mieux que ses 16,45 m de rentrée lors du meeting d’El Paso (Etats-Unis) en avril. « Il y a une bonne piste à Villeneuve d’Ascq, j’espère que ça va aller loin. Puis, j’enchainerai les meetings en Europe de l’est. J’ai besoin de sauter, de retrouver de la technique et les sensations du triple saut. »

La recherche de repères débute ce dimanche.

Pour suivre la préparation pour les Jeux olympiques de Yoann Rapinier et de son groupe d’entrainement, dont fait partie le sauteur en hauteur Mickaël Hanany, rendez-vous sur leur chaîne Youtube.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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