Yoann Kowal

Pas inquiété dans sa série, Yoann Kowal a néanmoins senti une certaine pression en tant que tenant du titre sur le 3 000 m steeple.

 

Qualifié pour la finale du 3 000 m steeple (vendredi 8 juillet), Yoann Kowal a cependant eu du mal à gérer la pression liée à son statut de champion d’Europe en titre. Troisième de sa série en 8’33’’51, il reconnaît avoir senti le poids du maillot, avec le dossard jaune, sur ses épaules. Réactions.

– Track and Life : Yoann, comment s’est déroulée votre course ?

« Le but était de faire dans les cinq donc je suis content. Je n’avais pas de super sensations. On ne va pas dire que je me suis donné car j’en ai gardé un peu sous le pied. Dans la dernière ligne droite, j’ai regardé l’écran mais je n’ai pas réussi à compter le nombre d’adversaires donc j’ai remis un petit coup pour assurer cette troisième place. Ce n’était qu’une série, on verra en finale.

« La pression est montée d’un coup »

– Vous êtes le tenant du titre, comment avez-vous abordé l’événement ?

Je suis arrivé ici avec la meilleure performance européenne et le dossard jaune du tenant du titre. Je ne pensais pas avoir de pression jusqu’à ce que je reçoive mon dossard, hier, dans la chambre. Quand j’ai ouvert et que j’ai vu le dossard jaune, je me suis dit : “waouh !“ Finalement, il y avait une attente sur mes épaules. Je m’en suis rendu compte dans la chambre d’appel avec le regard des adversaires ou avec les caméras de l’organisation qui fonçaient sur moi dès qu’elles voyaient le dossard. La pression est montée d’un coup. J’avoue que j’étais comme un petit jeune qui arrivait sur son premier championnat.

– Vous n’avez réellement commencé à ressentir de la pression  qu’hier (mardi)?

Dimanche matin, j’étais sur le canal de Périgueux avec ma femme, on faisait un petit footing tranquille d’avant course. Je n’avais pas de pression, pas de stress. Mais quand j’ai reçu le dossard, ça m’a vraiment fait bizarre. Je ne pensais pas, mais je me suis fait manger par l’événement à la réception du dossard.

« Je suis venu pour faire une médaille »

– Le plus dur est donc passé…

Là, la pression est retombée. Elle remontera vendredi pour la finale mais j’espère d’une autre manière car là, ce n’était pas agréable pour l’échauffement. J’ai dit à Djilali (Bedrani, 11e de la série 2 en 8’57’’27) que j’avais la pression alors que c’est au moins mon 25e championnat. Donc même avec l’expérience, on a toujours la pression. C’est ce qui est bon. C’est ça l’athlé !

– Dans quel état d’esprit abordez-vous la finale ?

Je suis venu pour faire une médaille et j’espère qu’elle sera au bout vendredi soir. Je vais tout faire pour y arriver.

-Pensez-vous encore au scénario incroyable de Zurich (il avait remporté la médaille d’or des Championnats d’Europe suite à la disqualification de Mahiedine Mekhissi) ?

Je ne pense pas au titre d’il y a deux ans. C’était un bon moment mais il ne faut pas vivre sur le passé. Il faut créer son destin, plutôt que de vivre sur ses acquis. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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