Yoann Kowal

Yoann Kowal a terminé troisième du 10 km Sport 2000 de Moirans.

 

Déçu après son 10 km de Moirans ce dimanche, Yoann Kowal (29 ans) retentera sûrement sa chance à la fin avril pour enfin passer sous la barrière des 29’ sur la distance. La meilleure façon de valider un gros cycle de foncier où le champion d’Europe 2014 du 3 000 m steeple juge avoir beaucoup progressé, notamment grâce à des séances tests dont il livre quelques secrets. Ensuite, il sera temps de retrouver la piste et le 3 000 m steeple, même si le 5 000 m reste dans un coin de sa tête. Interview.

– Yoann, quelle analyse faites-vous de votre troisième place en 29’12 au 10 km Sport 2000 couru ce dimanche à Moirans (38) ?

« A chaud, juste après la course, j’étais énervé parce que c’est parti trop vite. Je suis plus un coureur dans la prudence. Là, on est partis en 2’44 au premier kilomètre, alors que j’avais prévu un temps de passage entre 2’50 et 2’52. Pour moi, c’est ce qui m’a mis dedans. Malgré tout, ce n’est pas ça qui fait qu’on court en moins de 29’ ou pas. Aujourd’hui, j’ai sauté encore une fois. A trois bornes de l’arrivée, il me manque quelque chose malgré les super séances, l’intensité faite sur piste et les tempos. Je relaie Hassan au cinquième kilomètre parce qu’il était tout le temps devant. Mais je le relaie sans vraiment le relayer. Je n’étais pas saignant. A la fin, il me passe, il m’encourage et je n’y arrive pas. Je ne me bats pas. Je suis déçu car ce n’est même pas mon record (29’01 en 2011). Je ne suis pas un coureur de 10 km, c’est ma bête noire !

« Je me suis entrainé avec Julien Wanders »

– Aviez-vous particulièrement préparé cette distance lors de votre dernier stage au Kenya ?

Le foncier, ce n’est pas mon domaine même si j’essaie de travailler mes points faibles cette année. Au Kenya, je me suis entrainé avec Julien Wanders sur des séances longues sur piste. J’ai fait aussi de gros tempos mais pas avec Wanders car il m’aurait éclaté parce qu’il est au-dessus de moi sur ce type d’exercice. Mais j’ai progressé. J’ai parlé aussi avec Renato Canova (entraineur italien). Je lui ai expliqué un peu mon entrainement et que, quand je mettais des récupérations dans mes séances, j’arrivais à faire des trucs de fou. Il m’a donc conseillé de garder un rythme important lors des récup et d’enchainer comme ça. C’est ce que j’ai fait sur ma dernière séance et je l’ai réussie. Donc je me suis dit que c’était bon et que cette année ç’allait passer sur 10 km.

– Quelle était cette séance ?

J’ai réussi à faire 3×3000 m en 8’26, 8’27 et 8’17 avec à chaque fois 1000 m de récupération à 16 km/h (3’45 au km). Avant de finir par quatre minutes de récupération complètes et un dernier 1 000 m en 2’34 (le tout sur piste, il y a 12 jours). Donc j’ai fait douze kilomètres de séance sur des allures bien en-dessous de 29’ au 10 km dans une aisance complète (29’53 entre le 1e km et le 11 km). C’était pour palier à mon trou que j’ai à chaque fois vers le septième kilomètre sur un 10 km. Tu te dis après ça, que passer en 2’50 et relancer ça doit le faire. Mais quand on est partis ce dimanche en 2’44 ça m’a mis un coup mentalement. Malgré un super stage et une énorme progression foncière, ça ne passe pas vraiment. C’est une frustration.

« Je sais que 28’30 sur le papier c’est dans mes cordes »

– Quel est votre programme dorénavant ?

Il me reste un mois de préparation foncière. Je vais retourner en stage (stage fédéral en Afrique du Sud à partir du 3 avril) et je referai peut-être un 10 km à Paris le 30 avril. Il faut que je la passe cette barrière ! Je sais que 28’30 sur le papier c’est dans mes cordes. Il faut casser cette malédiction. Je ne sais pas quand, mais j’y arriverai ! Je veux au moins battre les 28’57 de Yohan Durand (rires). L’entrainement reste l’entrainement. La compétition c’est autre chose. Des fois c’est facile, des fois c’est dur. Aujourd’hui (26 mars) c’était un jour sans.

– Comment vous sentez-vous à l’approche de la saison estivale ?

Dès que je mets les pointes aux pieds je suis un autre homme. Avec des runnings ce n’est pas la même sensation. J’ai des meilleures sensations sur la piste, sur la vitesse, sur tout ça. Je suis mieux sur le foncier par rapport à l’année dernière. Et j’ai commencé à placer quelques rappels de vitesse. J’ai fini lactique la semaine dernière (2 jours après la séance des 3000 m). J’ai fait 5×800 m en 2’08 jusqu’à 2’04 en progressif et ensuite, j’ai fait 5×300 m en 42-41’’. Après le dernier, j’ai fini allongé cinq minutes par terre. Travailler encore du long et le transférer sur de la vitesse c’est le bon moment pour le faire.

« Il y a vraiment moyen d’exploiter toutes ces défaillances »

– En savez-vous plus sur votre programme de compétitions pour cet été ?

La priorité reste évidemment le 3 000 m steeple. Mais j’aimerais m’aligner un peu plus sur 1 500 m car si je fais la Coupe d’Europe, les France et les Monde sur steeple, ça fera beaucoup de steeple. C’est un peu incompatible au niveau des programmes sachant qu’il faut que je m’aligne au moins une fois en Diamond League pour me frotter au gratin mondial. Il faut jongler avec le calendrier. On veut tout faire mais il faut bien cibler. Pour l’instant, je suis sur liste d’attente à Doha sur 3 000 m (5 mai). J’aimerais aussi faire le circuit Ligue Pro en France sur 1 500 m. Et il y aussi le 5 000 m. Eugene m’a recalé car je n’ai pas de temps de référence (27 mai). Je suis en pourparlers avec le meeting de Lausanne (6 juillet). J’ai envie d’en faire un. Après si c’est ma bête noire comme le 10 km (rires)… Mais je ne pense pas ! Il y a vraiment moyen d’exploiter toutes ces défaillances sur route. Ca peut m’être utile sur piste et notamment sur 5 000 m. »

Retrouvez notre article sur le 10 km Sport 2000 de Moirans.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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