Wilhem Belocian

Wilhem Belocian a terminé troisième des derniers Championnats d’Europe d’Amsterdam sur 110 m haies.

 

Le recordman du monde juniors du 110 m haies et troisième des derniers Championnats d’Europe d’Amsterdam débute sa saison ce samedi lors du meeting de Nantes. Une première étape qui lancera un hiver qu’il aimerait conclure à Belgrade (Championnats d’Europe, 3 au 5 mars) avec une nouvelle médaille autour du cou, après son élimination en série des JO pour faux départ.

Il fait partie de ceux forgés dans un métal assez spécial, au moins tout aussi précieux que les médailles qu’il engrange depuis le début de sa carrière. Wilhem Belocian est ce qu’on appelle un phénomène. Champion du monde juniors en 2014 du 110 m haies, record du monde en prime (12’’99 avec des haies à 0,99 cm), le Guadeloupéen n’a quasiment jamais trébuché en grands championnats, enchainant un six sur six entre 2011 et les Championnats du monde cadets de Lille (3e) et 2016, avec sa troisième place aux Championnats d’Europe seniors d’Amsterdam (il a également terminé 3e des Mondiaux juniors en 2012, remporté les Europe juniors en 2013, et terminé 3e des Europe en salle en 2015). Seule ombre au tableau, et pas des moindres, sa disqualification lors des derniers Jeux olympiques pour un faux départ en série. De quoi faire vaciller monsieur 100 %, retombé aujourd’hui à 85 % de réussite dans les moments qui comptent (6 médailles en 7  grands championnats)… « Il y a une première fois à tout, lâche-t-il. C’est sûr que c’est difficile sur le coup de sortir de cette manière. Mais ça sert pour la suite. Il faut juste savoir se relever. »

Un record pour oublier

Arrivé à Rio avec une pancarte de finaliste potentiel, après ses 13’’15 des France Elite légèrement trop ventés (+2,1) et son podium continental (13’’28 record de l’époque égalé avec -1,8), Belocian semble en grande forme, ses ischio-jambiers régulièrement sources d’inquiétude le laissant tranquille. Mais cette fois, c’est son mental, pourtant coulé entre l’or et le bronze, qui va l’abandonner. « J’étais impatient car c’est un événement que j’attendais. C’est sûr que j’y pense encore à ce faux départ. Il faut que je fasse abstraction et que j’arrive à passer au-dessus de ça. Surtout que le départ est l’un de mes points forts. Il ne faut pas que ça me pénalise. »

Mais le protégé de Ketty Cham n’est pas du genre à tergiverser bien longtemps. Dix jours après sa chute brésilienne, il est déjà en selle à Lausanne, signant son record personnel en 13’’25, la meilleure façon de guérir. « Il fallait que je sauve la saison, avoue-t-il. L’objectif était de rentabiliser la saison en essayant quand même de battre mon record personnel. »

Une bonne préparation

Troisième également du meeting Diamond League de Bruxelles, début septembre (13’’33), Belocian a, dès la fin de l’été, remis ses pendules à l’heure. « Garder le positif, c’est toujours mieux pour la tête. »

Et le voilà donc de retour en métropole, après une préparation débutée au mois d’octobre sur son île, entrecoupée d’un stage en Martinique (19-23 décembre) et d’un regroupement fédéral début janvier à Tenerife. « La reprise s’est bien passée. On a très bien travaillé, et notamment les détails qui sont très importants comme le départ, la technique au-dessus de la haie et les intervalles. On a également beaucoup axé le travail sur la vitesse gestuelle et de franchissement. On espère maintenant que ça va payer pour la saison. »

« Je n’aime pas rester sans compétitions »

« Payer » dans le langage Bélocian, c’est récupérer une médaille à la fin de l’hiver. Pour cela, il enchainera Nantes (21 janvier), Dusseldorf (1 février), Karlsruhe (4 février), Bercy (8 février) et les Championnats de France Elite (Bordeaux, les 18 et 19 février). « Je n’aime pas rester sans compétitions. Il est très important pour moi de couper un peu avec la routine. Et c’est aussi très intéressant de voir si le travail fonctionne avec de la confrontation. »

Installé à l’INSEP durant toute la saison hivernale, il aura dès ce week-end du grain à moudre sur 60 m haies, avec les présences notamment de Simon Krauss et Benjamin Sédécias, du côté de Nantes. « Je n’ai pas d’objectif chronométrique à Nantes. Je veux juste appliquer le maximum de choses possibles pour me permettre de courir vite. »

Les autres sont prévenus, Wilhem Belocian s’est déjà relevé.

Du beau monde à Nantes
Ce samedi 21 janvier, le meeting de Nantes sera le premier du circuit national. L’occasion pour une partie des internationaux français de faire leurs rentrées. On retrouvera Mickaël meba Zeze, Marvin René, Floriane Gnafoua, Maroussia Paré et Jennifer Galais sur 60 m, Agnès Raharolahy, Estelle Perossier et Déborah Sananes sur 400 m, ou encore les médaillées de bronze chez les juniors cet été, Estelle Raffaï (60 m) et Hilary Kpatcha (longueur).

Pour en savoir plus sur le meeting de Nantes.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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