Wilhem Belocian

Partenaires de longue date en équipe de France jeunes, Wilhem Belocian et Benjamin Sédécias s’offrent une petite pause lors du meeting de Charléty le 1er juillet dernier.

Touché au pied droit, le champion et recordman du monde juniors du 110 m haies 2014 a décidé de mettre un terme à sa saison, ajoutant un nouveau nom sur la liste des athlètes français forfaits pour les Mondiaux.

Si ça continue, l’équipe de France des blessés aura bientôt plus fière allure que celles des valides. Après les forfaits pour la saison de Pascal Martinot-Lagarde, Rénelle Lamote, Johanna Geyer–Carles et les blessures plus ou moins graves de Jimmy Vicaut, Christophe Lemaitre, Dimitri Bascou ou Floria Gueï, un nouvel athlète a rejoint l’infirmerie. En effet, Wilhem Belocian, médaillé de bronze des derniers Championnats d’Europe sur 110 m haies, a décidé de mettre un terme à sa saison. Touché au pied droit depuis la semaine précédant le meeting de Baie-Mahault (Guadeloupe) au mois de mai, le Français a pourtant tenté sa chance au Meeting de Paris mais les derniers examens passés ont révélé un œdème intra-osseux à la tête du premier métatarsien et un épanchement intra-articulaire significatif. « Ma saison estivale est malheureusement terminée », a-t-il déclaré sur sa page Facebook.

Blessé depuis le mois de mai

Voici donc une nouvelle étoile en moins dans la galaxie française. Mais il faut dire que Belocian n’avait pas vraiment débuté sa saison. Auteur d’un chrono de 13’’89 le 17 mai à Baie-Mahault, le Français était depuis dans les stands pour soigner son pied. « J’ai eu une douleur inhabituelle lors d’une réception à l’entrainement, la semaine avant Baie-Mahault, explique-t-il. J’ai voulu courir à Baie Mahault et j’ai peut-être aggravé la chose. Ensuite, j’ai tout fait pour que ça se soigne. » « Une contusion osseuse ça se soigne difficilement, continue Ketty Cham, son entraineur. Car on doit faire du repos normalement. On a pallié en le maintenant physiquement actif mais sans faire de séances de vitesse, sans séances spécifiques, c’est très compliqué. Avec toute la volonté, on a fait ce qu’on a pu. »

Une volonté qui a trainé Belocian jusqu’au départ du meeting de Paris le 1er juillet. Mais évidemment trop juste – malgré un tableau d’affichage qui dans un premier temps lui adjugeait le chrono de 13’’21 – le Français sortait dès les séries avec un temps de 14’’35, loin de ses standards habituels. « Ca faisait un mois et demi, depuis Baie-Mahaut, que je n’avais pas chaussé les pointes, avouait-il après sa prestation parisienne. Je n’ai remis les pointes qu’il y a une semaine (la semaine avant le 1er juillet). J’avais fait le choix de venir à Charléty pour essayer de réaliser les minima pour les Championnats d’Europe espoirs. Ce n’est pas passé. C’est un coup dur mais on garde le moral. Ca va servir pour la suite. »

Priorité aux soins

La suite pour l’heure va être loin des pistes. « Ce n’était même pas la peine de penser à courir après le train, juge Cham. Quand on est en pleine possession de ses moyens on peut le faire mais pas quand on a des doutes sur ses moyens physiques… »

Une course contre la montre qu’il avait réussie l’année dernière après une blessure aux ischio-jambiers en début d’été. Revenu sur le fil, il avait décroché une médaille aux Europe avant de participer aux JO (éliminé en série à cause d’un faux départ) et de battre son record personnel en fin de saison (13’’25, +0,5). Cette fois, la course s’arrête là. « C’est une blessure différente d’une blessure musculaire, avance Ketty Cham. C’est osseux, c’est plus compliqué à guérir. Notre seul but est de savoir comment se débarrasser de ça. » De son côté Belocian se veut philosophe. « Je préfère me soigner. C’est la vie, on ne veut pas pleurer. Ca fait partie du jeu. »

Un jeu qui laisse de plus en plus de Français sur le bas côté cette saison.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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