Usain Bolt

Le nonuple champion olympique Usain Bolt va bientôt tirer sa révérence (photo DR).

 

Elu Champion des Champions par le journal L’Equipe, le nonuple champion olympique Usain Bolt est à une saison de tirer le rideau sur sa splendide carrière. L’occasion pour lui de dresser un premier bilan de ses trois olympiades à dominer la planète sprint.

Pour la cinquième fois de sa carrière d’extraterrestre, Usain Bolt a remporté le trophée de Champion des Champions de l’Equipe. Un titre honorifique mais qui ne représente évidemment pas grand chose en comparaison aux autres breloques qui garnissent ses étagères en Jamaïque (trois triplé olympique sur 100, 200 et 4×100 m aux Jeux olympiques entre 2008 et 2016). Un titre de plus ou de moins, à l’heure actuelle, cela ne semble plus changer grand chose pour la star de l’athlétisme mondial, surtout quand le rideau est proche de se refermer. « (cette saison) ce sera comme une tournée d’adieux, explique-t-il à l’Equipe. J’ai repris le mois dernier, c’est dur ! L’idée est de faire le programme le plus allégé possible. »

Des centièmes perdus en route

Comme déjà annoncé depuis un moment, les Championnats du Monde de Londres cet été marqueront le dernier arrêt pour le TGV jamaïcain. De quoi lui laisser néanmoins quelques regrets. « S’il y a un regret, c’est probablement la barrière des 19’’ (son record du monde sur 200 m est de 19’’19 en 2009), a-t-il répondu au quotidien français. Disons que j’ai manqué le coche. J’ai toujours cru que c’était possible mais j’étais souvent seul. »

Egalement détenteur du record du monde du 100 m (9’’58 en 2009), à la suite d’une course d’anthologie lors des Championnats du monde de Berlin, la fusée Bolt semble avoir perdu quelques centièmes en route, laissant souvent place au spectacle avant le franchissement des lignes d’arrivée. « J’ai toujours considéré que je pouvais courir en 9’’4, lâche-t-il à l’Equipe. Mais je pense que mes records vont tenir un bon moment. »

Derrière lui, le vide

Surtout que derrière lui, aucun athlète ne semble en mesure de prendre sa relève. A part peut-être le Canadien Andre De Grasse, beau dauphin de Bolt à Rio (2e sur 200 m, 3e sur 100 m), et partenaire de facéties du maitre sur la piste brésilienne. Cependant, pour le roi, aucun prince n’est encore prêt pour reprendre son trône. « J’espère que les mecs ont noté que le monde de l’athlétisme cherchait la prochaine grande personnalité. »

L’ère Bolt touche donc bientôt à sa fin, et le rêve d’un 600 m avec Mo Farah – « on avait parlé de monter un 600 m caritatif entre nous » – ou de le voir triompher aux prochains Jeux olympiques de Tokyo en 2020 est utopique, voire même impossible. « C’est certain que la compétition sera ce qui me manquera le plus, a-t-il confié à l’Equipe. Ce qui est sûr c’est que je tiens à garder la forme. »

Ce qui l’est également, c’est que Usain Bolt ne deviendra pas entraineur même s’il souhaite rester dans le monde qui l’a couronné. Ce sera peut-être sous la forme de conseils livrés aux futurs stars des stades. Des conseils dont il aura quant à lui besoin pour entamer sa nouvelle « carrière » de footballeur. Mais avant le ballon rond, place à 2017 et à la tournée d’adieux du probable plus grand – au sens large comme au figuré – athlète de l’histoire.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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