100x400 m

Guillaume Balossini a été le dernier relayeur lors du record du monde.

 

Cette après-midi (23 avril), lors du meeting de l’ASA/AthléRunning94, cent athlètes français réunis par Jean-Baptiste Sureau se sont emparés du record du monde (Guinness Book) du 100×400 m en 1h32’31. Immersion dans les coulisses de l’exploit.

Les recordmen du monde français sont peu nombreux en athlétisme et pourtant, cent noms viennent de s’ajouter à cette liste où trônent, entre autres, Renaud Lavillenie (perche) ou Yohann Diniz (50 km marche). Evidemment, le 100×400 m ne rentre pas dans les critères de l’IAAF, mais battre un record du monde sur une piste d’athlétisme même si ce n’est que pour le Guinness Book, ça vaut le détour. Et surtout le tour ! Car cette après-midi, lors du meeting de l’ASA/AthléRunning94 organisé de concert par le club local et le magasin spécialisé, c’était bel et bien le record du monde du 100×400 m qui était en jeu. Un pari fou dont l’instigateur n’était autre que Jean-Baptiste Sureau, patron d’AthléRunning 94 et organisateur du meeting. « J’ai toujours été assez fan des records du monde, glissait-il. Ces trucs là m’ont toujours amusé. Et quand j’ai vu ce record-là, je me suis dit qu’il était jouable. »

Avec l’aide de Eunice Barber

Le record était détenu depuis 2013 par des Italiens en 1h39’25, soit une moyenne de 59’’65 à chaque tour. Pour relever le défi, Jean-Baptiste Sureau a dû donc s’armer de courage et s’entourer de personnes compétentes, comme la double championne du monde (longueur et heptathlon) Eunice Barber, co-organisatrice du meeting. « Cela n’a pas été facile à gérer, lâchait celle qui aimerait à terme travailler dans l’événementiel sportif. Notamment avec les athlètes en retard. Mais on est restés positifs ! »

Restés positif et surtout éveillés de longues heures puisque depuis jeudi, Jean-Baptiste Sureau n’a dormi que dix heures en trois nuits pour réussir ce pari. « Il y a eu une phase hyper longue de recrutement des athlètes. J’avais misé sur 1h34 avec l’équipe qu’on avait, précisait-il. Après, j’ai eu un gros coup de stress ce matin car on a eu cinq désaffections dans la nuit. Mais au final, c’est un grand ouf de soulagement ! »

Une pression multipliée par 100

C’est d’ailleurs lui en personne qui a lancé ce relais après un coup de starter du recordman de France du 400 m Leslie Djhone, venu assister à l’événement. Ensuite, les athlètes se sont succédé et tour après tour, le speaker pouvait annoncer que l’écart avec le record du monde ne cessait de s’agrandir. « C’est assez unique comme expérience, lâchait Zoé Bedouin, habituelle spécialiste de 800 m. Car à notre niveau on est habituellement loin de ce genre de tentative. »

Une tentative à laquelle ont participé des sprinteurs, des demi-fondeurs, des filles, des garçons, de quoi rendre le résultat encore plus beau. « Je trouvais que c’était un projet un peu différent, expliquait Yannick Aussant, spécialiste du 400 m. Je venais sans pression en me disant que mon chrono allait être perdu parmi les 99 autres. Mais plus mon tour approchait, plus le cœur commençait à battre. »

Une moyenne de 55’’5 au 400 m

Une pression maximale qui reposait sur Guillaume Balossini, désigné dernier relayeur. Même si celui-ci avait plus de six minutes pour effectuer l’ultime tour de piste. « J’avais la pression avant d’être sur la piste, expliquait celui qui s’avançait avec le dossard 100, si lourd à porter. Mais une fois en piste, j’étais dans ma bulle. C’était un truc de malade ! Dans la dernière ligne droite, des inconnus m’encourageaient comme si j’étais leur meilleur ami. De toute façon, je m’étais dit que si je me blessais pendant, je finissais en rampant ! »

Il a bien fini sur ses deux jambes et le record du monde a explosé en 1h32’31, soit une allure moyenne de 55’’5 au 400 m. « Maintenant, pour que le relais puisse être validé il faut qu’il soit accepté par le Guinness Book, expliquait Jean-Baptiste Sureau. On a fait notre demande d’application qui nous a coûté 630 euros. On avait des juges, des observateurs, des vidéos, on va tout envoyer et attendre notre diplôme ! »

Bientôt le 100×1000 m ?

Pour le faire valider directement sur place, il aurait fallu qu’un émissaire du Guinness se déplace en personne pour la modique somme de 10 000 euros… Autant dire que Jean-Baptiste Sureau et sa bande des cent, pouvaient bien encore attendre quelques semaines pour recevoir le diplôme signé. « Je vais pouvoir dire à mon entourage que je suis détenteur d’un record du monde », rigolait Yannick Aussant.

Guillaume Balossini, l’un des héros du jour concluait. « C’est une expérience que je recommande à tout le monde. Je n’aurais jamais pu imaginer un truc comme ça ! » Ils étaient des dizaines à le penser et ils seront bientôt 100 sur les tablettes mondiales.

En attendant peut-être un nouveau record du 1 000×400 ou du 100×1000 m que Jean-Baptiste Sureau a déjà en tête.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Post a comment