Yani Khelaf

Yani Khelaf pourrait décrocher ce week-end son premier titre de champion  de France.

 

L’international juniors sera le favori dimanche sur l’hippodrome de Saint-Galmier pour le titre de champion de France de cross-country. L’occasion pour le spécialiste du 1 500 m de décrocher un premier titre national et d’oublier une fois pour de bon son échec des sélections pour les Championnats d’Europe de la discipline en novembre dernier. Rencontre.

Discuter avec Yani Khelaf est toujours l’occasion de prendre un souffle de maturité par un gamin d’à peine 19 ans. De sa petite voix posée, l’international juniors sait où il va et surtout, où il veut aller. Pour ce week-end, l’élève de Thierry Choffin au pôle espoirs de Fontainebleau a les yeux braqué sur Saint-Galmier et les Championnats de France de cross. Vice-champion de France cadets en 2015 derrière son pote Louis Gilavert, après un sprint rentré dans les annales, Khelaf est toujours sans métal doré au niveau national, que ce soit dans les labours ou sur piste. Un oubli qu’il aimerait vite rattraper. « Je n’ai jamais été champion de France. Les années où j’étais première année, je suis tombé sur les Baptiste Mischler, Fabien Palcau, Jimmy Gressier (8e en 2014 et 2016 des France de cross). Et sinon, il y a eu Louis en 2015. Pour la piste, j’ai fini troisième sur 1 500 m en 2014, puis j’étais aux Championnats du monde à Cali donc je n’ai pas pu participer.»

Favori en l’absence de Gilavert

Mais cette année, il est là et surtout, son meilleur ennemi, Louis Gilavert est en reprise après une blessure au genou. De quoi avoir le champ un peu plus libre. « C’est dommage qu’il n’y ait pas Louis car j’aurais préféré que tous les meilleurs soient là. Mais je ne vais pas calculer car chaque année je me prends trop la tête. Là, il va y avoir des mots sur Facebook, je ne vais pas les regarder. Je vais me concentrer sur moi-même. Je sais que ça peut le faire. »

Trop cogité, il l’a subi à ses dépens en novembre dernier, quand il a vu le train pour les Europe de Chia partir sans lui lors des sélections de Gujan-Mestras (voir article). Une neuvième place, loin des six tickets qualificatifs, vécue comme une grosse claque. « Ma non sélection pour les Championnats d’Europe a été très dure à vivre, avoue-t-il. Car à l’entrainement je collais Jimmy (Gressier) et j’étais loin devant Zak (Abderrazak Charik) et Louis (Gilavert, qui l’ont devancé à Gujan). Je me sentais vraiment bien jusqu’à une semaine avant la compétition où j’ai commencé à perdre mes moyens. Je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé. J’ai paniqué, du coup j’ai utilisé beaucoup d’énergie là-dedans. »

Reboosté par Rénelle Lamote

Absent à l’entrainement pendant une semaine suite à sa déconvenue, le petit Yani Khelaf a pu compter sur ses camarades pour remonter la pente. « J’ai eu du mal à m’en remettre. Je n’avais plus envie de m’entrainer. Mais les membres du groupe m’ont bien aidé, que ce soit Rénelle (Lamote), Florian (Carvalho), Paul (Renaudie) ou Louis (Gilavert). Rénelle me disait : « arrête de te plaindre, il n’y a pas que toi ». Elle m’a montré qu’il ne fallait pas que je reste dans mon coin à bouder. Dans ces moments là, on est content d’être en groupe. »

Yani Khelaf

Yani Khelaf a réalisé une très belle saison en salle qui se terminera à Halle lors du match international juniors.

 

Une thérapie de groupe qui a permis à Yani Khelaf de vite rebondir puisque depuis, il s’est montré impérial sur tous les terrains. Facile vainqueur des championnats régionaux et interrégionaux de cross (voir article), il a également fait forte impression en salle en portant son record personnel sur 1 500 m à 3’44’’33 (mieux que sa meilleure performance en plein air 3’44’’49) lors du meeting de Reims (voir article). « A la base, je ne fais pas autant de salle mais là je voulais garder un pied sur le 1 500 m pour déjà préparer cet été. Thierry (Choffin son entraineur) a l’habitude de faire faire à ses athlètes à la fois la salle et les cross. Je pense qu’il sait ce qu’il fait. »

Les Europe sur piste déjà en tête

Le coach sait ce qu’il fait, et l’athlète sait ce qu’il veut. Alors qu’il arrivera au terme de ses années jeunes à la fin de la saison – « en espoirs on est déjà seniors » – , Yani Khelaf a un gros rêve : décrocher l’or sur 1 500 m en juillet prochain lors des Championnats d’Europe de Grosseto. « J’aimerais finir en beauté. Dans un coin de ma tête j’ai la victoire aux Europe. Mais il faudra déjà se qualifier et arriver en finale. »

Pour ce dimanche, il est déjà qualifié pour la finale avec plus de 300 adversaires venus pour la même chose que lui : décrocher le graal national. Lui, semble néanmoins un peu plus près (et prêt) que les autres pour l’attraper.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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