Timothée Bommier

L’année dernière, Timothée Bommier a bouclé le marathon de Paris en 2h15’38.

 

Ce vendredi 20 janvier, Timothée Bommier s’élancera sur le macadam de Dubaï pour son troisième marathon. Auteur de 2h15’38 à Paris l’année dernière, le Clermontois espère un chrono autour des 2h13-2h14. Pour cela, il a mis toutes les chances de son côté en recrutant un lièvre et en organisant tout son périple avec ses propres moyens, puisqu’il n’a obtenu de l’organisation de l’Emirat qu’un simple dossard élite.

Ce vendredi, sur les grands boulevards de Dubai, Timothée Bommier ne bouclera pas seulement son troisième marathon, avec, il espère, un chrono inférieur à 2h14. C’est une aventure de plusieurs mois qui prendra fin, avec comme conclusion, l’unique jugement de la montre. Mais pour se retrouver au départ de l’un des plus gros marathons du monde (Kenenisa Bekele devrait y tenter le record du monde), le Clermontois a dû se retrousser les manches. « Je suis dans une initiative personnelle, explique-t-il. Je voulais tester un marathon en janvier. Et à cette période, il n’y a pas beaucoup de choix. »

Une levée de fonds pour financer son marathon

C’est donc Dubai, son aller-retour ultra plat et ses conditions climatiques certaines, qu’il a coché. Mais pour un tel pari, son statut de membre indéfectible de l’équipe de France de cross (10e des Championnats d’Europe de cross en 2014, 12e en 2015, 21e en 2016) de ces dernières années ne suffisait pas. « Je ne suis pas invité donc c’est moi qui prend tout en charge, même l’hôtel sur place. J’ai seulement obtenu un dossard. »

Pour le reste, c’est grâce à une levée de fonds sur internet qu’il a pu débloquer le budget suffisant. Avec 127 contributeurs et 5 080 euros récoltés au mois de décembre, l’opération a été concluante pour suppléer les aides de la Fédération française et de son club (Clermont Auvergne Athlétisme) qui lui permettent déjà de s’entrainer dans de bonnes conditions au quotidien. « Là, c’est un one shot. Il me fallait des financements rapidement. »

Le visa et les chaussures pour le lièvre

Surtout que le Clermontois ne sera pas seul aux Emirats-Arabes-Unis. Parti en stage au Kenya dans la foulée des Europe de cross de Chia (Italie) à la mi-décembre pendant trois semaines, il s’est mis en quête d’un lièvre pour l’accompagner sur son marathon. « C’est une aventure humaine intéressante. Au Kenya, j’ai sympathisé avec un coureur local (Mathew Kiprono). Il n’a pas de références mais je l’ai vu s’entrainer là-bas, comme le jour où il a fait 30 km entre 3’10 et 3’15 au km à 2 400 m d’altitude. C’est un coureur qui vaut 2h10. Il me fallait ça pour partir sur 2h12. »

Le voyage, le visa, une nouvelle paire de chaussures, les frais de logistique pour son nouveau partenaire ont fait gonfler la note mais il le fallait pour faire trembler le chrono. « Je suis nouveau sur la distance (ça sera son troisième marathon après ceux de Paris en 2015 – 2h16’36 – et 2016 – 2h15’38) donc l’objectif est de battre mon record. La préparation s’est bien passée. Je n’ai pas eu de pépins particuliers. Cette année c’est une expérience nouvelle car j’ai fait une préparation unique en incluant les cross. J’avais envie de tenter ça. Je vais partir sur une allure de 1h06 au semi-marathon. Ensuite, si ça ne craque pas, ça fera 2h12 et si ça craque, ça fera 2h14. Je pense avoir fait une préparation musculaire plus importante que les dernières années. J’espère que ça sera bénéfique. »

Le kiné à la rescousse

La préparation étant terminée, il passe ses journées à faire du jus tout en peaufinant les derniers détails. « Je pars également avec Julien Tachon, mon kiné. En plus des derniers soins, il va m’aider dans la logistique car, n’étant pas dans l’hôtel de l’organisation, il y a pas mal de choses à gérer comme les ravitaillements. »

Avec un départ prévu à 6h30 heure locale (3h30 en France), il a commencé également à préparer son corps en décalant progressivement ses heures de sommeil et de repas, pour être fin prêt pour le jour-J. « J’ai envie d’en découdre. Quand on s’est investi dans une prépa on a envie de concrétiser. »

Verdict ce vendredi même si, dans tous les cas, l’aventure aura été belle.

Une préparation finale avec Bob Tahri
Lors de ses trois semaines de stage au Kenya entre la mi-décembre et le début du mois de janvier, Timothée Bommier a partagé ses séances avec Bob Tahri. Le médaillé de bronze mondial sur 3 000 m steeple en 2009 a ses habitudes dans ce pays africain, puisqu’il y vient en stage depuis de nombreuses années. D’ailleurs, Timothée Bommier a assisté aux derniers préparatifs avant l’ouverture du centre d’entrainement que Tahri va ouvrir au Kenya. « J’étais content de partager ce stage avec Bob. C’était quelqu’un  que je ne connaissais pas beaucoup avant. J’ai appris à le connaître et à voir ce qu’était la vie d’un entrepreneur. J’ai pu suivre son travail pour son centre. Ca va être un beau truc ! » Un centre qu’une partie de l’équipe de France hors stade découvrira dès la fin janvier pour un premier stage.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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