Thomas Martinot-Lagarde

Thomas Martinot-Lagarde a décidé de se consacrer au 400 m haies.

 

En cette saison post-olympique, l’athlète international Thomas Martinot-Lagarde a décidé de monter sur 400 m haies, après plusieurs saisons à haut niveau sur 110 m haies. Un choix autant dicté par son cœur que par son physique. Rencontre.

En 2003, alors âgé de 15 ans, Thomas Martinot-Lagarde bat le record de France minimes du 200 m haies (25’’14). Un fait d’armes qu’il avait voulu immortaliser en faisant signer sa paire de pointes par Stéphane Diagana, champion du monde du 400 m haies (1997) et futur champion du monde du 4×400 m à Paris quelques semaines plus tard (après disqualification des Américains). Quatorze ans plus tard, le finaliste (7e) des Championnats du monde de Moscou (2013) sur 110 m haies, vient seulement de reprendre la foulée de son idole de jeunesse.

Une envie depuis ses débuts

En effet, après deux saisons de moins bonnes factures sur les haies hautes (13’’49 en 2015, 13’’61 en 2016), le septième performeur français de tous les temps (13’’26 en 2013) a décidé de monter sur 400 m haies, son amour de jeunesse. « C’est un projet que j’ai depuis mes débuts, avoue-t-il. J’ai toujours voulu faire du 400 m haies. Félix Sánchez (double champion olympique en 2004 et 2012) et Stéphane Diagana sont mes idoles depuis que j’ai commencé l’athlétisme en 1996. Le 110 m haies ne me passionnait pas. Ma vraie passion c’est le 4H ! »

Une idylle qui a pourtant été longtemps repoussée à la vue de ses qualités sur 110 m haies. « Chaque année je progressais sur 110 m haies. Quand tout va bien, c’est difficile de dire stop. » Mais depuis deux ans, son tendon d’Achille gauche demande du repos. « Au début, on s’accroche, encore et encore. On a des techniques médicales qui permettent de calmer la douleur. Mais je ne pouvais plus travailler sur le long terme. Je ne peux plus mettre le même impact qu’avant pour franchir les haies hautes et donc je ne peux plus être aussi performant  sur 110 m haies. »

Un physique fait pour le 4H

Une gêne qui est beaucoup moins préjudiciable sur le tour de piste où ce sont d’autres facteurs physiques qui rentrent en compte. D’ailleurs, à la vue de son physique plutôt longiligne, il semblerait que Thomas Martinot-Lagarde soit prédestiné pour le 4H. « Avec Pascal (Martinot-Lagarde son frère), il nous arrive d’avoir des écarts de charges énormes en musculation. Je suis moins costaud et moins explosif que les hurdleurs habituels avec moins de qualités pour le sprint. Après, sur l’aérobie par exemple, je suis beaucoup plus à l’aise. »

Un choix donc logique, que beaucoup de ses amis hurdleurs imaginent « horrible » tant la souffrance du 4H leur paraît ignoble. « Pour moi, c’est clairement l’inverse ! C’est le 110 m haies qui me fait souffrir. J’ai pu faire des performances pas mal. Je n’ai aucun regret car j’ai fait ce que j’avais à faire sur cette discipline. Mais ce n’était pas le grand kiff. »

Découvrir la discipline cette saison

Un plaisir qu’il retrouve donc sur les dix haies placées à 91 cm du sol. « Je reprends vraiment du plaisir. Ce ne sont pas du tout les mêmes entrainements. C’est plus long mais ça me correspond plus. Je me suis dit que s’il y avait un virage à prendre c’était maintenant et qu’il fallait se lancer. »

Toujours au côté de son entraineur Benjamin Crouzet à l’INSEP, Thomas Martinot-Lagarde a donc attaqué une nouvelle étape dans sa carrière qui devrait vraiment débuter le 27 mai prochain lors du 400 m haies du meeting d’Oordegem. « L’objectif cette année est de découvrir la discipline, de faire une saison complète, de poser les bases. Après, je ne peux pas dire que j’ai des objectifs en terme de chronos car je viens de nulle part (54’’54 sur 400 m haies en 2010 aux Interclubs). Le but est de se faire plaisir. Je n’ai aucune pression. »

Viser l’international

Si le chrono descend, il repensera évidemment à la tunique bleue. « A long terme, j’aimerais bien pouvoir accéder aux grands championnats. Je pense que je peux être compétitif au niveau français mais le but est de viser l’international. J’ai beaucoup de travail à effectuer avant. »

Des entrainements qu’il effectuera toujours en compagnie de son frère, recordman de France du 110 m haies. « Depuis tout petit, Pascal a toujours suivi ce que je faisais. Là, ça sera la seule chose qu’il ne suivra pas ! (rires) »

En revanche, pour Thomas, le changement, c’est maintenant !

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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