Stéphanie Falzon

Stéphanie Falzon lors de son dernier titre de championne de France du lancer du marteau en 2013.

 

L’ex-internationale au lancer du marteau (34 ans) a décidé de reprendre une licence en athlétisme après quatre années passées loin des pistes.

Alors qu’elle n’avait plus lancé en compétition depuis le 24 juillet 2013 et le meeting de la Roche-sur-Yon (67,79 m), Stéphanie Falzon a décidé de reprendre du service au lancer de marteau, du moins pour les prochains interclubs. L’internationale qui a porté à 27 reprises le maillot de l’équipe de France A (6 titres de Championne de France) et participé notamment à deux Jeux olympiques (Pékin et Londres), a décidé de renouer avec son engin au Bordeaux Athlétisme, tout près de Bruges, son club depuis ses débuts (record à 73,40 m en 2008). « Je reprends pour dépanner aux Interclubs, explique-t-elle. Ce n’est pas une envie subite de reprendre une carrière de haut niveau. »

Un joli coup pour Bordeaux Athlé

Un choix qui ravit néanmoins Laurent Moreschi, le directeur technique du club bordelais. « On est partis sur un projet où on vise à court terme le niveau Elite B aux interclubs, avant de venir titiller les très gros clubs français. Quand on a su que Stéphanie était susceptible de relancer, on n’a pas hésité. Avec le passif qu’elle a, c’est quelqu’un qui va pouvoir lancer à plus de 60 m. Pour nous, c’est un gros plus, que ce soit en terme de performance (400 points de gagnés) ou en terme de formation pour nos jeunes. »

Avec l’ex-internationale, Bordeaux Athlé signe une nouvelle arrivée de poids après celle de Teddy Tamgho, peu avant les Championnats de France Elite en salle. Même si concernant Falzon, le haut niveau est derrière elle. « A l’époque (2013), je voulais faire un enfant. Et la situation de l’athlétisme, avec notamment les cas de dopage, a motivé mon choix d’arrêter. Plein de choses ont fait que je suis passée à autre chose. »

La frustration liée au dopage

Officiellement neuvième aux Jeux de Londres, Stéphanie Falzon est, aujourd’hui, après les premiers cas de dopage avérés, au moins classée sixième. « A force c’est soulant. Je n’ai même pas eu le droit à mes trois essais supplémentaires (réservés aux huit premiers) lors de la finale alors que j’étais en grande forme (73,06 m). C’a engendré beaucoup de frustration. »

De quoi ne plus mettre un pied sur un stade, avant ce mercredi (8 mars) et son retour sur une aire de lancer à Bordeaux. « Ce n’est pas facile car je n’ai pas fait de sport depuis la naissance de mon fils. J’ai du chemin à faire physiquement mais ce sont des sensations et un plaisir que j’ai retrouvés en venant au stade que je ne pensais pas retrouver. Je suis agréablement surprise. »

Préparation physique avec du tennis

Le lancer de marteau étant comme le vélo – « le cerveau n’oublie pas la technique » – elle ne passera pas son temps dans l’aire de lancer, préférant privilégier la préparation physique. « J’ai repris le tennis, sport que j’adore. J’en ai fait cinq fois la semaine dernière. Je vais aussi travailler les abdos et le gainage. Mais il faut que j’aille doucement car mon corps doit se réhabituer à tout ça. »

Une réathlétisation qui a pour objectif le 7 mai prochain avec le premier tour des interclubs. « Je sais que mon amour propre va en prendre un coup. Ca me coûte beaucoup de me prendre une branlée par des jeunes. Je vais mal le vivre car, quand j’ai fini ma carrière, j’étais au top. Donc ça va me faire bizarre mais j’ai assez de recul maintenant. »

Grande amie de Mélina Robert-Michon

Un recul du monde de l’athlétisme, qui outre, l’absence de dépense physique, lui a fait manquer l’explosion de Mélina Robert-Michon. « Ce qui m’a manqué pendant toutes ces années, ce sont les stages et les compétitions avec ma grande amie Mélina. On a tout fait ensemble. En plus, à partir du moment où j’ai arrêté, elle a commencé à faire toutes ses médailles (rires). Donc je suis un peu frustrée de ne pas avoir vécu ça avec elle (Mélina Robert-Michon est devenu vice-champion du monde en 2013 avant d’enchaîner par deux médailles d’argent aux Europe 2014 et JO 2016). »

La voilà pendant quelques semaines de nouveau athlète. L’occasion de retrouver des sensations en commun avec sa grande copine et de discuter de l’entrainement après une grossesse, chose nouvelle pour Falzon, que Robert-Michon a parfaitement su gérer.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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