Stanley Joseph

En réalisant 5,70 m au meeting de Shanghai, Stanley Joseph a réussi les minima pour les Jeux olympiques.

 

Le perchiste orléanais a réalisé les minima olympiques lors du meeting Diamond League de Shanghai le 14 mai dernier. De quoi le porter sur un petit nuage dans une année qu’il a complètement consacrée à l’athlétisme.

Après avoir enchainé les meetings internationaux de Shanghai (Chine) et d’Ostrava (République tchèque), Stanley Joseph a dû ressentir un contraste saisissant en débarquant ce dimanche (22 mai) à Compiègne, pour le deuxième tour des Interclubs. Revenu la veille de République tchèque, l’Orléanais a pu néanmoins compter sur les installations de la cité isarienne pour éviter de sauter sous des trombes d’eau. « Je m’en tire pas mal car si j’avais dû sauter sous la pluie, je n’avais pas de petites perches dans mon étui. Au final, heureusement qu’on fait un sport dangereux car on a été privilégiés pour concourir en salle. »

« Je ne m’attendais pas à retenter mon record »

Et malgré la fatigue, il a pu s’essayer une nouvelle fois à une barre posée à plus de 5,70 m (5,72 m). « Je ne m’attendais pas à retenter mon record (5,70 m le 14 mai) aujourd’hui (22 mai), lâchait Stanley Joseph. J’étais fatigué avec mes derniers voyages et toutes les petites émotions par rapport à mon record. Mon premier saut à 5,72 m est pas mal, mais je manquais clairement de fraicheur en course. Ce qui fait que sur mes deux autres tentatives, j’ai du mal à aller au bout de ma course d’élan. »

Pas de quoi retirer le sourire de son visage avec des minima olympiques en poche dès le mois de mai. « Je commence seulement à redescendre de là-haut, de me rendre compte que c’est une performance sympa. Et j’espère qu’elle m’ouvrira d’autres portes. »

L’inspiration Lavillenie

Dans la foulée d’un hiver prometteur (5,64 m) – duquel il était sorti frustré avec trois concours où il avait tenté 5,70 m en vain – Stanley Joseph a carrément défoncé l’entrée réservée aux cadors de la discipline. Rien de très étonnant quand on côtoie au quotidien un démolisseur de barrières comme Renaud Lavillenie. « De le côtoyer, ça m’a permis de me dépasser un peu plus. Mentalement, il est très, très fort. Et je pense que c’est là-dessus qu’il m’a le plus fait progresser. Je prends plus de risques qu’avant. Car lui, c’est vraiment sa mentalité. »

Stanley Joseph

Lors du deuxième tour des Interclubs, Stanley Joseph a tenté 5,72 m.

Présent dans le groupe de Philippe d’Encausse à Clermont-Ferrand depuis 2011, soit un an avant l’arrivée du recordman du monde, Stanley Joseph a décidé de ne plus seulement prendre des risques sur les sautoirs. Qualifié aux Championnats d’Europe en salle de Göteborg en 2013 (éliminé en qualification), il a durant les deux dernières saisons (2014 et 2015) stagné à 5,55 m avant de retrouver de la hauteur en cette année olympique, en arrêtant de travailler. « Après les Europe de Göteborg, j’ai fini mes études (master en enseignement de l’EPS) et j’ai commencé à travailler en faisant des remplacements en tant que professeur de sports. Je m’étais un peu détaché de la perche. Mais cette année, je me suis dit que j’allais essayer de me consacrer à fond à la perche car ça pouvait valoir le coup. J’ai décidé de ne pas travailler. Avec le soutien de mon club (EC Orléans Cercle Jules Ferry) et de la ville d’Orléans, ça m’a permis de tenter le coup. J’ai voulu essayer, histoire de ne pas avoir de regrets. »

L’athlétisme à temps plein

Un temps plein à la perche qui lui permet de suivre le rythme professionnel de Renaud Lavillenie. « Cette année, c’est un peu particulier car on se retrouve beaucoup tous les deux. C’est sûr que de le voir, ça motive, ça donne des idées. En plus, il me donne des conseils. En compétition, vu qu’il est vraiment au-dessus des autres et qu’il saute après tout le monde, il a le temps de me parler (rires). »

Mais dans l’une des disciplines les plus relevées sur le plan hexagonal, Stanley Joseph sait que son billet pour Rio est loin d’être composté. « Faire les minima c’est un bon début. Mais je suis qualifié nulle part. Tant qu’il n’y aura pas mon nom sur la liste, je ne préfère pas imaginer les JO. Il faudra être bon aux Elite car on sera plus que trois à faire les minima. »

D’ici là, il lui reste encore beaucoup de travail et de défis à relever à l’entrainement au côté d’Air Lavillenie, comme sauter le plus haut avec la même perche. Même si le plus grand défi de Stanley Joseph sera d’être du voyage à Rio.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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