Samir Dahmani

Neuvième du 800 m lors du meeting de Paris, Samir Dahmani a pulvérisé son record personnel.

 

Neuvième en 1’44’’07 lors du meeting de Paris (27 août), Samir Dahmani (25 ans) est un peu passé inaperçu hier au Stade de France derrière le showman Pierre-Ambroise Bosse (6e en 1’43’’58). Pourtant, le Martégal a retranché près d’une seconde et demi à son record sur 800 m (ex-record : 1’45’’51, le 15 juillet dernier à Monaco) en relançant le peloton derrière le lièvre après 400 m de course. Malgré sa non-qualification aux Jeux olympiques, le désormais cinquième meilleur performeur français de tous les temps sur 800 m a su se remobiliser pour se tourner dès à présent vers le prochain rendez-vous aux cinq anneaux.

– Track and Life : Samir, vous voilà auteur d’un chrono de 1’44’’07 sur 800 m. Cette performance doit vous satisfaire.

« Oui je suis satisfais, on ne peut pas cracher dans la soupe. J’ai couru après les minima (1’45’’10) jusqu’à la mi-juillet en enchaînant les compétitions, sans vraiment me reposer pour au final ne pas aller aux Jeux. J’avais même envie d’arrêter ma saison, mais ç’a fini par payer.

« Il n’y a qu’en Diamond League où ça court vraiment »

– Quand on sait d’où vous revenez (voir article), ce chrono est d’autant plus prometteur.

J’ai fait deux années de blessures et deux années où ça commençait à revenir. J’ai réalisé trois fois 1’45 (une fois en 2015 et deux cette saison). Mais ce n’est pas passé le jour J. Je n’avais pas de porte d’entrée en Diamond League. Il ne faut pas se leurrer, il n’y a que là que ça court vraiment. Du coup, j’espère que ça va m’ouvrir des portes pour l’année prochaine.

– Revenons sur les Jeux olympiques, cela n’a pas été trop dur de ne pas être à Rio ?

Cette année j’ambitionnais d’aller aux Jeux. C’a été dur. Je voyais des mecs qui courent avec moi et que j’ai battu, être à Rio. Sauf que c’est la règle. Les autres athlètes ont des minima à 1’46, nous 1’45’’10. C’est ça qui est dommage. Surtout que moi je commençais à arriver en forme au mois d’août. J’aurais été en forme aux jeux, c’est sûr ! Mais je sentais que je n’étais pas assez régulier, pas assez fort pour faire quelque chose là-bas, il ne faut pas se leurrer. J’ai quatre ans pour Tokyo, là je n’ai que 25 ans. Il y aura des Europe, il y aura des Monde. C’est comme ça. C’est le destin. Au moins, je repars encore plus fort.

« Il y en a qui m’ont un peu oublié »

– A la vue de vos performances sur 800 m, on pourrait vous imaginer un futur sur cette distance (il est recordman de France cadets du 800 et du 1 500 m, et recordman juniors du 1 500 m).

C’est un tremplin pour remonter sur le 1500 m. Je manque encore de maturité sur le foncier. Donc je progresse sur 800 m. La question peut se poser pour 2017. Pourquoi pas l’année prochaine ne faire que du 800 m ? Là je fais 1’44’’0. Je pense que je peux aller chercher un petit 1’43.

– Surtout que vous semblez enfin débarrassé de vos pépins physiques.

Il n’y a plus de soucis. Ca fait un an et demi que je n’ai plus de blessure. Je fais attention à tout. Il y en a qui m’ont un peu oublié. Ce qui n’était pas normal, c’est que je commence ma saison en 1’48. C’est normal qu’enfin je cours 1’44, que je me rapproche des 1’43. J’ai envie de dire, enfin !

– On vous sent serein pour la suite.

Je suis bien. Je suis avec ma compagne à Martigues, j’ai un bon groupe d’entrainement. J’ai un équilibre de vie, sans me prendre la tête. Je me rends vraiment compte que quand il n’y a pas l’athlé, il y a ma famille. Eux sont toujours là ! »

Retrouvez l’interview de Pierre-Ambroisse Bosse suite au Meeting de Paris.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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