Salim Sdiri

A 37 ans, Salim Sdiri entame sa dernière saison de sauteur en longeur professionnel.

 

A l’orée de sa longue carrière, Salim Sdiri pense déjà à l’après et aux bagages techniques qu’il aimerait transmettre, tout en gardant un œil sur les Jeux olympiques de Rio.

C’est avec des trémolos dans la voix que Salim Sdiri a dit au revoir ce dimanche au public clermontois. Troisième de la finale de longueur (7m79), le recordman de France (8m42 en 2009) sait qu’il va quitter les bacs à sable à la fin de la saison. C’est donc une tournée d’adieux qu’il effectue, tout en essayant de rester à un haut niveau, malgré ses 37 ans. « Mes paramètres physiques (vitesse, force) sont encore très bons, juge celui qui vient de remporter sa 24e médaille nationale (12 titres). Il n’y a pas de doutes pour que je puisse faire des performances. Mais à mon âge, il faut que je cible les bonnes compétitions. Je ne peux pas garder une super forme sur trois mois. Faire une quatrième fois les Jeux olympiques serait une grosse cerise sur un gros gâteau. »

Amoureux de la longueur

Une énorme pièce montée de compétitions, de médailles et surtout de sauts, longue de 16 ans au plus haut niveau. De quoi en connaître un rayon sur sa discipline. « Je suis vraiment amoureux de la longueur. Maintenant, ce que je veux c’est transmettre. »

Entrainé depuis ses débuts par Danielle Desmier, Salim Sdiri se dit « héritier » d’Alain Tronqual, ancien entraineur national du saut en longueur (1993 à 2001) et importateur en France de la technique du ciseau. « A mon époque, il y avait Alain Tronqual, un référent de niveau mondial pour la longueur. Tous les mecs passés par la case Tronqual ont fait plus de huit mètres. Il a révolutionné la technique à la longueur. D’ailleurs, alors que j’étais un jeune athlète, j’ai participé à plusieurs de ses colloques pour apprendre des choses sur la longueur. »

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Salim Sdiri a terminé troisième des championnats de France en salle d’Aubière avec un bond à 7m79.

 

Contacté par la Direction technique nationale

Des valises de techniques qu’il aimerait dorénavant ouvrir aux plus jeunes dans une discipline en manque de densité derrière Kafétien Gomis (8m26 en 2015) et le jeune Raihau Maiau (8m02 en 2016). « En France, ça ne pousse pas derrière. Quand je suis arrivé vers le haut niveau, je faisais plus de 7m70 et je ne passais pas en finale des championnats de France. Il y avait plein de gars autour des huit mètres. Ca serait bien que le niveau remonte. Chacun essaie de faire son petit truc dans son coin, d’autres sont accrochés à de vieilles méthodes. Je ne peux pas tout expliquer mais je suis pour des regroupements. »

C’est d’ailleurs dans cet optique que l’athlète de l’Usm Montargis a été contacté par la DTN de la Fédération française. « Quand la DTN m’a demandé de penser à ma reconversion ça m’a tout de suite intéressé de pouvoir donner un coup de main. Je réfléchis à cette voie-là. Pourquoi pas encadrer des stages ou aider lors de grands championnats ? Il y a plein de choses à faire. J’ai tout le travail d’Alain Troncal, je ne vois pas pourquoi je le garderais à la maison. »

« L’année prochaine, je serai de l’autre côté de la barrière. »

Salim Sdiri n’a pas attendu la retraite sportive pour commencer à distiller de précieux conseils. En stage à Tignes avec le groupe de Renaud Longuèvre les deux semaines précédant les France, il a pu débuter la transmission. « J’ai pris les gars sur une séance technique. Ca s’est super bien passé. Ils ont appris des choses. Même Renaud m’a dit qu’il avait découvert des petits trucs. Ca m’a un peu flatté. »

De quoi lui donner encore plus de certitudes dans ce passage d’athlète à entraineur. « Ghani Yalouz m’a dit qu’on en reparlera après les Jeux. On verra de quelle manière mais je pense qu’on va se retrouver avec la Fédération. Je suis persuadé qu’en France il y a un gros réservoir. Il y a plein de jeunes qui peuvent sauter loin. Mais quand je vois des mecs courir super vite et qui sautent mal en double ciseau, ça fait chier ! On a envie de leur donner des conseils, de leur dire qu’on peut travailler ça ou ça. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut des stages et surtout, il faut bosser. »

A Aubière, ce n’était finalement qu’un au revoir. « L’année prochaine je pense que je serai là mais de l’autre côté de la barrière. » Pour transmettre.

Les sauteurs prennent de l’altitude
Juste avant les Championnats de France Elite d’Aubière, les sauteurs Kafétien Gomis, Arnaud Assoumani, Jean-Pierre Bertrand et Salim Sdiri ont passé deux semaines de stage dans la station de Tignes (73) sous la houlette de Renaud Longuèvre. « On était super bien là-bas, explique Longuèvre. La station est à 2 100 m et les installations sont très bonnes. On est descendus 48 heures avant la compétition pour utiliser la première fenêtre de pic de forme. C’a plutôt bien marché pour Kafétien Gomis (8m23). On va peut-être rééditer l’expérience avant les Jeux olympiques. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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