Riad Guerfi

Riad Guerfi lors des Championnats de France Elite 2013.

 

Mis en cause en octobre 2016 pour un passeport biologique irrégulier, l’international français sur 10 000 m Riad Guerfi a été relaxé par la Fédération française d’athlétisme. Il revient pour Trackandlife.fr sur ses derniers mois difficiles.

Il aurait pu être le premier athlète français suspendu pour dopage à la suite d’irrégularités sur son passeport biologique. Mais finalement, l’international Riad Guerfi s’en tire avec une relaxe de la Fédération française d’athlétisme. Tout avait commencé en septembre dernier quand un collège de trois experts de l’IAAF notifiait à l’athlète que son passeport biologique contenait des irrégularités et qu’il devait clarifier la situation sous peine d’une suspension. Mais comme il nous l’avait avoué lors de notre entretien de l’époque (voir article), Riad Guerfi jurait ne pas avoir reçu ce simple mail de l’IAAF, apprenant la nouvelle par le quotidien Le Monde daté du 14 d’octobre. « Je n’ai jamais rien reçu pour pouvoir parler, pour pouvoir me défendre. Je ne comprends rien, c’est un truc de fou ! »

Le soutien de Fabio Timbrandy

Incapable de prouver si l’athlète a vu ou non ce fameux mail, la Fédération française d’athlétisme a préféré s’en tenir là, plutôt que de s’engouffrer dans des procédures sûrement perdues d’avance. C’est d’ailleurs la façon de faire de l’IAAF qui paraît très légère puisque l’annonce par mail d’un problème de passeport biologique laisse évidemment place au doute, quand un courrier en recommandé permet de les chasser. Ironie du sort, c’est par ce moyen que Riad Guerfi a été notifié hier qu’il était relaxé. « Devant la commission ça s’est bien passé (mois de décembre), explique l’athlète. On a fait en sorte avec l’avocat de prouver que j’étais innocent. J’ai tout montré. »

Suspendu à titre conservatoire jusqu’à cette commission, l’athlète du Val d’Europe athlétisme peut dorénavant redevenir un coureur, même si les derniers mois n’ont pas été faciles. « J’étais triste pendant tout ce temps là, avoue-t-il. Je dormais tard, je ne courais plus, j’étais perdu. Je n’étais pas bien. Je me suis retrouvé tout seul. Je n’avais aucun soutien à part celui de quelques personnes dont mon président de club. »

Le président du Val d’Europe Athlétisme, Fabio Timbrandy qui a toujours soutenu son athlète que ce soit financièrement (frais d’avocat) ou psychologiquement. « Je serai toujours reconnaissant envers lui. Le président m’a aidé sur tout. Heureusement qu’il était là. »

Reprise de la course après plusieurs mois d’arrêt

De retour à l’entrainement depuis une semaine – « avant de connaître le dénouement de la commission » – Riad Guerfi sait qu’il a accumulé un grand retard puisqu’il ne s’est pas entrainé depuis le mois de septembre. « Je n’ai pas couru pendant quatre mois. Mais avec cette histoire, je vais m’entrainer dur. Avant je m’entrainais dur pour une échéance mais là je vais m’entrainer pour de vrai. Je vais leur prouver. Je vais m’investir à fond que ce soit sur l’entrainement, l’alimentation, tout. »

De quoi repartir sur de nouvelles bases. « Ce qui m’a le plus touché, c’est que j’ai eu le soutien de très peu de personnes. Je n’ai jamais été en colère, c’est de la tristesse. J’ai pris un coup sur la tête. Dorénavant, je vais courir pour le club, pour le maillot, pour les remercier de ce qu’ils ont fait pour moi. »

Les cross devraient donc être son prochain rendez-vous avec les France de Saint-Galmier en ligne de mire « si je me qualifie », préfère-t-il préciser.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment