Julien Wanders

Parti avec l’objectif de s’imposer chez les espoirs, Julien Wanders a terminé loin de ses espérances aux Championnats de France de cross.

 

Revanchard après des Championnats d’Europe juniors ratés (12e), le Franco-suisse Julien Wanders a terminé à une anonyme 47e place ce dimanche aux Championnats de France de cross. Une déception qui ne remet cependant pas en cause ses objectifs estivaux.

Arrivé au Mans samedi soir (5 mars), Julien Wanders n’avait pas vu à quelle sauce il allait être mangé ce dimanche (6 mars) lors des Championnats de France de cross. Venu avec l’objectif de s’imposer chez les espoirs, l’international suisse (il possède également la nationalité française par sa mère) a terminé loin de ses objectifs (47e, 5e espoirs), vaincu par la boue. « Je me sentais en forme, explique le champion de France juniors de cross en 2015. Mais le parcours ne me convenait pas du tout. Je n’avançais pas dans la boue. Dès qu’il y avait une portion boueuse, je me faisais doubler par cinq, six coureurs. J’espérais pouvoir rivaliser avec les meilleurs Français mais plus sur un parcours comme celui des Mureaux de l’année dernière. »

« Aux Europe j’ai craqué mentalement »

Surtout que le prodige suisse comptait bien se rattraper des Europe juniors (en novembre à Hyères), qu’il avait fini à la douzième place, loin du titre qui lui semblait promis après ses 28’49 sur 10 km, réalisés le 11 octobre 2015 à Berlin. « J’étais venu pour me venger des Europe, avoue Wanders. A Hyères, je n’avais pas de plan B. Au bout d’un kilomètre, quand j’ai vu que tout le peloton suivait malgré mon rythme, j’ai paniqué. Je suis sorti de ma course et j’ai craqué mentalement. Je m’étais mis en tête que ça allait être facile pour moi. J’ai eu tout faux. Mon erreur a été de ne pas avoir de plan B. »

Dans le bourbier manceau, il a fait le choix de s’accrocher jusqu’au bout, ce qui ressemblait à une petite victoire. « J’ai tout donné donc je n’ai pas de regrets. Ma foulée aérienne se prête mieux à un sol dur. Là, j’étais contre productif dans la boue. Je ne m’attendais pas à ça. Ca fait un peu mal mais ce sont vraiment les conditions qui ont joué. Mais l’objectif reste la piste. »

L’athlétisme à temps plein

Auteur de 13’48’’21 sur 5 000 m (le 23 mai 2015 à Oordegem), Julien Wanders était évidemment attendu cet hiver. Surtout que le jeune Helvète (il va avoir 20 ans le 18 mars), a décidé depuis deux saisons de ne se consacrer qu’à l’athlétisme. « Depuis l’obtention de mon bac en juillet 2014, j’ai décidé d’arrêter l’école pour me consacrer exclusivement à l’athlétisme. Au départ, c’était pour une année, pour voir ce que cela pouvait donner. J’ai vu que je progressais donc je continue comme ça. J’y vais marche après marche. »

Un investissement total dans l’athlétisme qui l’a vu partir plusieurs fois au Kenya depuis décembre 2014. Le pays des coureurs, d’où il revenait avant ces Championnats de France. « C’est un lieu qui me convient bien avec l’altitude, à laquelle je réagis bien, et plein de groupes d’entrainement. Je loue une petite maison dans un camp d’entrainement et j’essaie de me greffer le plus souvent à des groupes tout en respectant le plan de mon entraineur (Marco Jaeger). »

9 entrainements par semaine pour 130 kilomètres

Des séances qui partent par moment en vrille sous les accélérations des coureurs des hauts plateaux. « Si on veut faire de la régénération il ne faut pas aller au Kenya. Mais, l’hiver, j’aime bien prendre un peu de risque dans ma préparation. »

Tout ça, à presque 20 ans, peut paraître de trop. Mais le champion suisse est sûr de lui. « Au départ, les gens n’ont pas compris que je veuille seulement faire de l’athlétisme. Mes parents voulaient que je fasse quelque chose à côté. Mais ils ont vu que ça me convenait bien. J’aime ça. Je veux devenir professionnel. Pour le moment, je ne pense pas aux études. Je sais que j’ai encore une marge de progression. »

Seulement espoir 1e année, Julien Wanders s’entraine neuf fois par semaine pour 130 kilomètres. Ce qui lui laisse encore pas mal de plages horaires de libre dans son emploi du temps exclusivement dédié à son sport. « Dès que j’ai du temps libre, je lis des livres sur l’athlétisme. Je suis un vrai passionné. Je ne vis que pour ça. Les gens ne le comprennent pas forcément mais je suis à fond dedans. Et je sais que le temps que j’ai pour le moment, ce sera des heures d’entrainement dans un ou deux ans. Et j’ai déjà hâte d’y être ! »

Les minima olympiques à Carquefou ?

Un temps envisagé – «  j’ai pensé à prendre la nationalité française » -, le Genevois a décidé de rester fidèle à la Suisse. Et c’est avec les couleurs rouge et blanche qu’il souhaite participer aux Jeux olympiques de Rio. « Les minima sont à 13’25 sur le 5 000 et 28’00 sur le 10 000 m. Les JO sont un objectif qui me motive. Je suis vraiment dans le plan prévu pour l’instant. Je suis persuadé que c’est possible. »

Alors qu’il passera une semaine à la fin du mois de mars à Antibes, le Suisse cherche un point de chute en altitude en Europe pour sa préparation estivale. « Ca sera sûrement Saint-Moritz (Suisse) ou Font-Romeu. J’ai envie d’être en altitude tout en pouvant redescendre facilement pour aller faire des compétitions (chose qu’il ne peut pas faire au Kenya par exemple). »

Ensuite, ce sera la course aux minima. Pour le 10 000 m, il tentera sa chance dès le début du mois d’avril au Portugal avant de s’aligner sur trois 5 000 m. « Je vais me lancer sur 5 000 m dès début mai. Ensuite, j’en cherche un pour juin. Carquefou pourrait me convenir car j’adore courir là-bas mais je ne sais pas s’il y aura un lièvre pour une allure de 13’25 au 5 000 m. »

Dans tous les cas, avec la disparition de la boue et le retour du tartan, Julien Wanders va pouvoir enfin exprimer son potentiel.

De quoi vit-il ?
En ayant fait le choix de faire de l’athlétisme son métier, Julien Wanders n’a pour le moment pas envisagé de continuer ses études. « C’est un choix que j’ai fait et que j’assume. » Un choix risqué mais pour le moment payant puisque plusieurs partenaires lui permettent de vivre de sa passion. « Les sponsors commencent à venir. Je touche 15 000 euros à l’année d’aides pour mon entrainement via le World Class Potentials de Swiss Athletics. J’ai également une autre structure à Genève qui m’aide. » L’équipementier Nike lui fournit également tout le matériel d’entrainement, en attendant mieux. « Le contrat sera renégocié à la fin de la saison. Avec de bons résultats j’espère pouvoir prétendre à quelque chose. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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