Rénelle Lamote

Rénelle Lamote a repris la compétition lors des Championnats de Seine-et-Marne de cross court.

 

La vice-championne d’Europe 2016 du 800 m (bientôt 24 ans) a retrouvé la compétition ce dimanche dans l’anonymat des Championnats de Seine-et-Marne de cross court. De retour après une blessure au mollet, Rénelle Lamote espère enfin laisser derrière elle les blessures afin de reprendre enfin une saison complète sur 800 m.

Pour beaucoup de spécialistes du 800 m, le cross est un passage obligé en hiver pour parfaire la caisse et préparer le corps à aller vite en été. Mais le problème pour Rénelle Lamote c’est que ses trois dernières sorties en compétition depuis août 2016 – dont la dernière ce dimanche lors des Championnats de Seine-et-Marne de cross court – se sont déroulées dans les champs de cross.

Pas de 800 m depuis août 2016

En effet, depuis cette série manquée des JO de Rio, la meilleure française sur le double tour de piste en 2015 et 2016, n’a plus refait un 800 m. La faute à plusieurs blessures dont la dernière – déchirure du soléaire (muscle du mollet) gauche – survenue au retour d’un stage en Afrique du Sud en avril dernier l’obligeant à barrer la saison estivale 2017 (voir article). « A mon retour d’Afrique du Sud je me suis blessée. J’ai alors attendu deux semaines avant de reprendre et je me suis redéchirée le muscle, explique-t-elle. C’a été vachement dur de renoncer à la saison estivale. C’est bête parce que j’étais en forme pour faire au moins un gros meeting pour me qualifier pour les Mondiaux. Du coup, j’ai dit à Thierry (Choffin son entraineur) : « je n’en peux plus des blessures ». On a décidé de faire une croix sur la saison. J’en ai profité pour me soigner. Pendant trois mois je me suis reposée, j’ai fait attention à mon corps. »

Un repos peu réparateur puisque dès la reprise au mois d’août, la Française a de nouveau ressenti des douleurs à son mollet. « En reprenant à la rentrée, je me suis de nouveau déchirée le même muscle. Donc là je suis partie au CERS de Capbreton. Et là-bas, on m’a dit que tant que je ne remusclais pas mon soléaire, il allait toujours se repéter. » Place alors à des circuits de musculation spécifique pour renforcer ce fameux soléaire et depuis, tout roule. « Maintenant, je n’ai plus mal nulle part et je peux enfin reprendre l’entrainement normal. J’ai recommencé à courir deux fois par jour. Ca rentre vraiment dans l’ordre. »

Enchainement de blessures

Un retour à la normale que Rénelle Lamote espère depuis plus d’un an et demi. Déjà touchée à l’hiver 2015, elle avait fait un retour tonitruant en 2016 pour battre son record personnel (voir article) et décrocher la médaille d’argent des Europe. Mais déjà, son corps lui demandait du repos et elle coupait sa saison dès la fin des JO pour soigner une aponévrosite plantaire.

Et après une période de reprise plus longue que prévue, c’est le mollet qui l’a stoppée en 2017. « C’a été une période hyper frustrante. En septembre, c’était un peu la blessure de trop. Ca faisait un an que je n’avais pas couru sur piste en compétition. Je pensais repartir sur des bonnes bases avec un corps tout neuf mais en fait pas du tout. Mais là, ça va, je suis contente, j’ai le sentiment que je maîtrise de nouveau mon corps. J’ai toujours su que ç’allait revenir. C’était juste une question de temps mais la période d’attente a juste été interminable. »

Les cross et un peu de salle

Une grande attente pour se retrouver un dimanche matin sur un cross court à Pontault-Combault par 4 degrés sous la pluie et dans la boue. Il y a mieux comme retour sur scène. « C’était assez violent. Quatre kilomètres c’est compliqué. J’avais peur de la distance (4400 m) donc j’ai voulu gérer ma course. Même si je savais que ç’allait être chaud, je partais quand même pour gagner (elle a terminé 4e ). C’est difficile, car sur une petite course comme ça, ça m’aurait fait plaisir d’avoir une petite médaille. Mais ça me rappelle encore que j’ai beaucoup de travail devant moi. Mais il y a vachement de positif dans cette course donc j’essaie de me concentrer là-dessus. »

Se concentrer et surtout enchainer pour enfin retrouver le tartan. Et même si la salle n’est pas l’objectif, l’athlète de l’Athlé Sud 77 aimerait au plus vite remettre les pointes. « J’ai vraiment envie de courir en salle mais pour le moment, on n’en parle pas avec Thierry. On reprend l’entrainement tranquillement. Ce qui compte c’est que je sois en forme cet été. Je vais faire la saison des cross. Pour la salle, j’ai envie de retrouver la compétition mais ça sera peut-être sur un 400 ou un 600 m. Pour le 800 m, ça va dépendre. Si à l’issue des stages, Thierry voit que je suis bien revenue, là on fera une sortie. »

La tête à Berlin

Peut-être quatre tours avec évidemment l’envie d’en faire très vite que deux, lorsque les beaux jours reviendront. Surtout qu’en tant que vice-championne d’Europe en titre, la Française aura un statut à défendre à Berlin en août prochain. « Je n’aime pas me fixer de limite. Ce n’est pas parce que je me suis arrêtée un an que je ne peux pas revenir vraiment comme un avion de chasse. Surtout que j’ai connu des périodes où je me blessais au mauvais moment. Là, pouvoir m’entrainer en octobre-novembre, c’est le grand luxe. Si j’arrive à m’entrainer jusqu’à août sans m’arrêter, je pense que je vais faire une super saison.»

Secrètement, Rénelle Lamote rêve évidemment d’or en Allemagne, elle qui n’est jamais aussi affamée que lorsqu’elle est au départ d’un 800 m. Mais avant le festin, elle devra passer par plusieurs stages dont le premier est prévu dès le 26 décembre à Lyon (jusqu’au 6 janvier), avant de rejoindre dans la foulée l’équipe de France de demi-fond au Portugal.

Pour le moment, elle est sur la bonne voie.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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