Rénelle Lamote

En battant son record personnel dès le mois de mai, Rénelle Lamote a signé son retour au premier plan, après un hiver compliqué.

 

Blessée une bonne partie de l’hiver, Rénelle Lamote a néanmoins battu son record personnel sur 800 m au meeting de Rabat (1’58’’84), s’offrant par la même occasion le sésame pour les Jeux olympiques. Et alors qu’elle sortait d’une journée au sein de la gendarmerie nationale pour signer son contrat de sportive de haut niveau, la protégée de Thierry Choffin a accepté de nous répondre.

– Track and Life : Rénelle, avant d’aborder votre record, pouvez-vous nous expliquer votre engagement avec la gendarmerie nationale ?

« Ca fait des années que je m’entraine sur les installations du CNSD (Centre National des Sports de la Défense) à Fontainebleau. J’ai été approchée pour intégrer l’armée. J’ai trouvé que c’était une super idée. Et quand mon dossier a été accepté, j’étais super contente. En plus d’un salaire qui me donne une sécurité, je vais pouvoir également participer à d’autres compétitions.

« Je pensais battre mon record à la fin du mois de juillet »

– Allez-vous avoir des obligations envers votre nouvel employeur ?

Il y a quelques petits stages de prévus pour des initiations à l’armée. Mais la priorité reste ma pratique. C’est le cas également pour les compétitions. Les événements civils passent avant ceux de l’armée. Mais peut-être que je pourrai défiler un 14 juillet (rires).

– Pour revenir à votre performance, comment allez-vous depuis dimanche (22 mai) et ce nouveau record personnel ?

Je ne réalise toujours pas. C’est inimaginable ! Avec Thierry, on pensait peut-être pouvoir battre le record (1’58’’86 en 2015) à la fin du mois de juillet. Avant Rabat, on pensait que je pouvais peut-être faire juste en-dessous des 2’ mais en me dépouillant. Mais quand j’ai vu le panneau d’affichage, j’ai eu les larmes aux yeux. C’est un truc de fou !

« Quand j’ai vu Semenya passer en 1’26 au 600 m j’ai su que c’était bon »

– Pouvez-vous nous raconter votre course ?

La course est partie sur des bonnes bases. Quand j’ai vu qu’au 400 m on était assez rapides et que mes jambes répondaient bien, je me suis dit qu’il fallait y aller. Je suis passée quasiment au couloir 3 pour doubler et me replacer. Et quand Caster Semenya est passée au 600 m, j’ai vu qu’elle était en 1’26. Je me suis donc dit que j’étais pas mal et que ç’allait faire moins de deux minutes. Ca m’a boostée pour la dernière ligne droite.

– 1’58’’84 dès le mois de mai, avec un hiver gâché par les blessures (voir article), on peut dire que vous revenez de loin.

Après l’hiver que j’ai eu, on pensait avec Thierry que déjà refaire moins de deux minutes et donc les minima pour les JO (2’00 »00) cette saison, ça serait bien. Je commençais à faire des bonnes séances mais on ne savait pas si ç’allait tenir après un 600 m rapide en course. Mais c’est vrai que j’ai  beaucoup travaillé pendant ma blessure. Dès que je le pouvais, je nageais ou je faisais du vélo.

« Toutes mes ambitions sont revues d’un coup »

– Finalement, c’est une nouvelle saison qui commence pour vous à partir de maintenant ?

Depuis cet hiver, j’allais à l’entrainement en me disant que je devais rattraper mon retard. Là, j’adore l’idée de me dire que j’y vais pour battre à nouveau mon record et pouvoir me battre avec les autres. J’aime m’entrainer dans cette optique là. Toutes mes ambitions sont revues d’un coup. Il me reste encore du travail et de l’affûtage mais j’ai envie de tout casser. Je vais courir aux meetings Diamond League de Rome (2 juin) puis à Birmingham (5 juin). J’ai déjà hâte d’y être ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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