Renaud Longuèvre

Renaud Longuèvre a vu ses contrats avec la FFA et l’INSEP se terminer.

 

Manager général des Equipes de France jusqu’en mai dernier, Renaud Longuèvre a connu depuis une mise à l’écart forcée entre la fin de sa mission pour la Fédération française d’athlétisme et son éviction de l’INSEP.

Il sont peu dans la sphère de l’athlétisme à avoir dépassé une simple notoriété du milieu, surtout en tant qu’entraineur. A l’image de Philippe Lucas, ex-entraineur de Laure Manaudou,  Renaud Longuèvre fait partie de ces techniciens qu’on demande sur les plateaux, les radios, les magazines, pour ses analyses. Sa notoriété a d’ailleurs éclaté le jour où son poulain Ladji Doucouré est devenu champion du monde du 110 m haies en 2005. Depuis, son ascension était linéaire jusqu’à atteindre le rôle de Manager général des Equipes de France lors de la dernière olympiade. Mais depuis le remplacement de Ghani Yalouz par Patrice Gergès au poste de Directeur technique national de la FFA en mai dernier, – poste qu’il a également convoité – Longuèvre a été mis au placard.

Ecarté de l’INSEP

Absent des grandes compétitions internationales de l’été, il a vite compris que son rôle au sein de la FFA allait s’arrêter. C’est pourquoi, il souhaitait se réorienter à la rentrée vers un rôle d’entraineur national du saut en longueur au sein de l’INSEP. « J’ai demandé à être repositionné  de Manager général de l’Equipe de France à simple entraineur national, explique-t-il. Refaire ce que je ne faisais plus depuis huit ans, à savoir, reprendre des jeunes talents pour refaire un groupe d’entrainement autour de la longueur, du sprint et des haies avec Ladji Doucouré comme adjoint. »

Cette demande n’a pas abouti et le voilà également mis à l’écart de l’INSEP, là où il entrainait jusqu’à la fin de saison dernière les sauteurs Kafétien Gomis, Jean-Pierre Bertrand et Cédric Dufag. « Ma carte pour accéder à l’INSEP a été désactivée, glisse-t-il. J’ai eu la confirmation il y a trois jours que mon contrat PO (préparation olympique) va s’arrêter au 31 décembre 2017. Il faut donc que je cherche un boulot en dehors de l’athlétisme. »

Robert Emmiyan comme remplaçant

« Ses » athlètes Dufag et Bertrand ont déjà été orientés vers Robert Emmiyan, recordman d’Europe de la longueur (8,86 m en 1987) et nouveau référent de la discipline à l’INSEP. Alors que Kafétien Gomis, à 37 ans, souhaite rester aux côtés de son mentor. « Robert est un ami, confie Longuèvre. J’ai encouragé mes athlètes à lui faire confiance. Concernant Kafétien, on va reprendre le 15 octobre. Il est en fin de carrière et il veut me suivre jusqu’au bout. »

Autant dire que sa mise à l’écart a été rapide et brutale. « Ca m’a mis un coup de barre car je ne m’y attendais pas, avoue-t-il. Je trouvais que c’était plutôt une preuve d’humilité de demander à redevenir entraineur à l’INSEP. Que ce n’était pas extravagant au regard de mon parcours. Ca fait dix ans que je suis jalousé dans le milieu car je suis consultant pour BeIn, que j’ai écrit dans L’Equipe Mag ou fait des livres. Jusque-là, on me donnait l’autorisation de faire tout ça. Aujourd’hui, je paie tout ça. »

Que faire maintenant ?

Et alors qu’il baigne dans le monde de l’athlétisme depuis ses 12 ans, le technicien veut garder la tête haute et avancer. « J’ai pris acte du choix de la FFA et je n’en veux à personne. Je ne suis pas un ancien champion, on ne m’a pas ouvert les portes. J’ai commencé à Viry-Châtillon  et j’ai réussi grâce à mon envie, mon implication, ma passion. Je n’ai pas envie de devenir un aigri du système. »

Un système auquel il n’appartient plus vraiment. « Je n’ai rien pour le moment. Mais je ne suis pas inquiet. je suis quelqu’un d’optimiste. J’ai confiance en moi et je sais que la roue tourne très vite. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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